"Je te déteste..." me dis-je en me regardant dans le miroir

Bonsoir à tous,

Bon voilà... Je me lance ! Il y a un bout de temps que je participe dans le forum Relation de couple, mais sans voir vraiment appeler à l'aide.

Je sais que mon problème engendrera de la colère et du mépris chez bien des personnes et qu'il est même très difficile pour la majorité de faire preuve d'empathie. Car mon problème est lié à l'un des sujets les plus tabous encore aujourd'hui : les relations extra-maritales ou, si vous préférez, l'adultère. C'est cela, vous avez compris; je suis l'Autre femme, la pute, la briseuse de ménage.

Je suis mariée (l'Occident a rencontré le Moyen-Orient) depuis 1984, j'ai 35 ans et je vis avec mon mari depuis 17 années. Nous n'avons toujours pas d'enfant, sa mère vit avec nous depuis une dixaine d'années, j'habite dans une ville à 700 km de ma ville natale et de ma famille, ma culture (je suis québécoise et j'habite à Toronto - croyez-moi, c'est pas facile, surtout à cause de la politique et de mon statut social), mon mari ne peut engendrer une descendance (infertilité), etc. J'exerce une profession que j'adore, je suis en excellente forme et d'après mon entourage plutôt jolie, j'ai un mari qui m'adore et une sécurité financière relativement enviable.

Mais, voilà, derrière une histoire plutôt banale, se cache un vrai drame, mon drame de la vie.

Il y a treize ans de cela, j'ai fait la rencontre, dans notre cercle d'amis, d'un homme qui allait changé toute ma vie qui semblait même trop parfaite aux yeux de plusieurs ("Vous faites un si beau couple !"). Au cours des cinq premières années de notre rencontre, nous avons été les meilleurs amis au monde. Mais, nous nous rapprochions au point de rechercher continuellement la présence de l'autre. Il n'était pas marié à l'époque et avait une petite ami qu'il a quitté.

Entre-temps, il a été diagnostiqué pour la Parkinson et a obtenu sa maîtrise en Génie informatique. Puis, il s'est marié en 1990. Le jour où il m'avait annoncé qu'il se mariait, nous nous sommes serrés très fort l'un contre l'autre et nous avons pleuré en silence. J'habitais toujours Montréal.

Lorsqu'arriva le moment de quitter Montréal pour Toronto, je m'effrondrai de douleur dans mon nouvel apartement en attendant la chanson "I will always love you..." Je m'avouais finalement que j'étais bel et bien accrochée. Un an après son mariage, il m'avouait que ça n'allait pas du tout dans son mariage.

Un jour que je visitais Montréal, seule (sans mon mari), je séjournai un peu chez lui. Nous étions assis tous les deux sur le balcon et nous entamâmes une très longue discussion au cours de laquelle il me confia son énorme déception vis-à-vis son mariage. Mon coeur se serra si fort que j'en eus les larmes aux yeux. Je rageais contre nos destins qui avaient fait que nous ne nous étions pas rencontré avant...

Je retournai à Toronto. Puis, je retournai un mois plus tard à Montréal et lui avoua mes sentiments qui, je le savais étaient mutuels, depuis déjà très longtemps. L'ennui c'est que nous n'étions pas libres, sinon mariés à deux autres personnes.

Alors, on se jura de garder secret nos sentiments. Mais, tranquillement les mensonges, les excuses, les escapes devinrent le lot quotidien de ma vie jusqu'à maintenant si ordonnée et immaculée. C'est moi qui se déplaçais le plus souvent à Montréal et qui payait l'hôtel en plus de payer mes voyages. Lorsqu'on se rencontrait, on se parlait longuement de nos problèmes respectifs, de nos rêves, de nos espoirs et on faisait l'amour où les larmes et le plaisir extrême s'entremêlaient avec passion.

Sept ans à vivre deux vies en parallèle, à se déchirer, à se faire mal, à s'aimer passionément, à se détester, à se détruire, puis à s'avouer finalement qu'on ne peut se passer l'un de l'autre.

J'ai souvent, très souvent exprimé le souhait que nous quittions tout pour refaire une vie ensemble, mais il n'en avait pas le courage, car il a un enfant et ne voulait pas en être séparé. Je lui ai même dit que je quitterais mon mari, car je ne pouvais plus supporter ma double vie et le mensonge (je me sentais extrêmement coupable). Mais, mon amant me disais que NON! de ne pas quitter mon mari, car il ne pourrait plus jamais me rencontrer une fois que je suis célibataire. À bout de souffle, je le délaissais quelque peu et il venait me regagner, sans trop de difficultés.

Tout a mal tourné lorsque j'ai décidé d'accepter un contrat à Montréal et de déménager seule là-bas. J'étais donc séparée de mon mari. Sincèrement, je voulais me retrouver seule et réfléchir sérieusement à ma situation. J'ai eu un accident automobile majeur et je suis tombé enceinte de mon amant. Lorsque je lui ai annoncé la nouvelle, il a craqué et a tout dénoncé à son épouse, à mon mari, à mon entourage. Il craignait que je garde l'enfant et reste avec mon mari. Le destin s'était retourné contre moi et c'était au tour de mon amant de ma trahir et de ne pas croire en mon amour. Je me suis fait avortée (le premier avortement était tout de suite après notre première relation sexuelle. Les médecins m'avaient convaincue que je ne pouvais concevoir, alors que c'était mon mari qui avait des problèmes de fertilité) et je suis restée avec mon mari qui a fait preuve d'un amour inconditionnel. Dans le fond de moi-même, je n'avais jamais cessé de l'aimer, mais...

