Arthrose: l'Arcoxia ne devrait pas être sur le marché (revue Prescrire)

En mars 2010, l'Arcoxia (etoricoxib), un médicament de la même famille que le Vioxx (rofecoxib) retiré en 2004, est arrivé sur le marché français avec une indication pour le traitement symptomatique de l'arthrose. Pour le député socialiste Gérard Bapt, cardiologue de formation, "l'Arcoxia n'aurait jamais dû être autorisé, ni remboursé. C'est le symbole d'un dysfonctionnement du système", rapporte Le Monde dans un article retraçant l'historique illustrative de ce médicament en France.

Le député a envoyé, lundi 10 janvier, une lettre au ministre de la santé, Xavier Bertrand, demandant des explications sur la décision de rembourser l'Arcoxia. La décision de rembourser un médicament, contrairement à son autorisation, souligne-t-il, dépend davantage des États que de l'Union européenne.

L'Arcoxia est, comme le Vioxx, un anti-inflammatoire non stéroïdien de la famille des coxibs, explique Bruno Toussaint, directeur de la revue Prescrire selon laquelle "aucune douleur ne justifie l'emploi d'un coxib." La revue recommande de préférer des antidouleurs "connus depuis longtemps et éprouvés" : paracétamol, ibuprofène ou naproxène.

C'est par une guerre d'usure, raconte Bruno Toussaint, que le laboratoire américain Merck a réussi à introduire son médicament sur le marché français. En 2002, deux ans avant le scandale du Vioxx, l'Afssaps avait refusé d'accorder une autorisation pour l'Arcoxia en faisant des objections sur son "profil cardio-vasculaire". Fin 2005, elle refuse de nouveau, malgré un nouvel avis positif européen. Finalement, en juillet 2008, elle décide de l'autoriser en expliquant notamment que, depuis le refus de 2005, le tableau de pharmacovigilance tenu dans 70 pays, n'a pas montré de "signal significatif".

Après un premier avis contre le remboursement par la Sécurité sociale (citant le risque cardio-vasculaire), la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé a changé de position en avril 2009 (suite à une rencontre avec Merck) et prôné le remboursement, le plus faible, à 35 % pour les dosages les plus faibles (30 et 60 mg). Elle précisait que le service médical rendu était "modéré" et qu'il n'y avait "pas d'avantage clinique par rapport aux autres anti-inflammatoires non stéroïdiens". Elle a toutefois refusé de rembourser la version 120 mg pour le traitement de la goutte, "compte tenu du risque cardiovasculaire".

Le médicament est autorisé dans près de 60 pays mais a été refusé aux États-Unis.

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