La surcharge de travail n'est pas nécessairement le facteur le plus important dans le développement d'un burnout (épuisement professionnel), indique au New York Times la psychologue sociale Christina Maslach de l'Université de Californie, une pionnière de la recherche dans ce domaine.

Elle a défini (en 1982) le burnout comme étant un syndrome psychologique impliquant 3 composantes :

  • l'épuisement émotionnel : sentiment d'être débordé(e), vide et sans source de ressourcement ; un sentiment chronique de ne pas pouvoir faire face à un autre jour ;

  • la dépersonnalisation ou le cynisme : perte d'idéalisme ; dans les professions de la santé par exemple, cette composante peut se manifester par des réponses négatives, insensibles ou excessivement détachées aux gens ;

  • la réduction de l'efficacité : baisse du sentiment de compétence et de productivité au travail.

La surcharge de travail n'est pas toujours la cause du burnout et parfois elle n'en est pas la principale, souligne la chercheuse. On peut parfois travailler très dur et continuer à se sentir engagé et à apprécier son travail.

Avec Michael Leiter de l'Université Acadia (Nouvelle-Écosse), elle liste six facteurs qui peuvent contribuer à mener au burnout :

  • la surcharge de travail ;

  • le manque de contrôle sur le travail ;

  • les récompenses insuffisantes ;

  • les problèmes dans la communauté de travail, tels que l'incivilité et le manque de soutien entre collègues ;

  • le manque d'équité, tel que les inégalités de salaires, de promotions ou de charge de travail ;

  • le conflit entre ses valeurs personnelles et les exigences d'un emploi.

Les individus peuvent utiliser des stratégies utiles pour faire face, mentionne Leiter : dormir suffisamment, faire de l'exercice et bien manger, être attentif à réguler ses rythmes et très concentré sur ce que l'on veut accomplir sur à long terme. Mais note-t-il, il y a la question de l'injustice (quand toute une partie de la société qui ne semble pas travailler très dur reçoit beaucoup de récompenses et qu'une autre est de plus en plus pressurisée, dit-il), « ça ne se réglera pas dans une séance de pleine conscience ».

Le burnout ne constitue pas un diagnostic reconnu par le DSM-5. Les personnes qui en souffrent reçoivent généralement un diagnostic de trouble de l'adaptation ou de dépression (majeure).

TEST : Êtes-vous en burnout ?

Psychomédia avec source : New York Times.
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