Six mois s'étaient écoulés lorsque je reçu un message électronique où je travaillais depuis une semaine. C'était mon amant qui m'avait retrouvée. Mon coeur avait cessé de battre en voyant son nom sur mon écran. Merde ! Je ne m'étais pas complètement détachée malgré toute la douleur et les expériences traumatisantes que j'avais vécues. Nous reprîmes contact et avons même eu rapports sexuels.

Il m'a dit qu'il avait réalisé combien je comptais pour lui et voulait me proposer de tout quitter et refaire ma vie.

Il y a de cela des années, j'ai commencé à me parler seule devant le miroir et me répéter que je me déteste. Souvent, mes larmes coulent sans effort alors que je conduis ma voiture, que j'écoute de la musique, lis un poème, etc. Lorsque ma détresse devient insupportable, surtout quand je suis seule chez moi la fin de semaine, je bois du vin pour me calmer (auto-médication), mais sans jamais devenir ivre.

Pourquoi suis-je si attachée à cet homme? Je n'ai jamais eu d'autres relations amoureuses avec qui que ce soit d'autre. Il n'est pas plus beau, plus riche, plus intelligent que mon mari. Loin de là. Et il est affligé de sa condition neurologique et chronique. Ce qui ne l'empêche pas d'être l'homme que j'ai le plus aimé dans ma vie activement et pour qui j'ai vendu mon âme et décroché la lune.

Je sais que ma situation est très malsaine, mais je ne sais pas comment m'en sortir. J'ai pensé très souent mettre un terme à tout cela en m'enfuyant très loin, dans un pays étranger. J'ai même vidé un pot d'aspirine en calant une bouteille de vin plus d'une fois (est-ce des tentatives de suicide mal déguisés ?).

À l'aide, quelqu'un, si vous avez le coeur d'entendre mon histoire sans me juger tout en essayant de comprendre, dites-moi ce qui m'arrive. Vous êtes mon dernier recours, car je me sens vraiment glisser dans un gouffre profond.

Merci d'avance de votre compassion, de votre compréhension et de vos conseils.

Anam Cara

anam cara


Bonsoir, je vous retrouve avec grand plaisir sur ce forum que j'avais un peu délaissé ces derniers temps.

Ce que je ressens, c'est que Firouz ne semble pas savoir aimer.
D'un autre côté, vous semblez l'avoir choisi comme si c'était à lui que vous deviez l'apprendre. Peut être une manière de l'apprendre vous même ?
Peut être d'une certaine manière vous vous ressemblez dans vos peurs, votre manque de confiance en vous.

Je crois que nous sommes tous capables d'aimer, mais que nous sommes beaucoup aussi à devoir apprendre. Nous avons sûrement tous notre définition, à nous de trouver celle qui nous rend heureux.

J'aimerais connaître la votre Héléna, qu'est ce qu'aimer pour vous ?

Je vous envoie mon respect le plus profond, et tous mes encouragements,

Je vous embrasse bien fort,

Héléna.

"Stand by me"

Bonjour Helena:

(...desolee, mais j'utilise encore une fois un ordinateur ne possedant pas de clavier francais...)

En lisant votre message, la chanson "Stand by me" m'est venue a l'esprit. J'adore beaucoup chanter, et celle-la est l'une de mes preferees. J'adore aussi les chansons de Brel, Becaud, Piaf... Toute ma jeunesse a ete bercee par le chant et les paroles de ces grands de la chanson. Alors, que j'aie le cafard ou le coeur leger, je trouve beaucoup de reconfort en les ecoutant et surtout en les chantant.

Votre message, comme je le disais, m'a rappele la chanson Stand by me, car il etait si reconfortant et j'ai ete tres touchee de la maniere dont vous avez termine votre message en ecrivant "votre fidele amie". J'accorde beaucoup d'importance a ce genre de marque d'affection, si rare de nos jours. La plupart des gens craignent tellement tous les genres de rapprochement et l'amitie a perdu beaucoup de sa noblesse.

Qu'est-ce qui me fait du bien? Des echanges comme celles-ci ! D'une part. D'autre part, un travail gratifiant. Ca aussi j'ai la chance de le vivre. La musique ! Que serait la vie sans musique, sans poeme, sans creativite. Les oiseaux. Oh, comme je les envie pour leur liberte, leur grace, leurs chants purs tantot si langoureux, tantot si melancoliques, tantot si gais... Les chiens me font aussi du bien et m'attendrissent tellement par leur sensibilite, leur loyaute et leur fidelite inconditionnelles. Les fleurs des champs pour leur simplicite desarmante et leurs couleurs epoustoufflante. Tout cela me fait un grand bien. Il n'y a pas un jour que je ne m'emerveille pas devant toutes ces petits miracles de la vie tout en ecoutant Bach, Mozart, Debussy ou Beetoven...

Mais tout cela n'apporte que de tres brefs eclaircissements dans le ciel de ma vie. Il faut a tout pris que je sorte de cette impasse. En ecrivant le paragraphe ci-haut, je dois etre honnete en avouant que je voulais aussi ecrire que cela me fait beaucoup de bien d'etre dans les bras de Firoz. Le temps s'arrete completement et je me mon etre s'elever dans une autre dimension ou les mots et la raison sont totalement depasses.

Hier sor, j'ecoutais a tout hasard la serie A coeur perdu sur Radio-Canada. Le film traitait de la vie de Hemmingway et de son seul grand amour pour une infirmiere de la Croix Rouge qu'il avait rencontree durant la Premiere Guerre Mondiale en 1918. Elle a decline sa demande en marriage, mais s'est rendue compte apres la guerre qu'elle n'aimait que lui. A son retour en Amerique, elle va le visiter pour lui demander pardon et lui dit qu'elle n'a jamais cesse de l'aimer. Mais Hemmingway, toujours noye dans son chagrin pour l'avoir perdue dans le passe, n'a pas eu la force d'ouvrir son coeur a nouveau. Elle est repartie sans jamais revenir. Mais avant de partir, elle lui a dit qu'elle l'aimerait toute sa vie. A la fin du film, j'etais tellement decue de la reaction d'Hemmingway et de cette femme qui a tourne les talons sans insister, malgre qu'elle est revenue d'Italie juste pour aller le rejoindre... Quelle tragedie. Deux vies qui ont passe a cote du bonheur parfait.

