Les personnes qui consomment de la viande rouge, même aussi peu que deux portions par semaine, peuvent présenter un risque accru de diabète de type 2 et le risque augmente avec la consommation, selon une étude menée par des chercheurs de la Harvard T. H. Chan School of Public Health.

L'étude, publiée en octobre 2023 dans l'American Journal of Clinical Nutrition, suggère aussi que le remplacement de la viande rouge par des sources de protéines végétales est associé à une réduction du risque.

Bien que des études précédentes aient établi un lien entre la consommation de viande rouge et le risque de diabète de type 2, cette étude, qui a analysé un grand nombre de cas de diabète de type 2 chez des participants suivis pendant de nombreuses années, apporte un plus grand degré de certitude quant à cette association.

Xiao Gu et ses collègues de la Harvard T. H. Chan School (Boston) et de l'Université Laval (Québec) ont analysé les données de 216 695 personnes suivies pendant 36 ans. Au cours de cette période, plus de 22 000 participants ont développé un diabète de type 2.

La consommation de viande rouge et le risque de diabète

La consommation de viande rouge, qu'elle soit transformée ou non, était fortement associée à un risque accru de diabète de type 2. Les participants qui en mangeaient le plus avaient un risque 62 % plus élevé que ceux qui en mangeaient le moins.

Chaque portion quotidienne supplémentaire de viande rouge transformée était associée à un risque accru de 46 % et chaque portion supplémentaire de viande rouge non transformée, à un risque accru de 24 %.

Le remplacement de la viande rouge

La substitution d'une portion par jour de viande rouge transformée par une portion de légumineuses ou de noix diminuait de 41 % le risque de diabète de type 2. Lorsqu'il s'agissait de viande rouge non transformée, la diminution était de 29 %. La substitution de la viande rouge transformée ou non transformée par des produits laitiers était liée à des baisses de risque de 33 % et 20 % respectivement.

Recommandations

« Compte tenu de nos résultats et des travaux antérieurs d'autres chercheurs, une limite d'environ une portion de viande rouge par semaine serait raisonnable pour les personnes souhaitant optimiser leur santé et leur bien-être », estime Walter Willett, professeur d'épidémiologie et de nutrition, coauteur.

« Il y a de grands avantages à remplacer la viande rouge par des protéines d'origine végétale ou par des produits laitiers, principalement du yogourt (yaourt). Et si l'on tient à consommer de la viande rouge, un steak serait préférable à des viandes froides transformées », souligne de son côté Drouin-Chartier de l'Université Laval.

Les causes potentielles du lien entre viande rouge et diabète

« Cette hausse du risque de diabète de type 2 pourrait être attribuable aux gras saturés et au type de fer qu'on retrouve dans la viande rouge », avance le professeur Jean-Philippe Drouin-Chartier. « La présence de nitrates dans les viandes transformées pourrait aussi être un facteur. Enfin, on sait que la consommation de viande rouge est associée à la prise de poids, et que l'adiposité est en soi un facteur de risque du diabète de type 2. »

Le diabète

« Les taux de diabète de type 2 augmentent rapidement aux États-Unis et dans le monde entier. Cette situation est préoccupante, non seulement parce que cette maladie représente un lourd fardeau, mais aussi parce qu'elle constitue un facteur de risque majeur pour les maladies cardiovasculaires et rénales, le cancer et la démence », soulignent les chercheurs.

Pour plus d'informations, voyez les liens plus bas.

(1) Jean-Philippe Drouin-Chartier, Frank M. Sacks, Frank B. Hu, Bernard Rosner, Walter C. Willett.

Psychomédia avec sources : American Journal of Clinical Nutrition, Harvard T. H. Chan School of Public Health, Université Laval.
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