La sagesse, ont décrit des philosophes et des chercheurs en psychologie, implique certains aspects de la pensée qui permettent l'application des connaissances pour faire face aux défis de la vie.

Les recherches dans différents domaines de la psychologie (cognitive, sociale, du développement et de la personnalité) suggèrent que la capacité de raisonner avec sagesse varie considérablement dans les différents contextes rencontrés au cours de la vie, fait valoir le psychologue Igor Grossmann de l'Université de Waterloo (Canada) dans la revue Perspectives on Psychological Science.

Les contextes où la personne est centrée sur elle-même inhiberaient la capacité de penser avec sagesse.

« La sagesse n'est pas seulement une “qualité intérieure" », explique-t-il, mais se déploie en fonction des situations dans lesquelles les gens se trouvent. Certaines situations sont plus susceptibles de promouvoir la sagesse que d'autres ».

« Définir la sagesse est un défi, mais Grossmann et ses collègues ont identifié quatre caractéristiques clés d'un raisonnement sage » :

  • l'humilité intellectuelle ou la reconnaissance des limites de ses propres connaissances ;

  • l'appréciation de perspectives plus larges que le problème en cause ;

  • la sensibilité à la possibilité de changement dans les relations sociales ;

  • le compromis ou l'intégration de différentes opinions.

L'une des façons les plus fiables pour penser sagement dans les décisions quotidiennes, ont montré les études de Grossmann et ses collègues, est d'examiner les scénarios du point de vue d'un tiers, comme si l'on donnait des conseils à un ami.

« La recherche suggère que lorsque nous adoptons un point de vue personnel ("first-person viewpoint") nous nous concentrons sur “les caractéristiques focales de l'environnement”, et lorsque nous adoptons un point de vue de tierce personne, d'“observateur”, nous raisonnons plus largement et nous nous concentrons davantage sur les idéaux interpersonnels et moraux tels que la justice. Regarder les problèmes de ce point de vue plus large semble favoriser les processus cognitifs liés aux décisions sages. » (TEST : quelles sont vos valeurs ?)

Se décentrer de soi permet un tableau plus large, une perspective conceptuelle de l'expérience.

Nous pourrions être portés à associer la sagesse à l'intelligence ou à des traits de personnalité particuliers, dit le chercheur, mais les recherches ne montrent qu'une faible relation entre la sagesse et l'intelligence cristallisée et les traits de personnalité d'ouverture et d'amabilité.

« Il est remarquable à quel point la sagesse des gens peut varier d'une situation à l'autre et à quel point les effets contextuels sont plus forts pour comprendre la relation entre la sagesse des jugements et les résultats sociaux et affectifs que les “traits” généralisés (personnalité, intelligence…) », souligne-t-il.

« C'est-à-dire que savoir à quel point une personne se comporte sagement dans une situation donnée est plus instructif pour comprendre ses émotions ou, par exemple, sa susceptibilité de pardonner ou de se livrer à représailles, que de savoir si elle peut être sage “en général”. »

Des exemples de sagesse sont :

  1. l'utilisation de stratégies qui facilitent la résolution de conflits sociaux ;
  2. le jugement non biaisé dans l'évaluation de décisions importantes de la vie ;
  3. la régulation adaptative d'émotions qui compromettent des objectifs et la santé.

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Pour plus d'informations, voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec sources : Association for Psychologial Science, Perspectives on Psychological Science, Wisdom and culture Lab.
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