Les petites attentions de mon mari, sa maniere de me choyer et de me reconforter, son immense tendresse me font du bien aussi... C'est justement le dilemne que je dois resoudre. Un mari tendre et aimant d'un cote; un amant passionne, entete et fougueux de l'autre. D'un cote je me sens protege et aimee, mais souffre de l'absence de desir et de plaisirs sexuels; de l'autre, je me sens eprouvee, decontenancee, insecure, mais je me sens etrangement eveillee, sensuelle et stimulee au niveau sexuelle. De plus, mon coeur refuse de cesser d'aimer Firoz.

Mais, Firoz est devenu pour moi comme un lion en cage. Chaque fois que je me rapproche de lui et que je crois en ces paroles, il me decoit et me blesse profondement en se contredisant tot ou tard. Alors, quand nous avons parle de notre vie a deux, il se montrait si impatient et me disait qu'il ne me suffisait qu'a aller le rejoindre. Puis, une fois qu'il m'a convaincue, il a commence a exprime ses "preoccupations". Bon Dieu, pourquoi n'avait-il pas parler celles-ci avant de me dire qu'il avait pris sa decision? Serait-ce une forme de manipulation? Il me dit ne pas avoir change d'idee, mais ternit de plus en plus le tableau de notre vie a deux future par ses commentaires domines par le doute et la peur.

Les reves peuvent devenir realite si on s'y raccroche. Ca, j'y crois de tout mon etre. Malheureusement, je crois que Firoz n'a jamais partage cette conviction avec moi. Alors, nous nous enlisons de plus en plus dans la vase de son pessimisme et du desillusionnement. Je suis pour lui, je crois, un ideal aussi eloigne qu'une etoile dans une autre galaxie. Je deploie toutes mes energies pour qu'il ne cesse de croire en nous, mais je n'arrive pas a concentrer son attention et energie sur le positif. D'un autre cote, je sais que lui seul peut le faire.

Helena, je me suis vraiment laisser guidee par mon inspiration du moment en ecrivant ce message. Faites-en de meme ou faites-moi part de vos impressions sur ma situation.

Il me tarde de vous lire,
Anam Cara

anam cara


Je suis très heureuse que vous ayez ecrit. Notre discussion me manquait.
Ce qui fait que je me suis attachée à vous ? Je ne sais pas. Votre sincérité, votre confiance, votre façon de foncer en suivant vos passions peut être.
Je trouve ça beau de suivre ses sentiments, d'y croire encore. Tellement de gens sont désabusés, choisissent une vie sans saveur simplement pour ne pas souffrir.

Je comprends que vous n'ayez pas tout réglé d'un coup. Ce n'est pas évident de changer de vie. Mais je veux vous aider, parce que c'est m'aider aussi. J'aimerais voir le bonheur que vous pouvez atteindre avec une telle energie, en la dirigeant simplement vers ce qui vous fait du bien.

Qu'est ce qui vous fait du bien ?

Sinon, je trouve très belle votre image du phare qui attend la marin qui a périt dans la dernière tempête, bien qu'un rien dramatique...
J'ai l'impression que vous refusez de vous résoudre à ne plus attendre un rêve. Qu'en pensez vous ?

Je vous embrasse très fort, et vous envoie beaucoup d'amour,

Héléna, votre fidèle amie.

Une lueur qui n,en finit pas de briller...

Bonjour Héléna,

Vous m’avez fait chaud au coeur en me disant que vous vous êtes attachée à moi et en voulant prendre de mes nouvelles. Et vous, ça va ? Allez-vous régulièrement vous ressourcer dans cet endroit paisible que vous m’aviez décrit dans un de vos messages?

Mon amant est toujours en contact avec moi, mais les choses ne sont plus ce qu’elles étaient, du moins de mon côté. Le dernier coup qu’il m’a fait m’a beaucoup fait pleurer. Il m’avait demandé d’aller le voir à Montréal et s’était esquivé à la toute dernière minute. J’avais pleuré toute une fin de semaine, incapable de comprendre sa réaction. Il avait soudainement décidé de me dire que nous ne devions plus avoir de relation tant et aussi longtemps que nous vivions avec d’autres personnes. Il m’a mis dans tous mes états pour ensuite me redemander d’y aller… Lorsque je l’ai finalement rencontré le lendemain du jour où nous devions nous rencontré, il avait prétexté sa peur que je tombe enceinte. Après mon retour, il m’avait dit qu’il avait changé d’idée pour me faire plaisir ! Tant de contradictions ont terni l’image sacré que j’avais de notre relation. Je ne tolère pas les gens qui se contredisent par lâcheté et parce qu’ils n’ont pas la force d’aller jusqu’au bout de leurs sentiments.

