Un essai clinique européen lancé le 22 mars dans au moins sept pays européens vise à évaluer l’efficacité et la sécurité de quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus.

Un total de 3 200 patients sera inclus, dont 800 patients français atteints de formes sévères du COVID-19, hospitalisés dans un service de médecine ou en réanimation.

Les autres pays sont la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume uni, l’Allemagne et l’Espagne.

L'essai, nommé Discovery, est coordonné par l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm) dans le cadre du consortium Reacting. Il s'agit d'un projet européen dont la partie française est financée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et celui de la Santé.

Les données issues de la littérature scientifique concernant les coronavirus SARS et MERS ainsi que les premières publications sur le SARS-COV2 émanant de la Chine ont été analysées pour aboutir à une liste de médicaments antiviraux à tester.

Les patients seront assignés au hasard à recevoir :

  • l'antiviral remdesivir, un traitement antiviral injectable des laboratoires Gilead (non commercialisé actuellement), en plus des soins de réanimation ;

  • l'association lopinavir-ritonavir (Kaletra) du laboratoire AbbVie, déjà utilisée contre le VIH, en plus des soins de réanimation ;

  • l'association lopinavir-ritonavir (Kaletra) en combinaison avec l’interféron bêta du laboratoire Merck, en plus des soins de réanimation.

  • l'hydroxychloroquine ou chloroquine (Plaquenil), utilisée contre la malaria (paludisme).

  • le traitement habituel sans ces médicaments.

Chloroquine et Kaletra : mises en garde de Prescrire

« L’attribution des modalités de traitement se fera de façon randomisée, c’est à dire aléatoire, mais patients et médecins sauront quel traitement est utilisé (on parle alors d’essai ouvert). L’analyse de l’efficacité et de la sécurité du traitement sera évaluée 15 jours après l’inclusion de chaque patient. »

« La grande force de cet essai est son caractère “adaptatif”. Cela signifie que très rapidement les traitements expérimentaux inefficaces pourront être abandonnés et remplacés par d’autres molécules qui émergeront de la recherche », explique Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse au CHU de Lyon et chercheuse au Centre international de recherche en infectiologie (CIRI), qui pilote l'essai.

« Cinq hôpitaux français participeront au départ : Paris – hôpital Bichat-AP-HP, Lille, Nantes, Strasbourg, Lyon. Puis d’autres centres participeront pour arriver au moins à une vingtaine d’établissements participants. L’ouverture de centre suivra la réalité épidémiologique de l’épidémie avec une priorisation à l’ouverture de l’essai dans des hôpitaux sous forte pression.

Cet essai va complémenter les données qui seront recueillies au cours d’un autre essai clinique international, nommé Solidarity qui va bientôt commencer sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Pour plus d'informations sur l'épidémie du COVID-19, voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec source : Inserm.
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