« L’épidémie de Covid-19, avec toutes ses conséquences organisationnelles dans la filière de soins et sur la population en général, a profondément déstabilisé la consommation de médicaments de ville en France », indique un rapport, rendu public le 9 octobre, du groupement Epi-Phare constitué par la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) et de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Le rapport couvre la période de confinement (semaines du 16 mars au 10 mai 2020) et de post-confinement jusqu’au 13 septembre 2020, soit six mois.

Médicaments psychotropes

En ce qui concerne particulièrement les médicaments psychotropes, la consommation d’antidépresseurs et d’antipsychotiques est restée proche du niveau attendu sur l’ensemble de la période, alors que la consommation d'anxiolytiques et d'hypnotiques (somnifères) ainsi que l'instauration de nouveaux traitements avec ces médicaments ont été accrues de façon persistante pendant et après le confinement.

Les anxiolytiques sont des médicaments de la classe des benzodiazépines tels que le Xanax, le Lexomil et le Valium. (Liste des benzodiazépines [anxiolytiques et somnifères] commercialisées en France)

« Cette augmentation reflète probablement l’impact psychologique important de l’épidémie de Covid-19 et de ses conséquences sociales, professionnelles et économiques », souligne le communiqué des auteurs.

Anxiolytiques

Pour les anxiolytiques, après une augmentation de 18,6 % des délivrances lors des 2 premières semaines de confinement, une consommation au-dessus du niveau attendu a été observée de façon persistante depuis la fin avril jusqu’à la mi-août.

Au total, depuis la première semaine de confinement jusqu’à la première quinzaine de septembre, il y a eu un surplus de 1 060 000 délivrances sur ordonnance en pharmacie comparativement à l’attendu sur la même période.

Pour ce qui est des instaurations de traitement, une baisse de 0,5 % a été constatée puis un niveau post-confinement sensiblement plus élevé que sur la même période de 2019. Au global, pour toute la période étudiée, les instaurations ont été en hausse de 4,6 % par rapport à la même période de 2019.

Somnifères

Pour les hypnotiques (somnifères), après une augmentation de 11,8 % des délivrances lors des 2 premières semaines de confinement, une consommation au-dessus du niveau attendu a été observée de façon persistante de la fin avril jusqu’à la mi-août.

De la première semaine de confinement jusqu’à la première quinzaine de septembre, un surplus de 478 000 délivrances en pharmacie a été observé par rapport à l’attendu.

Au total, une baisse des instaurations de 10,1 % a été constatée pendant le confinement et une hausse pour l'ensemble de la période de 2,6 %.

Pour plus d'informations, voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec sources : Epi-phare (communiqué), Epi-phare (rapport).
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