Malgré tout, Firoz m’a confié son impatience de refaire sa vie avec moi. Si seulement, il y aurait cru des années plus tôt, alors que je ne voyais aucune autre alternative, sachant que mon coeur l’avait choisi. De plus, il m’a fait part de préoccupations qui m’ont choquée et blessée profondément. D’abord, il y a son sentiment de culpabilité vis-à-vis sa fille. Je le sens très mal à l’aise de laisser sa fille derrière pour refaire sa vie avec moi. Il vit sa responsabilité parentale avec beaucoup d’insécurité et de méfiance envers quiconque partage sa vie en dehors de sa fille. Non, il ne s’est pas exprimé en ces termes, mais m’a laissé entendre que nous devions demeurer indépendants financièrement, car il devra payer la pension alimentaire et souhaite payer encore plus. Cela serait acceptable pour moi, si je n’aurais pas discuté aussi longuement que je l’ai fait pour finalement comprendre qu’il s’attend à ce que je paie pour le loyer et toutes les nécessités de base (épicerie, électricité, téléphone, câble, ameublement, etc.) pour lui donner la latitude financière qu’il aura besoin. Selon lui, il ne lui resterait pas grand argent dans ses poches après avoir payé la pension alimentaire et autres obligations et dettes. Je ne voudrais surtout pas décider pour lui comment il doit s’organiser pour s’impliquer dans notre vie à deux et je suis très déçue qu’il s’attende à ce que j’accepte de subvenir à nos besoins, comme si cela était implicite depuis le début. Car, il ne semble pas disposé à explorer d’autres alternatives.

Treize ans à aimer un homme qui, je le réalise finalement, est totalement incapable de m’aimer complètement. Il s’attend à ce que je démontre un amour inconditionnel et se donne le droit de fixer des limites à son propre amour. Oui, j’ai accepté de considérer cet arrangement hors du commun, car il me semblait impensable de passer à côté de la chance pour une question d’argent. Je croyais vraiment qu’il réaliserait que mon amour ainsi éprouvé méritait son respect et sa confiance. Mais, aujourd’hui, il m’a même dit que ce qu’il craignait le plus si nous habitions ensemble, c’est que je mentionnerais à droite et à gauche le fait que je paie pour tout, etc. Il a poussé l’audace et l’insulte jusqu’à dire qu’il craignait que je lui reproche d’acheter un cadeau de 10$ à sa fille, alors qu’il ne payerait pas un sous pour les dépenses de la maison. Sa méfiance et son manque flagrant de gratitude m’ont frappée en plein visage.

J’ai atteint le cul de sac de ma relation amoureuse de près de 8 ans. Je suis allée au bout de mes émotions et de mon amour, seulement pour découvrir un néant effroyable. Cet homme qui me disait être toute sa vie… Cet homme qui m’a dit que je lui avais fait découvrir l’amour… Aujourd’hui, il me parlait comme s’il ne m’avait jamais connue et qu’il ressentait le besoin d’éprouver mon amour.

Je suis en état de choc ou je vis une peine d’amour pour la première fois. Il me semble que le temps s’est arrêté et que je participe à ma vie à titre d’observatrice. Mes sentiments, ma raison, semble aussi avoir figé avec le temps.

Au bureau, tout le monde a ressenti ma détresse derrière mon sourire douloureux et mes yeux éteints (d’après le reflet que me renvoie le miroir). On passe me voir pour remettre un petit chocolat, on me fait des compliments sur mon habillement, on pose la main sur mon épaule ou on me prend dans les bras, etc. Non, je ne dois pas déplaire les gens qui croient en moi.

Ma chère Héléna, je vais interrompre mon message ici et attendre de vos nouvelles. J’apprécierais si vous m’expliquiez un peu pourquoi je mérite que vous me portiez intérêt et que vous vous attachiez à moi. Je sais que mon histoire peut sembler triste, mais lorsque je lis les témoignages de d’autres personnes sur ce site, je me rends compte que mes problèmes sont très petits et que, tout au contraire de certaines personnes, je peux m’en sortir assez bien si je preuve de bonne volonté et apprend à ne plus dépendre de personne au niveau émotionnel. Je crains de vous avoir déçue énormément, car je m’enlise dans mon problème. Je le sais. Dans mon coeur, une petite lueur continue de briller pour Firoz, tel un phare qui attend toujours le marin qui a péri dans la dernière tempête. Je ne sais si je pourrai jamais cesser de l’aimer. Car, pour l’instant je ne vois pas comment je pourrais lui dire adieu en ressentant toujours de l’amour pour lui.

Je vous embrasse très fort, Héléna

Anam Cara

anam cara


Bonsoir Anam Cara, je vous vois changée et ça m'enchante.
J'ai l'impression que vous allez enfin vous faire confiance, vous laisser aller à la decouverte des mystères de la vie.

J'aimerais continuer nos échanges, et savoir comment vous vous sentez, ce que vous faites. Je me suis attachée à vous, et j'attends de vos nouvelles,

gros bisous,

Héléna.

Apprendre a m'aimer...

Bonsoir Helena:

Je me suis mise a nue dans un forum, oubliant ma pudeur et laissant tomber le voile de mystere qui m'enveloppe et me protege si bien de mon entourage normalement.

Je vous remercie tout particulierement de m'avoir lue et de m'avoir soutenue par vos mots pleins de compassion, d'intelligence et de compliments et d'encouragements. Vous m'avez fait sentir humaine et vous m'avez fait comprendre que finalement je dois apprendre a m'aimer.

J'avais vraiment besoin de raconter mon histoire restee enfouie trop longtemps dans mon coeur meurtri. Je suis heureuse que cela a permis a d'autres personnes de s'y retrouver un peu et de venir me demander conseil. Cela me reconforte beaucoup que je puisse aider d'autres personnes simplement par mon temoignage ou mes conseils et mes encouragements.

Toute ma vie, les interets des autres passaient avant les miens. Je n'etais heureuse qu'a travers les autres. Aujourd'hui, ayant deverse toute mon energie a l'exterieur de moi-meme, je me retrouve comme une enveloppe vide. Il est grand temps de ressourcer et de grandir...

Et qu'arrivera-t-il dans ma vie sentimentale? Je n'en sais rien du tout. Je sais juste que ma vie, telle qu'elle est aujourd'hui, m'etouffe. Je me sens comme une femme depaysee, egaree.

