La revue Prescrire a actualisé, dans son numéro de février 2019, sa liste « des médicaments à écarter des soins et à remplacer par de meilleures options car leur balance bénéfices-risques est défavorable dans toutes leurs utilisations ».

Dix-sept médicaments utilisés contre la douleur et les maladies rhumatismales figurent dans cette liste de 93 médicaments plus dangereux qu'utiles.

Certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

« Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ont un profil d’effets indésirables commun, mais certains exposent à moins de risques que d’autres », indique la revue.

Quand le paracétamol (acétaminophène), molécule active des Doliprane, Efferalgan, Actifed, Tylenol…, « n’est pas suffisant, l’ibuprofène (Brufen ou autre) et le naproxène (Naprosyne ou autre), à la plus petite dose efficace et pour une durée aussi courte que possible, sont les options les moins à risque ».

Arthrose

« Des médicaments autorisés pour leur action supposée sur le processus aboutissant à l’arthrose sont à écarter, car ils n’ont pas d’efficacité démontrée au-delà de l’effet placebo, et des effets indésirables notables », indique la revue.

« Début 2019, on ne connaît pas de médicament agissant sur l’altération des articulations avec une balance bénéfices-risques favorable. »

  • La diacéréine (Art 50 ou autre) « expose à des troubles digestifs (dont des hémorragies digestives et des mélanoses coliques), des œdèmes de Quincke et des hépatites ».

  • La glucosamine (Voltaflex ou autre) « expose à des réactions allergiques (angiœdèmes, néphropathies interstitielles aiguës) et à des hépatites ».

Myorelaxants

« Divers médicaments utilisés comme myorelaxants n’ont pas d’efficacité démontrée au-delà de l’effet placebo mais exposent les patients à des effets indésirables parfois graves.  »

« Un médicament efficace sur la douleur est une meilleure option, d’abord le paracétamol, en maîtrisant sa posologie, voire l’ibuprofène ou le naproxène. »

  • La méphénésine par voie orale (Décontractyl) « expose à des somnolences, des nausées, des vomissements, des réactions d’hypersensibilité (dont des éruptions cutanées et des chocs anaphylactiques), et des abus et dépendances ; la pommade à base de méphénésine (Décontractyl baume) expose à des atteintes cutanées graves, dont des érythèmes polymorphes et des pustuloses exanthématiques aiguës généralisées ».

  • Le méthocarbamol (Lumirelax) « expose à de nombreux effets indésirables, dont des troubles digestifs et des atteintes cutanées (dont des angiœdèmes) ».

  • Le thiocolchicoside (Miorel ou autre), « proche de la colchicine, expose à des diarrhées, des gastralgies, des photodermatoses, peut-être des convulsions, il est génotoxique et tératogène ».

Divers

« D’autres médicaments utilisés dans des douleurs spécifiques ou en rhumatologie sont à écarter. »

  • La capsaïcine en patchs (Qutenza), « un extrait de piment rouge utilisé dans les douleurs neuropathiques, est à peine plus efficace qu’un placebo, mais elle expose à des irritations, des douleurs importantes et des brûlures. Même après échec des autres médicaments de la douleur par voie générale ou locale, telle la lidocaïne en emplâtres (Versatis), il n’est pas prudent d’utiliser la capsaïcine ».

  • Le dénosumab dosé à 60 mg (Prolia) « a une efficacité très modeste en prévention des fractures dans l’ostéoporose et n’a pas d’efficacité clinique démontrée dans la “perte osseuse” au cours du cancer de la prostate. »

    « Il expose à des effets indésirables disproportionnés : des douleurs dorsales, musculaires et osseuses, des fractures multiples à l’arrêt du dénosumab, des ostéonécroses, des perturbations immunitaires et des infections graves (dont des endocardites) liées aux effets immunodépresseurs de cet anticorps monoclonal. Dans l’ostéoporose, quand les moyens non médicamenteux et l’apport de calcium et de vitamine D sont d’efficacité insuffisante, l’acide alendronique (Fosamax ou autre), voire le raloxifène (Evista ou autre) en alternative, ont une meilleure balance bénéfices-risques, malgré les limites importantes de ces médicaments. Dans la “perte osseuse”, on ne connaît pas de médicament satisfaisant. »

  • La quinine (Hexaquine, Okimus) « autorisée dans les crampes, expose à des effets indésirables graves, parfois mortels, disproportionnés au regard d’une efficacité faible : des réactions anaphylactiques, des troubles hématologiques (dont des thrombopénies, des anémies hémolytiques, des agranulocytoses, des pancytopénies), des troubles du rythme cardiaque ».

    « On ne connaît pas de médicament avec une balance bénéfices-risques favorable dans les crampes ; des étirements réguliers sont parfois utiles. »

  • L’association colchicine + poudre d’opium + tiémonium dans la spécialité Colchimax « a une balance bénéfices-risques défavorable dans la crise de goutte en raison de la présence de la poudre d’opium et du tiémonium, qui masquent les diarrhées, un des premiers signes de surdose parfois mortelle de la colchicine. »

    « Un anti-inflammatoire non stéroïdien, voire un corticoïde, sont de meilleures options dans la crise de goutte. »

  • L’association prednisolone + salicylate de dipropylène glycol dans la spécialité Cortisal en application cutanée, « expose aux effets indésirables des corticoïdes et aux réactions d’hypersensibilité des salicylés ».

    « D’autres options ont une balance bénéfices-risques favorable pour soulager la douleur en cas d’entorse ou de tendinite, en complément de mesures non médicamenteuses (repos, glace, attelles, etc.), telles que le paracétamol oral en maîtrisant sa posologie, ou l’ibuprofène topique (Advil gel ou autre). »

Document PDF à télécharger sur le site de Prescrire : Pour mieux soigner : des médicaments à écarter - Actualisation 2019

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Psychomédia avec source : Prescrire.
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