Des chercheurs ont analysé les études publiées sur les traitements de la fibromyalgie afin de déterminer leur efficacité. Leurs résultats ont été publiés en janvier 2021 dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) Internal Medicine.

Ils ont recensé tous les essais cliniques randomisés ou quasi-randomisés publiés sur le sujet et réalisé des méta-analyses (combinaison des données).

Rodrigo Oliveira Mascarenhas et ses collègues des universités Fédérale des Vallées (Brésil) et de Sydney (Australie) ont recensé 224 essais incluant un total de 29 962 participants.

Les résultats des traitements étaient évalués par l'intensité de la douleur, mesurée au moyen d'échelles visuelles analogiques ou d'échelles numériques (ex. 1 à 10, 1 à 100) ainsi que d'autres instruments d'évaluation validés, et par la qualité de vie mesurée par le Questionnaire d'impact de la fibromyalgie (FIQR) (Faites le test).

Les traitements de la fibromyalgie sont peu efficaces, concluent les chercheurs. Une faible efficacité de certains traitements est démontrée par des études de haute qualité (design expérimental, nombre de participants…) mais cette efficacité n'est pas assez grande pour représenter une différence significative pour la plupart des patients.

Des preuves de haute qualité ont été trouvées en faveur de la thérapie cognitivo-comportementale pour la douleur à court terme et en faveur des médicaments dépresseurs du système nerveux central et des antidépresseurs pour la douleur à moyen terme. (5 types de psychothérapies du courant cognitivo-comportemental pour la gestion de la douleur chronique)

Il y a également des preuves de haute qualité en faveur des antidépresseurs pour la qualité de vie à court terme et en faveur des dépresseurs du système nerveux central et des antidépresseurs à moyen terme. ()

Toutefois, ces effets étaient faibles et ne dépassaient pas le changement minimum cliniquement significatif (c'est-à-dire significatif pour les patients) : 2 points sur une échelle de 11 points pour la douleur et 14 points sur une échelle de 101 points pour la qualité de vie. Les preuves de résultats à long terme des interventions faisaient défaut.

« Cette revue systématique et cette méta-analyse suggèrent que la plupart des traitements actuellement disponibles pour la gestion de la fibromyalgie ne sont pas soutenus par des preuves de haute qualité », concluent les chercheurs. « Certaines thérapies peuvent réduire la douleur et améliorer la qualité de vie à court ou moyen terme, bien que la taille de l'effet puisse ne pas être cliniquement importante pour les patients. »

Rappelons que l'objectif premier de la thérapie cognitivo-comportementale est d'aider à développer des mécanismes d'adaptation pour composer avec la douleur. Elle se concentre principalement sur la gestion de la douleur, par exemple l'évitement des déclencheurs et des poussées, plutôt que sur la régulation émotionnelle ou le développement d'un « insight ». Cette approche considère la douleur chronique comme étant un trouble d'origine biologique, précisait Howard B. Pikoff, chercheur en psychologie à l'Université de l'État de New York à Buffalo, dans un chapitre du livre Handbook of Psychosocial Interventions for Chronic Pain (2019). La douleur n'est pas considérée comme étant causée par la dépression, l'anxiété, un traumatisme émotionnel ou le stress, bien que ces facteurs puissent l'influencer comme pour tout autre trouble médical. (Fibromyalgie : encore trop de causes psychologiques dans l'expertise 2020 de l'Inserm)

Pour plus d'informations sur la fibromyalgie et sur sa prise en charge, voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec source : JAMA Internal Medicine.
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