Voila pour ce soir.

Helena, vous m'avez beaucoup aide. Je me souviendrai longtemps de nos echanges intenses mais paisibles.

En toute sincerite,
Anam Cara

Confusion totale

Bonsoir Helena,

Si par hasard vous reveniez visiter ce site pour prendre de mes nouvelles, sachez que je suis totalement perdue et emportee par ma vague d'emotions.

Il me tarde de trouver la porte de sortie de l'impasse ou je suis prisonniere.

L'homme qui m'a fait decouvrir mon corps de femme et des talents que je ne me connaissais pas... ce meme homme m'a totalement destabilisee... de la meme maniere qu'un detruit un chateau de carte du revers de la main.

Croyez-vous que je souffre de depression? Pourquoi ne puis-je me detacher de Firouz?

Ne vous sentez pas oblige de repondre a ma question. Je suis aux prises avec mon instabilite emotionnelle. Je veux fuir le tumulte de ma vie et reprendre mon equilibre. Mais, je sais que si j'agis en ce sens, je risque de tout perdre definitivement. Un risque que je ne me sens toujours pas prete a prendre...

Pensez a moi, ma chere amie.

Anam Cara

anam cara


Bonjour, vous me parlez d'échecs, permettez moi de vous parler de vos victoires.
Pensez à vous, voila mon conseil de la journée.

Vous avez réussi votre carrière, vous êtes une femme sensible et gentille. Vous essayez de faire le bien dans votre vie, et c'est extrèmement courageux. Ce n'est pas facile de faire des choix et de suivre la bonne voie, mais j'ai l'impression que vous vous écoutez plus, que vous avancez. Vous ne devez rien à Firouz. A mon avis, il ne vous mérite pas. Vous n'êtes pas mauvaise, bien au contraire.

Vous me faites du bien. J'aime parler avec vous, je découvre une sensibilité proche de la mienne.

Je crois que vous vous demandez trop. Vous n'avez pas à être parfaite, à tout réussir. Vous êtes humaine. Vous avez commis des erreurs ? Et alors, comme tout le monde. Votre plus grande victoire est de le reconnaître, et de vouloir aller mieux.

Je suis très fière de vous, et je vous envoie beaucoup d'amour.

Je vous embrasse très fort, à bientôt,

Héléna.

Trop aimé ou être mal aimée ?

Bonjour Héléna,

Le paysage que vous me décrivez dans votre message est si paisible et si serein. L’endroit idéal pour se ressourcer et pouvoir enfin entendre la petite voix intérieure à peine audible dans le chaos de la vie quotidienne. Si vous vous trouvez dans un tel endroit présentement, je suis heureuse pour vous…

Je vous suis très reconnaissante de me dire en toute franchise ce que vous avez déduit de mes propos en me donnant votre impression de Firouz. En effet, je m’avoue que malheureusement il est malsain et il est incapable d’ouvrir son coeur et de recevoir l’amour que j’ai déversé dans sa vie de toutes les manières possibles.

Je suis idéaliste et ça aussi je le sais. Je ne m’avoue pas vaincue facilement et tant que je vois briller une pointe d’espoir ou une lueur au bout du tunnel, je persiste à essayer d’aller à contre-courant. Or, même lorsque Firouz devenait hostile, je me rappelais sans cesse les moments où il me démontrait son amour et je persistais à essayer de le calmer en ignorant les blessures émotionnelles et l’atteinte à ma dignité et mon respect pour le calmer et l’entendre dire quelque chose qui me rassurerait. Cela me rendait à bout de souffle à chaque fois.

Oui, j’ai cru qu’en vivant ensemble, il serait totalement rassuré et contenté et cesserait de me déséquilibrer et me vouerait un amour inconditionnel. Mais, je sais que je me méprends sur sa vraie nature. Comme c’est difficile d’accepter la défaite lorsqu’on a tout essayé et qu’on n’a jamais voulu abandonner. Mon coeur de petite fille veut lui crier: " Mais pourquoi ne réalises-tu pas la chance que tu as d’être aimé à ce point ? À ta place je tomberais sur les genoux de gratitude devant une femme qui ne t’as pas laissé tomber, même lorsque tu avais abandonné et je lui rendrais au centuple simplement en la chérissant et en contribuant à son bonheur…" Mais, je sais que cela tomberait dans l’oreille d’un sourd. Je le sais, parce que je l’ai essayé.

Ce qu’il m’apporte ? Quelle étrange sensation cela me donne en y songeant. Car, je réalise que je suis constamment en train de donner du meilleur de moi-même en souhaitant toujours être aimée et chérie en retour. Mais, je reste toujours sur ma faim et je continue donc de déployer toutes mes énergies pour le faire réagir. Donc, j’ai appris à être déçue de voir mes attentes non rencontrées, sauf lorsque je m’en attends le moins. J’en serais incapable à cause de mon besoin de spontanéité, mais je crois que je serais arrivée à avoir de bons rapports avec lui en le laissant toujours venir vers moi et en cachant ma vulnérabilité et mon besoin d’être reçue à bras ouverts. Donc, ce serait de renier qui je suis vraiment.

Dernièrement, il m’a demandée ce que j’attendais de lui. Une question qui démontrait de l’empathie et qui m’a fait très chaud au coeur. Sur quoi je lui répondis: un amour inconditionnel, une confiance en qui je suis, de la patience, de la compréhension, bref tout ce qui constitue les ingrédients principaux pour une bonne entente et pour favoriser notre plein épanouissement. Je lui dit aussi que mon bonheur dépendait en grande partie de notre bonne entente. Sur quoi il me répondit que mon bonheur m’appartenait et que tant et aussi longtemps que je partageais le lit avec un autre homme, il ne pouvait être responsable de mon bonheur. Il me dit aussi que rien ne pouvait être inconditionnel, ni même son amour, car je devais aussi rencontrer ses attentes. Un cercle vicieux d’où je ne suis jamais sortie. Je me sentais comme un cheval affamé que l’on fait courir en lui pendant une carotte au bout du museau.

