Déclin cognitif dès 45 ans: vers l'identification précoce d'un profil à risque de maladie d'Alzheimer

La mémoire et les capacités de raisonnement commencent à décliner dès l’âge de 45 ans, selon une étude franco-britannique publiée dans le British Medical Journal.

Mieux connaître le déclin cognitif normal associé à chaque groupe d'âge est un pas vers l'identification de profils cognitifs qui pourraient être indicateurs du développement de maladies telles que celle d'Alzheimer.

Archana Singh-Manoux et ses collègues de l'Inserm et de l'Université College London ont analysé des données concernant 5 198 hommes et 2 192 femmes âgés de 45 à 70 ans au début de l'étude. Leurs fonctions cognitives (mémoire, vocabulaire, raisonnement et fluence verbale) ont été évaluées 3 fois au cours d'une période de 10 ans.

Un déclin cognitif était constaté chez les moins âgés et s'accélérait avec l'âge. Les scores du raisonnement baissaient de 3,6 % chez les hommes entre 45 et 49 ans et de 9,6 % entre 65 à 70 ans. Chez les femmes, ils diminuaient de 3,6 % et 7,4 %.

La démence (dont la maladie d'Alzheimer) est maintenant considérée comme résultant de processus qui évoluent pendant au moins 20-30 ans, soulignent les chercheurs. Des facteurs qui ont été liés au développement de la maladie sont l'obésité, l'hypertension et l'hypercholestérolémie. (Mentionnons qu'une étude américaine, rendue publique le mois dernier, montrait que des niveaux sanguins élevés de vitamines B, C, D et E ainsi que d'oméga-3 étaient liés à de meilleurs résultats à des tests intellectuels et des mesures du volume cérébral chez des personnes âgées. Les pires résultats étaient constatés chez les personnes ayant des niveaux plus élevés de gras trans.)

Les recherches à venir doivent identifier des biomarqueurs ou des profils cognitifs qui prédisent la démence avec exactitude, expliquent les chercheurs. C'est dans cet objectif que s'inscrit la présente étude. Les personnes qui connaissent un déclin cognitif plus important que la moyenne de leur groupe d'âge, particulièrement dans les groupes les plus jeunes, devraient faire l'objet d'une attention supplémentaire, estiment les chercheurs.

La version préliminaire de la prochaine édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, mentionnent-ils, suggère de remplacer le terme démence par troubles neurocognitifs "majeur" et "mineur", un changement, disent-ils, qui devrait centrer l'attention sur une meilleure compréhension des effets de l'âge sur la cognition.

Voyez également:

Psychomédia avec sources: Inserm, BMJ.
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MERCI POUR L'EMPLOI

Ce qui tend à conforter la situation de l'emploi dans les entreprises /Francaises/ - limiter les seniors et même les éliminer.
Ce qui est curieux c'est que des ingénieurs Francais ne trouvent pas, à 50ans, en France, et ont plusieurs propositions en Allemagne. L'Allemagne se contenterait elle d'un niveau inférieur dans ses Entreprises ? Vraiment bizarre puisque l'Allemagne s'en sort mieux que nous.

Soyons sérieux : une autre étude montre que l'homme utilise 10%de ses facultés intellectuelles. A 70 ans il y a donc encore de la marge. Faire du sport, s'intéresser, participer à des associations, des Entreprises, apprendre, à tous âges, c'est la façon d'être plus performant à 70ans qu'à 30ans (et cela existe plus qu'on ne le pense !!)....évidemment, si on se conforte dans une inactivité intellectuelle et physique, ce qui arrive chez les seniors, on risque de perdre des facultés.