Une psychothérapie cognitivo-comportementale d'entraînement à la pensée concrète contre la dépression

Une psychothérapie cognitivo-comportementale utilisant une approche dite de modification des biais cognitifs qui cible le style de pensée au moyen d'exercices mentaux s'est avérée efficace pour le traitement de la dépression, dans une étude britannique financée par le Medical Research Council et publiée dans la revue Psychological Medicine.

La thérapie, appelée entraînement à la pensée concrète, réduisait la dépression en deux mois et pourrait être offerte dans les soins de premières lignes, estiment les chercheurs.

Les personnes souffrant de dépression ont une tendance vers une pensée abstraite inutile et une surgénéralisation des pensées négatives (ex. considérer une seule erreur comme une preuve de son inutilité), indiquent les chercheurs.

La thérapie cible directement cette tendance qui peut être modifiée avec la pratique, expliquent-ils. Elle consiste à apprendre à être plus spécifique dans la façon de réfléchir aux problèmes, ce qui peut aider à mettre les difficultés en perspective, améliorer la résolution de problèmes et réduire l'anxiété, la rumination et l'humeur dépressive.

Edward Watkins de l'Université d'Exeter et ses collègues ont mené cette étude avec 121 personnes vivant un épisode de dépression. Elles étaient assignées au hasard à trois groupes qui recevaient soit le traitement médical habituel, soit ce traitement plus cette psychothérapie, soit ce traitement plus un cours de relaxation.

Les participants faisaient quotidiennement un exercice dans lequel ils se centraient sur un événement récent qu'ils avaient trouvé modérément perturbant. Ils faisaient cet exercice, avec un thérapeute au début, puis seul en utilisant un CD audio qui fournissait des instructions guidant la démarche consistant à se centrer sur des détails spécifiques de l'événement et à identifier comment ils auraient pu influencer l'issue.

Les symptômes de dépression et d'anxiété ont été significativement réduits, passant en moyenne d'un niveau sévère à modéré au cours des deux premiers mois, chez les personnes ayant participé à la psychothérapie et au cours de relaxation. Une réduction qui s'est maintenue au cours des 6 mois suivants. Alors que ceux qui ne recevaient que les soins médicaux standards sont demeurés, en moyenne, sévèrement déprimés.

Seule la thérapie d'entraînement à la pensée concrète toutefois réduisait les pensées négatives typiques de la dépression. Chez les participants qui l'avaient pratiquée suffisamment pour qu'elle devienne automatique, la thérapie réduisait davantage les symptômes de dépression.

Les chercheurs suggèrent que soient effectués des essais cliniques de plus grande envergure afin de tester la faisabilité d'offrir ce traitement de la dépression dans le cadre du système de santé public.

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Psychomédia avec source: University of Exeter. Tous droits réservés.