Héléna, je m’avoue vaincue comme dans une partie d’échec où il n’y pas de gagnant ou de perdant et on décide tout bêtement d’abandonner la partie au bout de longues heures, à bout de souffle et d’endurance.

Je me réveille aujourd’hui et je m’aperçois que je n’ai aucun mérite dans ma vie, même pas celui d’avoir mené une vie décente. Même pas celui de ne pas avoir trahi la confiance d’un homme qui ne m’a jamais laissé tomber. Même pas celui de n’avoir jamais ignoré mes propres principes. Même pas celui d’avoir inspiré et exigé le respect de mon entourage. Même pas celui d’avoir contribué positivement dans la vie d’une autre personne. Car d’un côté, j’ai encouragé un homme abuseur en devenant sa victime et de l’autre j’ai trahi la confiance d’un homme qui a osé réapprendre à me faire confiance après avoir appris que je lui avais été infidèle pendant plus de sept ans.

Je me déteste, Héléna, et je crois que je mérite Firouz pour cela, et que mon mari mérite une femme forte et loyale. Je voudrais tellement me libérer de tout cela et simplement partir au loin.

Pour l’instant, je vais suivre votre conseil et prendre mon temps, tout en lâchant prise pour un moment.

Vous me demandez de parler de mon enfance qui, à vrai dire, ne m’inspire pas du tout. Je vais tout de même y penser et vous revenir là-dessus, si vous me le permettez.

Avec toute ma gratitude pour votre intérêt et votre support,
Anam Cara

heureuse pour vous

Je suis heureuse que vous ayez pu vivre enfin un moment de bonheur et un moment pour vous.
Je suis sure que vous allez réussir à vous sentir mieux parce que vous allez évacuer tout ce qui vous rend malheureuse (ce qui fait mal je le concois).
Je suis tout à fait d'accord avec helena lorsqu'elle vous dit que votre relation avec votre amant est malsaine. Elle a raison de vous demander de vous poser la question "qu'est ce que vous apporte votre amant".
Je crois qu'en aillant votre réponse vous saurez exactement ce que vous devez faire même si vous devez souffrir.
Lorsqu'on fait face, la souffrance est toujours grande. Je crois que l'on a peur de souffrir parce qu'on souffre déjà beaucoup et que l'on se dit que ca n'en finira jamais. Alors que c'est faux. Si l'on fait face on souffre une bonne fois pour toute, on évacue, et on se sent léger et prêt à repartir, à être heureux.
J'espère de tout mon coeur que tout s'arrangera et je suis sure que vous trouverez en vous les solutions qui vous rendront plus heureuse.
Parlez nous, comme le dit helena, vous devez nous dire ce que vous avez enfoui en vous depuis tout ce temps.
A bientot

Blanche

anam cara


Soyez sûre que je pense bien à vous.

Je suis tout à fait d'accord avec Blanche, je pense que vous devriez fouiller un peu votre passé. Parlez moi de votre enfance, de vos parents.
Il y a une autre chose à laquelle je pense. Je me dis que la chose à laquelle vous semblez désirer le plus, c'est la paix. J'ai l'impression que vous idéalisez un futur avec Firouz, comme si le fait de vivre ensemble allait faire disparaître toutes les difficultés. Je vous vois l'âme d'une idéaliste ( ce qui en passant est plutôt une qualité, mais qui peut faire souffrir).
Je ne pense pas que tout change si vous devenez un couple. Il a l'air de rechercher les rapports de force et les complications.
Pour être honnête, en me basant sur ce que vous m'en dites, je le trouve malsain.
Mais vous n'avez pas répondu à ma question, qu'est ce qu'il vous apporte ?

Prenez votre temps, laissez vous aller, parfois c'est la seule chose à faire.

Je vous envoie un champs de blé doré au soleil, une rivière qui passe doucement, les clapotis de l'eau sur les rochers, la paix.

Amitié,

Héléna.

Heureuse d'avoir de vos nouvelles !

Chère Blanche,

Il me fait plaisir d'avoir de vos nouvelles ! J'espère que vous avez passé de belles vacances et que vous avez profité de l'occasion pour vous resourcer. Je compte très bientôt moi aussi partir en vacances, en Europe peut-être, pour me déconnecter complètement de mon environnement et pouvoir enfin me retrouver seule. Ma vie telle qu'elle est me laisse très peu d'occasion de goûter à la solitude qui, pour moi, est essentielle pour mon équilibre émotionnel.

Je vous remercie aussi de votre message, car il tombe à point. La manière dont vous décrivez ce que mon amant me faire subir (me tendre la main et me lâcher dans le vide) est si juste que cela me déconcerte. C'est exactement la sensation que je ressens lorsqu'il agit ainsi.

Je sais que cela ne peut continuer ainsi, et j'apprécie le support qu'Héléna m'a donné jusqu'à maintenant, ainsi que le vôtre.

Hier, j'étais invitée à un dîner pour célébrer l'entrée à la Faculté de médecine de l'Université de Toronto d'un de mes grands amis. Il y avait si longtemps que j'avais ri autant et que j'avais goûté à une bonne conversation. Nous avons parlé musique, science, philosophie et j'ai senti mon esprit s'éclairer. Cela m'a fait tellement de bien d'être entourée et divertie seulement pour le plaisir de ma compagnie. Un brin de fraîcheur dans ma vie qui m'a rappelé qui j'étais et combien je pouvais offrir et trouvé les gens pour ouvrir leur esprit et leur coeur sans attente ni prétention.

