Cancer du sein: les capacités cognitives affectées avec la chimiothérapie ou la radiothérapie

Les femmes qui ont subi des traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie pour le cancer du sein éprouvent souvent encore des problèmes cognitifs (mentaux) plusieurs années après la fin de leur traitement, selon une étude américaine publiée dans la revue Cancer, la revue de l’American Cancer Society. Des études précédentes avaient déjà montré que la chimiothérapie pouvait entraîner des troubles de la mémoire et de la concentration.

Paul Jacobsen du Moffitt Cancer Center et ses collègues ont mené cette étude avec 62 femmes traitées par radiothérapie et chimiothérapie, 67 traitées par radiothérapie seulement et 184 n'ayant pas été atteintes de cancer. Elles ont subi des évaluations neuropsychologiques six mois après la fin de leurs traitements et 3 ans plus tard.

L'étude confirme que la chimiothérapie peut entraîner des problèmes cognitifs qui persistent 3 ans après la fin du traitement. Mais de plus, elle ne montre pas de différence entre les deux groupes ayant subi des traitements. Dans les 2 cas, les scores étaient plus faibles que chez les femmes n'ayant pas été atteintes par la maladie en ce qui concerne notamment les fonctions exécutives (qui concerne la coordination des fonctions mentales), la vitesse de traitement de l'information et la concentration. La thérapie hormonale (tamoxifène) ne semblait pas entraîner de troubles cognitifs.

Il est possible toutefois que des différences entre les deux groupes de traitement n'aient pas été captées par les tests neuropsychologiques utilisées, remarque Barbara Collins de l'Hôpital d'Ottawa (Canada) dont les propos sont rapportés par le Daily Mail. Cette dernière souligne aussi que les troubles de la pensée et de la mémoire après les traitements contre le cancer ont tendance à s'améliorer avec le temps et que plusieurs femmes n'en semblent pas atteintes.

Les auteurs de l'étude font l'hypothèse que le cancer lui-même pourrait causer les pertes de mémoire en déclenchant, peut-être, une réponse immunitaire dans le cerveau.

Selon une étude publiée en 2010, la mémoire et les fonctions exécutives (incluant une baisse de la capacité de faire du multitâches et une diminution de la vitesse de traitement de l'information) sont les fonctions les plus affectées par la chimiothérapie. Des images cérébrales montraient que des changements dans la matière grise de certaines régions du cerveau étaient associés à ces effets.

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Psychomédia avec sources: Eurekalert, Daily Mail. Tous droits réservés.