Des chercheurs, dont les travaux sont publiés dans la revue Pain Reports, ont identifié des symptômes qui indiquent la présence possible d'une polyneuropathie des petites fibres (PNPF) chez les personnes atteintes de fibromyalgie.

Plusieurs études, rapportent-ils, confirment que 40 % des personnes ayant un diagnostic de fibromyalgie répondent aux critères diagnostiques de la neuropathie des petites fibres et présentent des signes pathologiques ou physiologiques de celle-ci alors que 60 % n'en présentent pas.

Anne Louise Oaklander du Massachusetts General Hospital (MGH), affilié à l'université Harvard, et ses collègues (1) ont analysé les données concernant toutes les personnes atteintes de fibromyalgie, selon les critères diagnostiques de 2010 de l'ARC (American College of Rheumatology), qui ont passé différents examens d'évaluation pour la neuropathie des petites fibres (PNPF) au MGH en 2014 et 2015. (Rencontrez-vous les critères diagnostiques de la fibromyalgie ? Faites le test)

Ils ont exploré la capacité d'un test (le MGH Small-fiber Symptom Survey - MGH-SSS) à identifier les personnes atteintes de fibromyalgie qui ont une PNPF. Ce test quantifie la présence et la sévérité des symptômes les plus courants signalés par les patients atteints de PNPF, quelle qu'en soit la cause.

Parmi les 39 personnes atteintes de fibromyalgie, 14 avaient une PNPF confirmée par une biopsie de la peau et/ou un test de fonction du système nerveux autonome (2) et 25 n'en avaient pas. Les chercheurs ont analysé, au moyen du MGH-SSS, les différences de symptômes entre les deux groupes.

La sévérité globale de la douleur n'était pas différente entre les deux groupes (avec et sans PNPF). Les symptômes les plus sévères étaient les douleurs, notamment les douleurs profondes, la fatigue et une diminution de l'endurance ou de la force pour les activités.

Parmi les symptômes individuels listés dans le MGH-SSS, la présence de paresthésies (des picotements ou des sensations d'aiguilles) était le seul qui était plus fréquent dans le groupe avec neuropathie (3,14 contre 2,28 sur une échelle de 0 à 4). Le lien avec ce symptôme est plausible, notent les chercheurs, car les paresthésies, qui sont présentes chez la moitié des personnes atteintes de PNPF, sont causées par l'activité spontanée des nerfs cutanés myélinisés afférents. Ce symptôme est très spécifique de l'implication du système nerveux.

Mais en considérant les symptômes par catégories, le score global de la catégorie des symptômes vasculaires, qui reflètent un dysfonctionnement du système nerveux autonome (2) était aussi plus élevé chez les participants ayant une neuropathie. Cette catégorie incluait les items : « peau avec une couleur inhabituelle ou changements de couleur », « moins de croissance des poils sur les jambes », « changement de la transpiration sur le corps », « gonflement des mains ou des pieds » et « peau qui démange sans raison ».

« Ainsi, le dépistage de ces symptômes particuliers pourrait aider à identifier les patients atteints de fibromyalgie les plus susceptibles de présenter des biomarqueurs de la PNPF », concluent les chercheurs.

« Le dépistage du PNPF est justifié par le fait que, contrairement à la fibromyalgie, ses causes médicales peuvent parfois être identifiées et définitivement traitées ou guéries », expliquent-ils.

Voici d'autres études de l'équipe d'Anne Louise Oaklander rapportées par Psychomédia :

Pour plus d'informations :

Voyez aussi les liens plus bas.

(1) Mette Lodahl et Roi Treister.

(2) Le système nerveux autonome est constitué des systèmes sympathique et parasympathique respectivement responsables des réponses de stress et de relaxation dans l'organisme.

Psychomédia avec source : Pain Reports.
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