Tous mes échanges sur ce site aussi m'aident beaucoup.

Blanche, parlez-moi de vous...

Je vous embrasse très fort,
Anam Cara

amour perdu

anam cara,

je viens de lire votre dernier message et je suis triste de vous savoir prisonnière de cet homme.
Ne voyez vous pas qu'il joue avec vous, qu'il se sert de vous, qu'il ne vous aime pas.
Je suis sure que oui vous le voyez mais que vous ne voulez pas l'accepter.
Si vous le comparez à votre père il y a surement une raison. Vous voulez vous aussi vous sentir aimée , vous vous sentez rejetée par cet homme. En fait je trouve qu'il vous torture plutot qu'il vous aime. il vous fait espérer, il vous tend la main et dès qu'il voit que vous êtes d'accord pour lui tendre votre main et vous abandonner à lui il vous lache dans le vide, et vous retombez à chaque fois.
Je trouve qu'il est ignoble et que vous ne méritez pas ca. Ne vous laissez pas faire de cette façon. Ne voyez vous pas qu'il est en train de vous détruire?
Peut être que vous êtes attiré par lui tout simplement parce que vous ne voyez pas d'autre issue que d'avoir un comportement destructeur envers vous meme, peut etre que vous avez des problèmes enfouis en vous datant de votre enfance et que cette relation s'explique ainsi.
Je ne sais quoi vous dire mais surtout respectez vous, vous êtes quelqu'un qui mérite d'être aimée et respectée et ce n'est pas le cas avec cet homme.
Comme le disais hélena je pense que vous devez fouiller votre passé, les clés du bonheur sont peut être là.

Courage, vous n'êtes pas seule,

Blanche

Héléna...

Chère Héléna,

Comment ai-je trouvé la force de continuer de l'aimer alors qu'il me fait tellement souffrir.

Il m'a fait un "sal" coup dernièrement. Il y a à peu près une semaine, il ne cessait de me répéter combien il me désirait et souhaitait que je prenne le prochain avion pour aller le rejoindre. Je l'ai pris aux mots et j'ai décidé de planifier une rencontre lundi prochain. On en a parlé toute la semaine. Il a même exprimé son impatience en me demandant d'aller le rejoindre plus tôt... Hier après-midi, il m'envoie un message électronique pour me dire qu'il croyait que nous allions commettre une erreur et qu'il annulait tout. Il me disait que plutôt parler de se rencontrer pour un jour, que nous devrions parler de vivre ensemble. Il prenait cette décision "par amour", d'après lui! J'avais accepté de me déplacer à sa demande et c'est lui qui annulait tout à la dernière minute. Comment vous sentiriez-vous à ma place?

Ce qui me déconcerte encore plus est que j'allais retourner à Montréal très prochainement et nous avions décidé de nous rencontrer à cette occasion justement pour parler de la possibilité de vivre ensemble dans un futur rapproché. Pour moi, notre rencontre de lundi n'avait rien à voir avec notre désir de vivre ensemble. Après tout nous sommes amants et nous ne pouvons cesser de nous aimer tant et aussi longtemps que nous ne vivrons pas ensemble.

J'ai trouvé son comportement extrêmement cruel et j'ai cru mourrir de peine et de douleur tant j'étais déchirée. Je me suis sentie rejetée et je ne pouvais comprendre comment il avait osé me laisser tomber, alors que c'était lui qui m'avait demandé d'aller le rencontrer. Comment osait-il me dire simplement qu'il était désolé, mais qu'il croyait que ce n'était pas bien parce que nous devrions plutôt dépenser notre énergie à planifier notre futur ?

Je crois qu'il a agi de cette manière pour éprouver mon amour et me placer dans une situation, comme il l'a si souvent fait, pour me faire craindre de le perdre et me pousser à agir d'une manière désespérée. Mais est-ce cela le vrai amour ?

Il m'a vraiment fait beaucoup souffrir, à un tel point que je ne sais plus où j'en suis et je ne sais si je pourrai encore croire au bonheur avec mon amant. Il m'a laissé tomber si lâchement pour notre rencontre de lundi. Je crains qu'il soit capable de faire la même chose, s'il me demandait d'aller à Montréal pour recommencer ma vie avec lui. Je l'imagine très bien me dire en pleurs qu'il est désolé, mais qu'il ne se sent plus le courage de tout quitter...

Ma chère Héléna, en lisant votre question si "voulez-vous rester avec lui ?", j'ai mis ma main sur ma bouche pour ne pas laisser s'échapper un cri de douleur et un "oui". Je me sens comme une petite fille maltraitée par son papa et qui persiste à tout faire, jusqu'à se détruire, pour que son papa lui prouve son amour et cesse de lui faire mal.

Non, je ne peux changer Firouz, et il est incapable de recevoir mon amour, de croire qu'il le mérite et de me le rendre au centuple à sa manière. Mais, pour l'instant mon coeur est brisé en mille morceaux et je ne suis pas certaine de vouloir les ramasser et de continuer.

Pardonnez-moi, mais j'ai juste le goût de me laisser glisser dans mon désespoir pour l'instant.

Pensez à moi, Héléna.

Anam Cara

anam cara


Bonjour,

je voulais simplement vous faire part de mon expérience au sujet de ma volonté de changer mon destin. C'est quand j'ai compris que je ne pouvais pas changer les gens que j'ai commencé à aller mieux. C'est quelque part abandonner l'idée que tout dépend de soi, arrêter d'assumer la responsabilité des actes des autres. C'est aussi arrêter de se sentir coupable.

