Au cours des deux dernières décennies, il y a eu un regain d'intérêt en psychologie pour l'étude du thème ancien de la sagesse, en particulier de la part de chercheurs intéressés par les stades de développement chez l'adulte et les aspects positifs du vieillissement.

Alors que plusieurs définitions ont été données de la sagesse, elle est généralement vue comme une utilisation compétente des connaissances et de l'expérience pour améliorer son propre bien-être et celui des autres (1).

Qu'est-ce qui distingue une personne capable d'être sage d'une personne moins capable ? Plusieurs dimensions (ou composantes) de la sagesse ont été proposées.

Sur la base d'une revue de la littérature, le psychologue Jeffrey Dean Webster a proposé (2003) les 5 dimensions suivantes :

L'expérience
Il n'y a pas de sagesse sans expériences riches et variées. Les expériences nécessitant la résolution de choix difficiles, celles qui concernent les transitions de vie, celles qui exposent à de mauvais côtés de la vie (ex. la malhonnêteté…)… favorisent particulièrement le développement d'une sagesse. La nature des expériences étant importante, la sagesse n'est pas automatiquement liée à l'âge.
La régulation émotionnelle
Pour plusieurs chercheurs, la sensibilité aux affects et la régulation des émotions sont des éléments clés de la sagesse. L'exposition à un large spectre des émotions humaines et leur régulation appropriée, la capacité de distinguer des émotions subtiles et mixtes, une acceptation et une ouverture aux états affectifs positifs et négatifs et l'utilisation constructive des émotions contribuent à la sagesse.
La réminiscence et la réflexivité
La réflexion évaluative sur son passé et son présent aide à la formation et au maintien de l'identité, à la compréhension de ses points forts et ses points faibles, à la résolution de problème, à l'adaptation face aux difficultés et au développement d'une plus grande perspective concernant l'avenir.
L'ouverture
Puisque les problèmes sont déterminés de façon multiple, une ouverture
à des idées, des informations et des solutions potentielles alternatives optimise les efforts d'une personne pour surmonter les obstacles de manière efficace.
L'humour
Certains travaux suggèrent que la personne sage reconnaît, apprécie et utilise l'humour dans une variété de contextes et à des fins nombreuses. Certains types d'humour favorisent la reconnaissance de l'ironie, la réduction du stress pour soi et pour les autres et les liens sociaux.
(1) Par exemple, les psychologues allemands Paul B. Baltes et Ursula M. Staudinger (2000) définissent la sagesse comme étant une expertise concernant la conduite et le sens de la vie. Elle constitue ainsi un facteur clé pour la construction d'une "bonne vie". De son côté, le psychologue américain Robert J. Sternberg (2001) définit la sagesse comme étant l'application de connaissances, médiée par des valeurs, vers la réalisation d'un bien commun à travers un équilibre entre les intérêts personnels, interpersonnels et extrapersonnels et un équilibre entre l'adaptation aux environnements actuels, la transformation de ces environnements et la sélection de nouveaux environnements. Psychomédia avec sources : Journal of Adult Development, American Psychologist. Tous droits réservés