Les sucres ajoutés dans les aliments transformés sont davantage responsables de l'hypertension artérielle et des maladies cardiovasculaires que le sel, selon une analyse publiée dans le British Medical Journal.

Les chercheurs américains James J DiNicolantonio et Sean C Lucan ont réalisé une revue de la littérature scientifique sur le sujet. Alors que les approches pour abaisser la pression artérielle ont toujours mis l'accent sur la réduction de la consommation de sel, disent-ils, les avantages potentiels de cette approche « sont discutables ».

Car les réductions moyennes de pression obtenues en limitant le sel ont tendance à être relativement faibles. De plus, des données suggèrent que l'apport quotidien optimal en sel pourrait être de 3 à 6 g et qu'un apport en dessous de 3 g pourrait être nocif.

Alors que des données d'études épidémiologiques ainsi que d'essais expérimentaux chez l'animal et chez l'humain suggèrent que les sucres ajoutés, en particulier le fructose monosaccharide, peuvent augmenter la pression et sa variabilité ainsi que le rythme cardiaque et la demande en oxygène du myocarde, et contribuer à l'inflammation, à l'insulinorésistance.

Les chercheurs pointent en particulier le sirop de maïs riche en fructose qui est l'édulcorant le plus fréquemment utilisé dans les aliments transformés dont les boissons gazeuses.

Il y a environ 300 ans, soulignent-ils, les gens ne consommaient que quelques kilos de sucre par an, alors que la consommation moyenne aux États-Unis est aujourd'hui de 77 à 152 livres (35 à 70 kilos par an), soit l'équivalent de 24 à 47 cuillères à café (à thé) par jour.

Les données suggèrent que les personnes dont l'apport en sucres ajoutés correspond au quart (25 %) du total de leurs calories quotidiennes ont un risque de maladies cardiovasculaires presque triplé comparativement à celles dont les sucres ajoutés représentent 10 % de l'apport en calories.

Un apport quotidien de plus de 74 g de fructose est associé à un risque de pression artérielle au-dessus de 140/90 mm Hg accru de 30 % et au-dessus de 160/100 mm Hg, accru de 77 %.

Des études montrent clairement que même des doses modérées de sucre ajouté pour de courtes durées peuvent causer des dommages considérables, soulignent les chercheurs.

Tout comme les apports en sel ne viennent pas surtout de la salière, la plus grande partie du sucre consommé ne vient pas du sucrier mais des aliments industriels transformés.

Les sucres naturels présents dans les fruits et légumes ne sont pas nocifs pour la santé, soulignent les chercheurs.

Psychomédia avec sources : BMJ (communiqué), BMJ (résumé)
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