Dans un état des lieux de la consommation des médicaments tranquillisants, les médicaments benzodiazépines et apparentés, l'Agence française du médicament expose les risques d'effets secondaires indésirables de ces médicaments.

Les médicaments de cette classe les plus utilisés en France sont l'alprazolam (Xanax), le bromozépam (Lexomil) et le zolpidem (Stilnox).

La vingtaine de benzodiazépines commercialisées en France sont indiquées, selon leur propriété principale, dans le traitement de l’anxiété (anxiolytiques), des troubles sévères du sommeil (hypnotiques), de l’épilepsie (antiépileptiques) ou des contractures musculaires douloureuses (myorelaxants).

La durée médiane de traitement avec ces médicaments est de 7 mois en France, ce qui indique un dépassement important de la durée maximum recommandée qui est, en raison du risque important d'abus, de dépendance et de syndrome de sevrage associé à ces médicaments, de 1 mois pour le traitement de l'insomnie et de 3 mois pour le traitement de l'anxiété.

Les effets secondaires indésirables

La consommation des benzodiazépines expose à certains risques comme des troubles de la mémoire (amnésie antérograde qui est la perte de la mémoire des faits récents) et une altération des fonctions psychomotrices pouvant survenir dans les heures suivant la prise (ex. risque de chutes). Ces risques sont accrus chez les personnes âgées et contribuent notamment à augmenter les risques de chutes.

« Elle peut également entraîner un syndrome associant des troubles du comportement et de la mémoire et une altération de l’état de conscience. Peuvent être ainsi observés les effets suivants : aggravation de l’insomnie, cauchemars, agitation, nervosité, idées délirantes, hallucinations, état confuso-onirique, symptômes de type psychotique, désinhibition avec impulsivité, euphorie, irritabilité, amnésie antérograde et suggestibilité. »

Enfin, la consommation de benzodiazépines augmente le risque d’accident de la route.

Des études ont aussi suggéré l’existence d’un lien entre ces médicaments et la démence. Mais les résultats de ces études sont contradictoires. Cette problématique est en cours d’évaluation par l’Agence du médicament. (Voyez : Pourquoi les anxiolytiques et somnifères favoriseraient-ils la maladie d'Alzheimer ?)

Interactions médicamenteuses et alcool

Les effets secondaires peuvent être amplifiés par l'alcool et l'interaction avec d'autres médicaments. « L’association avec d’autres dépresseurs du système nerveux central augmente la dépression centrale et l’altération de la vigilance. L’association avec les dérivés morphiniques (analgésiques, antitussifs et traitement de substitution de la pharmacodépendance aux opiacés) majore également le risque de dépression respiratoire, pouvant être mortelle. »

Abus, dépendance et sevrage

La consommation des benzodiazépines expose à un risque d’abus et de dépendance psychique et physique, avec un syndrome de sevrage à l’arrêt.

Le syndrome de sevrage peut inclure : « céphalées, douleurs et faiblesse musculaires, cauchemars, irritabilité, agitation, tremblements, anorexie, nausées, sueurs, diarrhée et, plus sévèrement : convulsions, changements d’humeur, dépression, dépersonnalisation, désorientation, hallucinations, psychose paranoïde. Le syndrome de sevrage peut se manifester dans les jours qui suivent l’arrêt du traitement. Pour les benzodiazépines à durée d’action brève, et surtout si elles sont données à doses élevées, les symptômes peuvent même se manifester dans l’intervalle qui sépare deux prises. »

« Le syndrome de sevrage est à distinguer du phénomène de rebond, transitoire, caractérisé par une exacerbation du symptôme ayant motivé le traitement par une benzodiazépine ou apparentée (rebond d’anxiété ou d’insomnie). »

Sevrage des benzodiazépines : symptômes et critères diagnostiques

Des mesures à venir

L’Agence du médicament proposera des mesures pour renforcer le bon usage de ces médicaments et diminuer leur surconsommation. (Mise à jour : Liste des somnifères déremboursés depuis le 1er décembre 2014 en France)

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