De nouveaux critères pour un diagnostic plus rapide de la maladie d'Alzheimer

Les National Institutes of Health américains et l'Alzheimer’s Association recommandent de nouveaux critères permettant le diagnostic de la maladie d'Alzheimer avant que les symptômes de la démence ne soient manifestes. Ces recommandations sont présentées dans quatre articles du journal Alzheimer’s & Dementia. Il s'agit de la première révision des lignes directrices pour le diagnostic de la maladie en 27 ans.

Deux nouvelles catégories de la maladie sont crées: une phase «pré-clinique" (détectable au moyen de certains bio-marqueurs tels que les plaques amyloïdes visibles par imagerie cérébrale) qui se produit avant la manifestation de symptômes cognitifs tels qu'une perte de mémoire ou d'autres troubles de la pensée, et la phase de «trouble cognitif léger» (ou déficit cognitif léger) dans laquelle les symptômes sont observables mais encore légers. Toutes les personnes développant un trouble cognitif léger ne développent toutefois pas la maladie d'Alzheimer.

Ces modifications sont largement motivées, à court terme, par la nécessité d'identifier plus de patients aux premiers stades de la maladie qui pourraient participer à des essais cliniques de médicaments expérimentaux pouvant retarder la maladie. Pour l'instant, bien que plusieurs médicaments aient été approuvés pour traiter les symptômes de la maladie, aucun n'est très efficace.

Certains experts disent craindre que les recommandations puissent être mal interprétées par certains patients, membres de leur famille et médecins comme signifiant que les tests de biomarqueurs sont prêts pour une utilisation généralisée. Des recherches supplémentaires sont en effet nécessaires pour valider ces tests avant qu'ils puissent être utilisés en dehors des études. Ils sont par ailleurs forts coûteux à utiliser dans le contexte où il n'existe pas encore de traitement pour la maladie.

"À ce stade, nous n'en savons pas assez pour être en mesure de conseiller adéquatement les patients sur leur risque de démence, souligne John C. Morris de l'Université de Washington à St. Louis. Et, dit-il, "même si nous déterminons le risque, nous n'avons pas de traitement pour réduire ce risque. Cela soulèvera beaucoup d'inquiétude."

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Washington Post
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