Quand un chat a les oreilles rabattues, les yeux clos, les moustaches tournées vers l’avant, le museau en pointe et la tête rentrée entre les épaules, il ressent fort probablement de la douleur.

La vétérinaire Marina Cayetano Evangelista, qui fait actuellement des études de doctorat à l’Université de Montréal, travaille à élaborer une échelle basée sur les expressions faciales pour détecter la douleur chez le chat.

À la Faculté de médecine vétérinaire à Saint-Hyacinthe, elle a observé pendant plusieurs mois des chats atteints de différentes maladies.

Elle a sélectionné 35 chats exprimant de la douleur à diverses intensités qui ont été filmés et photographiés sous plusieurs angles et à plusieurs moments de leur traitement. La recherche a été complétée par l’observation de 20 chats bien portants.

Le communiqué de l'Université de Montréal explique :

« Il est parfois ardu pour le propriétaire et pour le vétérinaire de savoir à quoi s’en tenir, puisque le chat est un animal discret qui a tendance à se cacher quand il ressent de la douleur.

L’outil de mesure de Mme Cayetano Evangelista donne rapidement une idée de l’état de souffrance de l’animal. “La position des oreilles, la fermeture des paupières, les tensions dans la région du museau, la position des moustaches et le port de la tête étaient différents entre les groupes”, a-t-elle fait valoir dans deux conférences auxquelles elle a participé à Grenade (Association of Veterinary Anaesthetists) et à Venise (World Congress of Veterinary Anaesthesiology). Un article est en cours de rédaction et sera publié sous peu dans un journal international.

L’Échelle de la grimace du chat (Feline Grimace Scale) se présente comme un tableau que l’utilisateur peut remplir après quelques minutes d’observation.

Entre 0 (aucun signe) et 2 (signe très net), le vétérinaire évalue si le chat a les yeux ouverts (0), partiellement fermés (1) ou fermés (2) ; si sa tête est dressée au sommet du cou ou si elle a plutôt tendance à s’enfoncer entre les épaules. Il note également la position des moustaches (tendues et orientées vers l’avant ou rabattues, elles dénotent un malaise) et des oreilles : lorsque celles-ci sont tournées vers l’avant et pointées vers le haut, c’est signe que le chat se sent bien. Le museau est un peu plus difficile à observer ; quand il forme des angles arrondis, c’est bon signe ; un museau triangulaire pourrait être un indicateur de douleur. Plus la note totale s’approche de 10, plus la douleur de l’animal est aiguë.

Dans la littérature scientifique, l’étude approfondie des signes de douleur, à partir d’une grille semblable, est bien documentée pour les animaux de laboratoire (souris, rats) et les chevaux, mais elle n’avait jamais été menée de cette façon auprès de chats domestiques. Pourrait-on l’adapter aux chiens ? La Dre Cayetano Evangelista répond que ce serait difficile, compte tenu du fait que les morphologies canines sont extrêmement variées en raison des multiples races, qu’on prenne seulement la forme du museau comme exemple. Un tel outil serait donc beaucoup plus complexe à mettre au point. »

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Psychomédia avec source : Université de Montréal.
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