Plusieurs maladies relativement courantes peuvent être erronément diagnostiquées comme étant une sclérose en plaques (SEP), selon une étude publiée dans la revue Neurology.

Alors qu'il est connu depuis des décennies que les erreurs de diagnostic concernant la sclérose en plaques constituent un problème, la nouvelle étude précise les affections erronément diagnostiquées et des raisons possibles.

Andrew Solomon de l'Université du Vermont et 23 collègues ont identifié des diagnostics définitivement incorrects de sclérose en plaques chez 51 personnes et probablement incorrecte chez 59 personnes.

Le diagnostic de sclérose en plaques représente un défi, souligne le chercheur. Il n'y a pas de biomarqueur spécifique ou de test sanguin pour la maladie. Et, les lésions nerveuses peuvent provoquer un large éventail de symptômes, dont plusieurs sont également souvent associées à d'autres maladies.

« Bien que de nombreuses maladies rares soient connues pour imiter la SEP, il semble qu'à l'heure actuelle ce soit un certain nombre de troubles courants qui sont le plus souvent confondus avec la SEP et non des conditions rares », indique le chercheur.

Dans l'étude, cinq diagnostics ou syndromes primaires ont été identifiés chez deux tiers des participants comme étant les causes réelles de symptômes identifiés erronément comme une SEP :

  • la migraine, seule ou en combinaison avec d'autres problèmes (22 %) ;
  • la fibromyalgie (15 %) ;
  • une IRM (image par résonance magnétique) anormale avec des symptômes inexpliqués (12 %) ;
  • un état psychologique : conversion ou des troubles psychogènes (ces deux diagnostics sont controversés, ayant tendance à être utilisés lorsque les causes médicales demeurent inconnues, ndlr), (11 %) ;
  • un trouble du spectre de la neuromyélite optique ; une maladie similaire à la SEP qui affecte les nerfs optiques et la moelle épinière (6 %).

72 % des personnes ayant reçu un diagnostic erroné ont pris des médicaments pour traiter une SEP qu'ils n'avaient pas, parfois pendant de nombreuses années, et 33 % sont demeurées mal diagnostiquées pendant une décennie ou plus avant d'en être informées en participant à cette étude. Quatre d'entre elles avaient participé à des essais cliniques pour des médicaments expérimentaux de la SEP.

Les critères diagnostiques de la SEP reposent sur l'interprétation exacte des symptômes, des résultats d'examens physiques, et des résultats de tests comme les images cérébrales par résonance magnétique, expliquent les chercheurs.

Trop se fier à des anomalies dans les images d'IRM « sans une considération réfléchie de l'histoire, des symptômes, et de l'examen neurologique » peut notamment contribuer à un diagnostic erroné, explique le chercheur.

Il y a une pression pour faire un diagnostic précoce de la SEP et commencer les traitements rapidement, indique le chercheur. Mais chez certaines personnes qui ne répondent pas aux normes rigoureuses pour le diagnostic, attendre plus longtemps et faire un suivi étroit peut favoriser le bon diagnostic, dit-il.

Les participants de l'étude avaient reçu des diagnostics erronés par des des non-spécialistes mais aussi par des neurologues spécialisés.

Psychomédia avec sources : University of Vermont, Neurology.
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