Bonheur, stress et santé: qu'en est-il?

(...) «Une attitude positive peut aider la personne à devenir plus optimiste. Or des études ont montré que les personnes pleines d'espoir ont tendance à présenter des niveaux de stress moins élevés ainsi qu'un système immunitaire plus fort», souligne le Dr Christina Puchalski, professeur à l'école de médecine de l'université George Washington, à Washington. «En contribuant à mieux supporter le stress, l'espoir et l'optimisme ont un effet bénéfique sur la santé.»
Un regain d'espoir ainsi que l'effacement des sentiments d'impuissance et de désespoir apparaissent comme d'importants facteurs susceptibles d'améliorer la santé et de prolonger la vie, indique pour sa part Oakley Ray, qui rapporte des études ayant montré que les hommes âgés qui entrevoyaient la vie avec optimisme et disaient voir le verre à moitié plein -- plutôt qu'à moitié vide -- couraient moins de risques de souffrir de maladies coronariennes.

(...) À l'inverse, selon de récentes études scientifiques, chanter quelques heures dans une chorale accroît les «affects positifs et la production des anticorps immunoglobuline A (ou IgA) dans la salive, qui forment la première ligne de défense contre les infections respiratoires», relate le Dr Vinay. (...) «Tout ce qui fait qu'une personne est sereine, heureuse et bien dans sa peau a un effet extrêmement important sur sa santé. Et j'irais même jusqu'à dire que le meilleur médicament, c'est le bonheur. Si vous êtes heureux, vous allez guérir plein de choses.»

Depuis une dizaine d'années, le Dr François Lespérance, directeur du département de psychiatrie du CHUM, amasse et publie des résultats de recherche démontrant que les symptômes de la dépression et de l'anxiété accroissent le risque de souffrir d'une maladie coronarienne ou que celle-ci récidive. Notamment, les patients en cours d'hospitalisation pour un infarctus du myocarde et qui présentent des symptômes dépressifs sont plus susceptibles de mourir ou, du moins, de voir leur maladie cardiaque s'aggraver, précise-t-il. De plus, ces mêmes symptômes décelés chez des gens apparemment sains, sans historique de maladies cardiaques, prédisent le développement de maladies coronariennes dans les cinq à dix ans suivant leur dépression, poursuit le psychiatre, qui ajoute qu'une même relation, quoique de moindre envergure, existe aussi entre l'anxiété et les maladies coronariennes.

Pour expliquer ce phénomène qui a été observé au sein de plusieurs autres populations du monde, les chercheurs soupçonnent l'existence de mécanismes biologiques qui participeraient aux interactions entre le cerveau et le coeur. «La dépression est comme un état de stress intense durant lequel surviennent des perturbations biologiques qui influencent le coeur», explique le Dr Lespérance. Or ces perturbations se traduisent par un risque accru d'arythmie, une tendance accrue du sang à coaguler et l'activation de la réponse inflammatoire, laquelle induit l'athérosclérose, qui se manifeste ultimement par un infarctus du myocarde.

(...) «Si vous êtes chroniquement stressé et que vous vous faites opérer, vos plaies mettront plus de temps à guérir», poursuit le Dr Sternberg, qui est aussi l'auteur de The Balance Within, un ouvrage très bien documenté sur les liens biologiques entre la santé et les émotions. Quand on est stressé, le centre de commande de la réponse au stress dans le cerveau (l'hypothalamus) libère dans la circulation sanguine une hormone appelée CRH (corticotropin-releasing hormone), qui déclenche la libération en cascade d'autres hormones et neurotransmetteurs qui donneront le signal aux glandes surrénales de sécréter le cortisol. Or cette dernière hormone freine la capacité des cellules immunitaires à favoriser l'inflammation -- qui est une réaction de défense immunitaire -- et à produire plus de cytokines, ces signaux chimiques qui stimulent d'autres cellules immunitaires à croître, à se diviser ou à mûrir. «Ainsi, si vous êtes constamment stressé, vous déversez sans cesse dans la circulation sanguine cette hormone anti-inflammatoire qui maintient sous silence le système immunitaire, lequel, du coup, devient moins apte à combattre les infections et à guérir les plaies», explique Esther Sternberg.

Par ailleurs, quand on fait face à un événement soudain et dramatique, par exemple lorsqu'on évite de justesse un accident sur la route, le système nerveux libère alors la noradrénaline. Et les glandes surrénales sécrètent pour leur part l'adrénaline qui, de concert avec la noradrénaline, accélère les battements du coeur et la respiration, hausse la tension artérielle, induit un afflux de sang vers les muscles, dresse les poils de la peau et fait transpirer. Or ces deux neurotransmetteurs stimulent et renforcent aussi le système immunitaire, ce qui permet de ne pas tomber malade alors qu'on s'empresse de boucler un travail. Le lendemain de l'échéance, par contre, on contracte une infection car on a perdu le petit effet protecteur procuré par l'adrénaline, dont le taux est revenu à la normale. Le cortisol que l'organisme, toujours sous l'effet d'un stress chronique, continue quant à lui de déverser dans la circulation sanguine reprend alors le haut du pavé et affaiblit le système immunitaire."

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