Mise à jour 2016 - Le trouble de la personnalité limite (ou borderline) est caractérisé par des émotions intenses, des comportements impulsifs et une instabilité de l'identité et des relations.

Voici les critères diagnostiques du DSM-5 (1). Ces critères sont demeurés les mêmes que ceux du DSM-IV.

Il s'agit d'un mode général d'instabilité des relations interpersonnelles, de l'image de soi et des affects avec une impulsivité marquée, qui est présent au début de l'âge adulte et dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes :

  1. efforts effrénés pour éviter les abandons réels ou imaginés (ne pas inclure les comportements énumérés dans le critère 5) ;

  2. mode de relations interpersonnelles instables et intenses caractérisé par l'alternance entre les positions extrêmes d'idéalisation excessive et de dévalorisation ;

  3. perturbation de l'identité : instabilité marquée et persistante de l'image ou de la notion de soi ;

  4. impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet (ex. : dépenses, sexualité, toxicomanie, conduite automobile dangereuse, crises de boulimie - ne pas inclure les comportements énumérés dans le critère 5) ;

  5. répétition de comportements, de gestes ou de menaces suicidaires, ou d'automutilations ;

  6. instabilité affective due à une réactivité marquée de l'humeur (ex. : dysphorie épisodique intense, irritabilité ou anxiété durant habituellement quelques heures et rarement plus de quelques jours) ;

  7. sentiments chroniques de vide ;

  8. colères intenses et inappropriées ou difficulté à contrôler sa colère (ex. : fréquentes manifestations de mauvaise humeur, colère constante ou bagarres répétées) ;

  9. survenue transitoire dans des situations de stress d'une idéation persécutoire ou de symptômes dissociatifs sévères.

Les critères diagnostiques généraux d'un trouble de la personnalité doivent aussi être rencontrés.

Des épisodes psychotiques (paranoïa ou perte d'un sens de la réalité) temporaires sont possibles particulièrement lorsque la personne traverse une crise personnelle.

Chez les personnes ayant un trouble de la personnalité borderline, la perception d’une séparation ou d’un rejet imminents ou la perte d’une structure externe peuvent profondément modifier l’image de soi et le fonctionnement (critère 1). Ces peurs d’être abandonné sont liées à l’intolérance à la solitude et au besoin d’avoir d’autres gens avec soi.

Les personnes atteintes ont un mode de relations instables et intenses (critère 2). Elles peuvent idéaliser un partenaire potentiel ou une personne qui pourrait s’occuper d’elles après seulement une ou deux rencontres, exiger de passer beaucoup de temps avec cette personne et partager les détails les plus intimes dès le début de la relation. Toutefois, elles peuvent basculer très vite de l’idéalisation à la dévalorisation, estimant que cette personne ne s’occupe pas assez d’elles, ne donne pas assez ou n’est pas assez présente.

Une perturbation de l’identité caractérisée par une instabilité marquée et persistante de l’image ou de la notion de soi (critère 3) peut se manifester, par exemple, par des bouleversements des objectifs, des valeurs et des désirs professionnels. Les idées et les projets concernant la carrière, l’identité de genre, les valeurs et le type de fréquentations peuvent changer soudainement.

Le sentiment de vide chronique peut être lié à une tendance à s'ennuyer facilement et à rechercher en permanence une occupation.

Selon le DSM-5, « la prévalence moyenne de la personnalité borderline dans la population est évaluée à 1,6 % mais elle peut atteindre 5,9 %. La prévalence de la personnalité borderline est d’environ 6 % dans les structures de soins primaires, d’environ 10 % chez les individus vus en consultation psychiatrique et d’approximativement 20 % chez les patients hospitalisés dans les services de psychiatrie. La prévalence de la personnalité borderline peut décroître dans les groupes plus âgés. »

(1) DSM-5, 5e édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (« Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders »), publiée par l'American Psychiatric Association en 2013.