L’ANSM rapporte, dans un communiqué publié le 3 octobre, vouloir renforcer le rôle de conseil du pharmacien pour sécuriser l’utilisation des médicaments contenant du paracétamol (acétaminophène) et certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène et aspirine).

« Ainsi, l’ANSM souhaite que ces médicaments, toujours disponibles sans ordonnance, ne soient plus présentés en libre accès dans les pharmacies à compter de janvier 2020. »

Une phase contradictoire vient d’être initiée par l’ANSM auprès des laboratoires concernés.

L'ANSM précise :

« Ces médicaments sont sûrs et efficaces lorsqu’ils sont correctement utilisés, mais présentent des risques lors d’une utilisation inadéquate.

  • Le paracétamol peut entraîner des lésions graves du foie dans certains cas de surdosage, pouvant conduire à des greffes du foie (1re cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France) ;

  • Les AINS sont notamment susceptibles d’être à l’origine de complications rénales, de complications infectieuses graves et sont toxiques pour le fœtus en cas d’exposition à partir du début du 6e mois de grossesse (au-delà de 24 semaines d’aménorrhée). »

« Afin de favoriser le bon usage de ces médicaments d’utilisation courante, l’ANSM souhaite qu’ils ne soient plus en libre accès et soient tous placés derrière le comptoir du pharmacien, renforçant ainsi son rôle de conseil auprès des patients qui souhaitent en disposer en particulier sans ordonnance. »

« En cas de douleur et/ou fièvre, notamment dans un contexte d’infection courante comme une angine ou une toux, l’ANSM rappelle de privilégier l’utilisation du paracétamol en respectant les règles de bon usage :

  • prendre la dose la plus faible, le moins longtemps possible ;

  • respecter la dose maximale par prise, la dose maximale quotidienne, l’intervalle minimum entre les prises et la durée maximale de traitement recommandée (3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur, en l’absence d’ordonnance) ;

  • vérifier la présence de paracétamol dans les autres médicaments (utilisés pour douleurs, fièvre, allergies, symptômes du rhume ou état grippal) ;

  • alerter les populations particulières (-50 kg, insuffisance hépatique légère à modérée, insuffisance rénale sévère, alcoolisme chronique…). »

En cas d’utilisation d’un AINS (ibuprofène...) :

  • « utiliser à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte ;

  • arrêter le traitement dès la disparition des symptômes ;

  • éviter les AINS en cas de varicelle ;

  • ne pas prolonger le traitement au-delà de 3 jours en cas de fièvre ;

  • ne pas prolonger le traitement au-delà de 5 jours en cas de douleur ;

  • ne pas prendre deux médicaments AINS en même temps ».

« L’ANSM rappelle que tous les AINS sont contre-indiqués à partir du début du 6e mois de grossesse. »

La mesure de mise derrière le comptoir est notamment soutenue par les pharmaciens.

Pour plus d'informations sur les médicaments antidouleurs (antalgiques), voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec source : ANSM.
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