La personnalité liée à la capacité de résister aux maladies inflammatoires

La personnalité pourrait influencer la capacité de résister aux maladies inflammatoires, liées au stress, selon une récente étude publiée dans la revue Brain, Behavior and Immunity.

L'exposition à long terme aux hormones de stress libérées par le cerveau affecte les organes. Ces atteintes provoquent une réaction du système immunitaire qui, dans une tentative d'enclencher un processus de guérison, cause l'inflammation. Ce processus va trop loin dans des maladies telles que l'arthrite rhumatoïde, la maladie d'Alzheimer et athérosclérose (dans laquelle l'inflammation contribue à bloquer les artères).
L'étude, menée par Benjamin Chapman et ses collègues de l'Université Rochester avec 103 personnes, a montré que les personnes extraverties, en particulier celles qui sont disposées vers l'action et l'engagement, ont des niveaux beaucoup moins élevés d'interleukine 6 (IL-6), une molécule impliquée dans l'inflammation.

Des études précédentes ont identifié trois composantes à l'extraversion: une tendance aux pensées heureuses, un désir d'être entouré et une disposition à avoir de l'énergie et à être actif.

Alors que les deux premières composantes n'étaient pas liées à l'inflammation, les niveaux d'énergie vers l'action étaient liés à une différence de 1.29 pc/ml d'interleukine-6 dans le sang. Chez les femmes, cette différence pouvait faire atteindre le seuil de 3.19 pg/ml au-delà duquel le risque de décéder dans les 5 prochaines années est doublé.

Ces résultats doivent être pris avec précaution, précise Chapman, car ils n'indiquent pas si une personnalité peu énergique cause l'inflammation ou si l'inflammation réduit les dispositions énergiques.

Ces résultats, commente-t-il, rappelle une idée décrite par le philosophe français Henri Bergson en 1911, qu'il appelait l'élan vital ("life force"). Cet aspect de la personnalité adulte pourrait également être lié au tempérament de l'enfance, dit-il. Certains bébés sont tranquilles et d'autres actifs. "Le niveau d'activité pourrait refléter une réserve d'énergie fondamentale ayant une base biologique, bien que personne n'ait d'explication de la biochimie derrière elle".

"Il sera fascinant d'étudier comment nous pouvons augmenter cette disposition vers l'activité et l'engagement. Potentiellement, ce pourrait être en appliquant des techniques développées pour traiter la dépression comme la programmation d'événements plaisants, dans laquelle les gens deviennent mieux impliqués dans la vie en occupant leur temps avec des choses qu'ils aiment".

Le degré d'extraversion était déterminé par des tests standardisés, incluant le NEO Five- Factor Inventory, un test basé sur le modèle des cinq grands facteurs de la personnalité ("Big five").

Voyez également:

Quelles sont les réponses de l'organisme au stress et à la relaxation?
DOSSIER: Psychologie de la personnalité
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Psychomédia avec source:University of Rochester Medical Center