Une étude de l'Institut de Cardiologie de Montréal (ICM), visant à tester l’efficacité la colchicine pour réduire le risque de complications pulmonaires et de décès liés à la COVID-19, vient de recevoir un financement d'un important institut américain, le National Heart, Lung, and Blood Institute (NHLBI) ainsi qu'une subvention de 3 millions $ de la Fondation Bill & Melinda Gates.

Cet essai a également obtenu le soutien du ministère de la Santé du Québec.

Il s'agit d’une des rares études actuelles sur l'infection à la COVID-19 qui s’adresse aux personnes non hospitalisées.

« La colchicine est un médicament anti-inflammatoire administré par voie orale prescrit pour traiter la péricardite, la goutte et la fièvre méditerranéenne familiale. »

À la différence d'autres médicaments expérimentaux testés pour le traitement de la COVID-19, la colchicine est un médicament facilement accessible et peu dispendieux dont la sécurité d'emploi a été démontrée, soulignent les chercheurs.

Son efficacité a été récemment démontrée par le Dr Jean-Claude Tardif, directeur du Centre de recherche de l’ICM et professeur de médecine à l’Université de Montréal, dans une étude publiée dans le New England Journal of Medicine, pour la prévention des événements cardiovasculaires chez les patients ayant subi un infarctus du myocarde.

Les chercheurs font l'hypothèse que le médicament pourrait réduire
le phénomène de « tempête inflammatoire majeure », communément appelé orage ou choc cytokinique, présent chez les adultes souffrant de complications sévères liées à la COVID-19.

«La colchicine inhibe certaines fonctions de l’inflammasome, élément du système immunitaire jouant un rôle dans le déclenchement du choc cytokinique et de la cascade inflammatoire associée ».

L’étude, appelée ColCorona, a été lancée le 23 mars 2020 par le Dr Jean-Claude Tardif. Elle prévoit le recrutement de 6000 personnes atteintes de la COVID-19 qui seront randomisées à recevoir la colchicine ou un placébo pour 30 jours. Le Centre de recherche croit pouvoir terminer la phase de recrutement d’ici quatre semaines. L’étude est maintenant déployée sur plusieurs sites au Canada, aux États-Unis et en Espagne. Les premiers résultats devraient être disponibles cet été. S'ils sont concluants, des traitements pourraient être distribués rapidement.

Les personnes ayant reçu un diagnostic positif à la COVID-19 et qui sont intéressées à participer à l’étude clinique sont invitées à parler à leur professionnel de la santé ou à composer le 1-877-536-6837.

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Psychomédia avec sources : Institut de Cardiologie de Montréal, La Presse canadienne (Le Devoir).
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