Les Français consomment plus de mauvais gras que les Américains

Le Centre de recherche pour l'étude et observation des conditions de vie (Crédoc) a comparé l'alimentation des Français et des Américains.

Aucune différence quantitative n'est constatée entre les deux pays, la moyenne des calories consommées étant estimée à 2095 calories par jour en France et à 2073 aux États-Unis. (Voyez: Quel est le besoin en calories par jour?)

Plusieurs différences qualitatives sont toutefois constatées : une diversité alimentaire plus importante en France, une plus grande consommation de fruits et légumes, moins de glucides simples et de sodas mais une plus grande consommation de gras saturés (qualifiés de mauvais gras) et de cholestérol qu’aux États-Unis.

Les régimes alimentaires des Français et des Américains apportent la même quantité de lipides (gras). "Cependant, les États-Uniens ont un apport plus conséquent que les Français en acides gras polyinsaturés (acides gras essentiels dont les omégas 3 et 6, pouvant provenir des noix, des huiles de colza et de lin, des poissons gras et des crustacés). Les Français ont par contre un apport plus important que les Américains en acides gras saturés et en cholestérol." Cette différence peut s’expliquer par la consommation plus élevée de fromages (6 fois plus), charcuteries (5 fois plus), viennoiseries (4 fois plus), viandes (4 fois plus) et œufs.

Par ailleurs, les jeunes adultes français de 21 à 34 ans mangent moins bien que les Américains du même âge, avec une forte consommation de sandwiches et une faible consommation de fruits et légumes. "Si cela devenait un phénomène générationnel, il y aurait un risque d’affaiblissement du modèle alimentaire français", estime le rapport. Le risque est d'autant présent, que la diversité alimentaire chez les 3-17 ans a connu une baisse entre 2003 et en 2010, laquelle pourrait cependant être conjecturellement liée à la crise économique.

Les Français de 15-20 ans et ceux de 45-64 ans ont l'alimentation la plus équilibrée, les 15-20 ans mangeant mieux que les Américains du même âge.

Globalement donc "les États-Uniens n’ont pas une alimentation moins saine que celle des Français. (...) Les comportements extrêmes sont cependant plus visibles aux États-Unis alors qu’en France, les écarts entre individus sont plus ténus", conclut le rapport.

Un facteur explicatif pour la différence des taux d'obésité en France et aux États-unis, malgré des apports caloriques similaires, est la plus grande sédentarité des Américains, qui passeraient en moyenne une heure de plus chaque jour (4h53 contre 3h47) devant leurs écrans.

Notons aussi que cette différence des taux d'obésité supporte l'hypothèse selon laquelle toutes les calories ne sont pas égales pour le contrôle du poids: une étude publiée en juin dernier, notamment, montrait qu'une alimentation riche en glucides serait liée à un métabolisme plus lent. Ce qui pourrait constituer un autre facteur explicatif.

Résumé du rapport du Credoc: Plus forte diversité alimentaire en France qu’aux États-Unis.

Rapport complet: Comparaison des modeles alimentaires français et etats-uniens

Voyez également:

Psychomédia avec sources: Credoc, Le Figaro. Tous droits réservés.