Malgré l'opposition de la France, le médicament pour maigrir Mysimba (appelé Contrave aux États-Unis), qui est une combinaison de naltrexone et de bupropion, a été approuvé le 26 mars par la Commission européenne. Le médicament pourra donc être commercialisé en France.

En décembre, l'Agence française du médicament (ANSM) avait réclamé un réexamen du dossier du Mysimba qui avait déjà reçu un avis favorable de l'Agence européenne du médicament (EMA) en faisant valoir qu'il n’offre qu’une efficacité limitée sur la perte de poids et expose à des risques neuropsychiatrique (dépression, suicide, etc.) et cardiovasculaires.

Selon Joseph Emerich, directeur des médicaments en cardiologie à l'ANSM, la tolérance au médicament est limitée : 50 % des personnes ayant participé à un essai clinique ayant abandonné en cours de route en raison d'effets indésirables.

Le bupropion est aussi la molécule active de l'antidépresseur Wellbutrin (non commercialisé en France) et du médicament antitabagique Zyban. La naltrexone est la molécule des médicaments Antaxone, Nalorex et Revia utilisés pour le traitement de l'alcoolisme.

Le laboratoire américain Orexigen Therapeutics n'a pas encore fait savoir s'il allait commercialiser le Mysimba en France.

S'il le faisait, il reviendra à la Haute Autorité de Santé (HAS) de définir la place de ce médicament et d'ainsi régir le taux de remboursement par l’Assurance maladie, indique M. Emerich. L’ANSM encadrera les prescriptions, compte tenu des craintes sur la sécurité du médicament, et encadrera fortement son utilisation, a-t-il aussi préciser, afin de limiter les prescriptions hors AMM (autorisation de mise sur le marché), c’est-à-dire à des personnes qui ne sont pas obèses ou en surpoids avec facteur de risque.

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