Les grands titres sur l'aggravation de l'épidémie de surdose de médicaments aux États-Unis ont porté sur les décès dus aux opiacés tels que les analgésiques sur ordonnance et l'héroïne.

Mais les décès par surdose ont également augmenté parmi les millions d'Américains utilisant des benzodiazépines (« benzos »), une classe de sédatifs qui inclut notamment le Xanax et le Valium, selon une étude publiée dans le American Journal of Public Health. (Voyez la liste des benzodiazépines commercialisées en France.)

Marcus Bachhuber et Joanna Starrels du Albert Einstein College of Medicine ont, avec leurs collègues, constaté que les décès liés aux benzos ont quadruplé en 18 ans.

Il est estimé qu'un adulte américain sur 20 remplit une prescription de benzodiazépines au cours d'une année. Ces médicaments sont prescrits pour l'anxiété, les troubles de l'humeur et l'insomnie.

Le nombre d'adultes ayant acheté des benzodiazépines a augmenté de 67 % au cours de la période de 18 ans, passant de 8,1 millions d'ordonnances en 1996 à 13,5 millions en 2013. La quantité moyenne achetée par personne au cours d'une année a plus que doublé entre 1996 et 2013.

Les décès par surdose ont augmenté à un rythme plus rapide que les ordonnances, ce qui indique que les gens les prennent d'une manière plus risquée.

Le taux de décès par surdose de benzos est passé de 0,58 pour 100 000 adultes en 1996 à 3,14 pour 100 000 en 2013. Globalement, les taux se sont stabilisés depuis 2010. Mais pour quelques groupes - les adultes âgés de 65 ans et plus, les Noirs et les Hispaniques - ils ont continué d'augmenter.

En 2013, les surdoses de benzodiazépines ont représenté 31 % des quelque 23 000 décès par surdose de médicaments sur ordonnance.

La prescription de médicaments antidouleur opioïdes a aussi augmenté rapidement au cours de la période couverte par l'étude et ces médicaments sont impliqués dans 75 % des décès par surdose impliquant des benzodiazépines.

« Une façon évidente d'améliorer la sécurité des benzodiazépines serait que les gens réduisent leur consommation de ces médicaments », dit Chinazo Cunningham, coauteur. « Mais nous devrions aussi mettre l'accent sur le danger de surdose mortelle de l'association de benzodiazépines et d'analgésiques opioïdes ou d'alcool. »

« Cette épidémie est presque entièrement évitable, puisque la raison la plus courante d'utiliser des benzodiazépines est l'anxiété - qui peut être traitée efficacement et beaucoup plus sécuritairement avec la psychothérapie », ajoute Sean Hennessy, également coauteur. « Compte tenu de la forte prévalence des symptômes d'anxiété, nous avons besoin d'une approche plus constructive au problème que d'avaler des pilules. »

En France, malgré les campagnes de sensibilisation des autorités de santé auprès des médecins et du public, les prescriptions de benzodiazépines peinent à baisser, indiquaient des chiffres de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés ce mois-ci.

Psychomédia avec source : Albert Einstein College of Medicine.
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