Le café est associé à un risque moindre de maladie cardiaque et d'arythmie dangereuse ainsi qu'à une espérance de vie plus longue, selon des études présentées à la Session scientifique annuelle de l'American College of Cardiology.

« Parce que le café peut accélérer le rythme cardiaque, certaines personnes craignent que sa consommation ne déclenche ou n'aggrave certains problèmes cardiaques », souligne Peter M. Kistler du Baker Heart Institute à Melbourne (Australie), auteur principal de ces études.

« Nos données suggèrent toutefois que la consommation quotidienne de café ne doit pas être découragée, mais plutôt incluse dans le cadre d'une alimentation saine pour les personnes avec et sans maladie cardiaque. »

Kistler et son équipe ont réalisé ces études en utilisant la UK BioBank, une base de données prospective à grande échelle contenant des informations sur la santé de plus d'un demi-million de personnes suivies pendant au moins 10 ans.

Ils ont examiné la relation entre la consommation de café et les problèmes de rythme cardiaque (arythmie) ; les maladies cardiovasculaires, incluant les maladies coronariennes, l'insuffisance cardiaque et les accidents vasculaires cérébraux ; et les décès totaux et cardiaques chez les personnes atteintes ou non de maladies cardiovasculaires.

La consommation de café a été évaluée à partir de questionnaires remplis lors de l'entrée dans le registre.

Pour la première étude, les chercheurs ont examiné les données de 382 535 personnes sans maladie cardiaque connue afin de vérifier si la consommation de café jouait un rôle dans le développement d'une maladie cardiaque ou d'un accident vasculaire cérébral au cours des 10 années de suivi. L'âge moyen des participants était de 57 ans.

En général, la consommation de deux à trois tasses de café par jour était associée au plus grand bénéfice, se traduisant par une diminution de 10 à 15 % du risque de développer une maladie coronarienne, une insuffisance cardiaque, un problème de rythme cardiaque ou de décès de toute cause. Le risque d'accident vasculaire cérébral ou de décès de cause cardiaque était le plus faible chez les personnes qui buvaient une tasse de café par jour.

Les chercheurs ont observé une relation en forme de U entre la consommation de café et la survenue de problèmes de rythme cardiaque. Le bénéfice maximal était observé chez les personnes buvant deux à trois tasses par jour, avec moins de bénéfices chez ceux qui en buvaient plus ou moins.

La deuxième étude comprenait 34 279 personnes qui avaient une maladie cardiovasculaire au départ. La consommation de café à raison de deux à trois tasses par jour était associée à une probabilité plus faible de décès comparativement à aucune consommation.

Il est important de noter que la consommation de n'importe quelle quantité de café n'était pas associée à un risque plus élevé de problèmes de rythme cardiaque, dont la fibrillation auriculaire (AFib) ou le flutter auriculaire, ce qui, selon Kistler, est souvent ce qui préoccupe les cliniciens.

Sur les 24 111 personnes incluses dans l'analyse qui souffraient d'arythmie au départ, la consommation de café était associée à un risque de décès plus faible. Par exemple, les personnes atteintes de fibrillation auriculaire qui buvaient une tasse par jour avaient près de 20 % moins de risques de mourir que les non-buveurs de café.

« Les cliniciens ont généralement une certaine appréhension à l'idée que les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires connues ou d'arythmies continuent à boire du café, ils font donc souvent preuve de prudence et leur conseillent d'arrêter complètement d'en boire par crainte qu'il ne déclenche des rythmes cardiaques dangereux », explique Kistler. « Mais notre étude montre que la consommation régulière de café est sans danger et pourrait faire partie d'une alimentation saine pour les personnes souffrant de maladies cardiaques. »

Bien que deux à trois tasses de café par jour semblent être globalement la quantité la plus favorable, Kistler souligne que les gens ne devraient pas augmenter leur consommation de café, en particulier si cela les rend anxieux ou mal à l'aise.

« Il existe toute une gamme de mécanismes par lesquels le café peut réduire la mortalité et avoir ces effets favorables sur les maladies cardiovasculaires », a-t-il déclaré.

Les gens assimilent souvent le café à la caféine, mais les grains de café contiennent en fait plus de 100 composés biologiquement actifs. Ces substances peuvent aider à réduire le stress oxydatif et l'inflammation, améliorer la sensibilité à l'insuline, stimuler le métabolisme, inhiber l'absorption des graisses par l'intestin et bloquer des récepteurs connus pour être impliqués dans des rythmes cardiaques anormaux,.

Dans une troisième étude, les chercheurs ont examiné s'il existait des différences dans la relation entre le café et les maladies cardiovasculaires selon que l'on buvait du café instantané ou moulu, caféiné ou décaféiné. Ils ont trouvé, une fois de plus, que deux à trois tasses par jour étaient associées au risque le plus faible d'arythmies, de blocages des artères cardiaques, d'accident vasculaire cérébral ou d'insuffisance cardiaque, qu'ils aient bu du café moulu ou instantané. Des taux de mortalité plus faibles étaient observés pour tous les types de café. Le café décaféiné n'avait pas d'effets favorables contre l'arythmie incidente mais réduisait les maladies cardiovasculaires, à l'exception de l'insuffisance cardiaque. Les résultats suggèrent que le café caféiné est préférable dans tous les domaines, et qu'il n'y a aucun avantage cardiovasculaire à choisir le décaféiné plutôt que les cafés caféinés, conclut Kistler.

Ces études étant observationnelles, elles ne démontrent pas que les liens observés sont de cause à effet. Ces résultats, souligne le chercheur, demeurent à confirmer dans des essais randomisés.

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Psychomédia avec source : American College of Cardiology.
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