Sur le site The Conversation UK, Philip Crilly, chargé de cours en pharmacie à l'Université Kingston, rappelle quelques-unes des interactions entre médicaments ou entre médicaments, aliments et compléments alimentaires à base de plantes médicinales qui sont particulièrement fréquentes et dangereuses.
  1. Statines et jus de pamplemousse

    Une interaction particulièrement importante est celle entre certains médicaments de la famille des statines (anticholestérol) et le pamplemousse.

    Les personnes qui ont un taux de cholestérol élevé modifient souvent leur mode de vie afin mieux contrôler ce taux, ce qui peut entraîner une augmentation de la consommation de fruits et de légumes. Le jus de pamplemousse peut ralentir la dégradation des statines dans l'organisme, augmentant ainsi leur présence dans le sang, ce qui augmente les effets secondaires.

  2. Warfarine et plantes à feuilles vertes

    La warfarine (Coumadin, Coumadine) est couramment prescrite pour prévenir et traiter les caillots sanguins. La warfarine interagit avec la vitamine K.

    Les compléments alimentaires et les aliments qui contiennent de la vitamine K, comme les légumes à feuilles vertes et le thé vert, peuvent réduire l'effet de la warfarine en accélérant son élimination de l'organisme, ce qui augmente le risque d'AVC ou de thrombose veineuse profonde.

    Il est important d'aviser le médecin en cas de changements à l'alimentation afin que la dose de warfarine puisse être ajustée en conséquence.

  3. Antidépresseurs et ibuprofène

    La prise d'antidépresseurs de la classe des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS) et d'analgésiques anti-inflammatoires, comme l'ibuprofène, peut augmenter le risque de saignement interne.

    Les antidépresseurs ISRS incluent notamment la fluoxétine (Prozac), la paroxétine (Deroxat, Divarius, Paxil), la sertraline (Zoloft), le citalopram (Seropram, Celexa), l'escitalopram (Seroplex, Cipralex, Lexapro), la dapoxétine (Priligy), la fluvoxamine (Floxyfral)…

    Ceci est habituellement associé à l'estomac et les symptômes peuvent inclure des selles foncées, des crampes d'estomac, une sensation de fatigue, du sang dans les vomissements et une sensation de faiblesse ou de vertige.

  4. Antibiotique métronidazole et alcool

    Le métronidazole est un antibiotique couramment prescrit, en particulier pour les infections dentaires.

    La consommation d'alcool pendant le traitement au métronidazole peut entraîner de graves nausées et vomissements. Non seulement faut-il éviter l'alcool pendant la prise du métronidazole, mais il est préférable d'attendre au moins deux jours après avoir cessé de prendre le médicament afin qu'il soit complétement éliminé.

  5. Le millepertuis et la pilule contraceptive

    Le millepertuis est un complément à base de plante médicinale populaire, utilisé pour traiter les symptômes de la dépression légère.

    Le millepertuis est un exemple d'inducteur d'enzyme, une substance qui accélère la dégradation d'une autre substance. En encourageant la dégradation de l'autre médicament à un rythme plus rapide que la normale, cela signifie que l'autre médicament devient moins efficace.

    Bien que le millepertuis puisse avoir cet effet sur de nombreux médicaments, la pilule contraceptive est particulièrement notable. Le millepertuis diminue l'efficacité de la pilule, ce qui augmente le risque de grossesse.

  6. Calcium, vitamine D et autres médicaments

    Les compléments de calcium et de vitamine D peuvent affecter la façon dont le corps absorbe d'autres médicaments. Il s'agit notamment des médicaments contre le paludisme, de certains antibiotiques et de ceux utilisés pour traiter l'hypothyroïdie.

    Pour la plupart des médicaments, cette interaction peut être surmontée en laissant du temps entre la prise du calcium et celle de l'autre médicament. Un écart de deux à six heures est généralement suffisant.

    Pour plus d'informations sur les interactions entre médicaments et aliments et sur les plantes médicinales, voyez les liens plus bas.

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Psychomédia avec source : The Conversation UK.
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