Vous n'êtes pas resmonsable de la conduite de Firouz. Par contre, vous êtes responsables de vos choix, voulez vous rester avec lui ? Je sens qu'en vous une petite voix crie oui, dites moi ce qu'elle recherche.

Je voulais aussi vous dire que je partage totalement votre conception de l'amitié. J'apprécie enormément cette discussion, j'apprends beaucoup.

Je vous embrasse, et vous envoie un paysage d'été, calme et sérénité pour vous ressourcer.

Je vous comprends,

Héléna.

Ma chère amie...

Ma très chère Héléna:

N'ayez crainte, je n'attends rien de vous et je vous suis si reconnaissante de m'écouter. Je ne veux surtout pas vous y contraindre ou vous mettre dans une position où vous vous sentez obligée envers moi. Je suis parfaitement consciente de la complexité de ma situation et je sais que je suis la seule à m'en libérer. Je suis toutefois très reconnaissante d'avoir trouvé une oreille et un coeur attentifs dans l'océan cybernétique. Une autre preuve que si l'on n'abandonne jamais, on trouvera toujours des êtres humains, tels que vous, pour offrir le meilleur d'eux-mêmes sans attendre rien en retour, si ce n'est la satisfaction d'avoir contribué au bonheur des autres.

Vous ne me devez rien, Héléna, et je ne vous en voudrai jamais, si vous décidiez de continuer votre chemin. Au contraire, je garderai toujours le souvenir d'avoir été soutenue par un être aussi sincère, intelligent et sensible tel que vous. L'important est que nos échanges aient été bénéfiques pour l'une et l'autre et que nous ayons appris quelque chose toutes les deux. N'est-ce pas cela la vraie amitié?

Je vais réfléchir un peu à votre message et vous répondre à nouveau un peu plus tard.

Je dois quand même vous dire que je suis au bord du désespoir et j'ai l'impression de vivre une peine d'amour. Mon coeur est serré depuis des jours et je ne cesse de pleurer.

Le paragraphe de votre message qui m'a le plus frappée est le suivant : " Ce que je voulais vraiment, je ne m'en rends compte que depuis quelques années, c'est changer mon destin. Je voulais que quelqu'un à qui je donne la posibilité de me detruire ne le fasse pas. Effectivement, c'est comme ça aussi que j'ai pu m'en sortir. Mais il y avait plus simple, me rendre simplement compte que je ne méritais pas d'être détruite, que je m'aimais et me respectais. "

Je crois que ma relation avec Firouz était de cette nature exactement. Car, je le savais capable de faire mal à son entourage, mais comme il m'avait "choisie" dès le début et me montrait une telle admiration et respect à cette époque, je me réconfortais à l'idée qu'il n'écoutait pas sa mauvaise conscience qui autrement aurait voulu me "détuire". Oui, c'est exactement cela qui s'est passé. Sauf, qu'il a fini par me détruire à petit feu, jusqu'à ce qu'il ne reste rien de ma joie de vivre, de ma spontanéité et de mon désir enfantin d'oser croire à l'impossible et d'oser aimer jusqu'au bout.

Je veux juste vous dire aussi que mes relations sexuelles avec Firouz n'étaient pas basés sur mes phantasmes et que, hormis deux fois - un désir mutuel-, il ne m'a jamais attachée. Ces deux fois-là, tout s'est passé d'une manière normale et sensuelle. Aucun mot grossiers ou actes humiliants n'avaient été dits ou posés et je sais que je n'aurais pas tolérée de violence et que cela ne m'aurait pas excitée. Firouz était, au contraire, extrêmement doux et soucieux de me faire jouir au maximum. Tout le contraire de l'attitude qu'il adopte normalement dans le quotidien.

Je dois me resaisir à tout prix, car pour l'instant je suis en chute libre. J'ai tout donné à cet homme qui a eu beaucoup d'attentes envers moi, mais qui s'est permis de briser mes rêves en mille morceaux. Un de mes désirs les plus chers était justement de tout faire pour le rendre heureux et qu'il reçoive mon amour à bras ouvert et en soit touché et reconnaissant.

Merci de tout coeur de votre écoute.

Anam Cara

anam cara


Je ne sais que dire. J'ai très peur de me tromper dans mon analyse, ou de mal m'y prendre.

Je me sens confuse devant votre message. il me rappelle des choses que j'ai déjà vécu.

Votre "phantasme" d'être attachée, prisonnière, je le comprends. Le mien était d'être totalement manipulée, voire détruite. Chacun ses psychoses, l'essentiel étant de les connaître et de s'en débarasser.
Je me souviens que ma mère m'avair offerte une poupée barbie, je l'ai entièrement detruite. J'ai coupé les jambes, les bras, les cheveux, et lui ai arraché la tête. C'était sans doute ma manière de dire ma souffrance quand j'étais petite, de comprendre mon traumatisme. En effet, j'ai beaucoup souffert, mais je ne l'ai admis que tardivement.
Avec les hommes, j'ai un peu honte aujourd'hui, mais j'entretenais toujours de rapports de force, je ne concevais pas l'amour sans domination.
J'ai mis du temps à l'admettre, mais je recherchais des hommes incapables d'aimer, qui me detruisaient à petit feu.

Ce que je voulais vraiment, je ne m'en rends compte que depuis quelques années, c'est changer mon destin. Je voulais que quelqu'un à qui je donne la posibilité de me detruire ne le fasse pas. Effectivement, c'est comme ça aussi que j'ai pu m'en sortir. Mais il y avait plus simple, me rendre simplement compte que je ne méritais pas d'être détruite, que je m'aimais et me respectais.

J'ai l'impression que ce désir d'être enchaîné vous pousse. Mais je doute que ce soit ce que vous désirez vraiment. Ce n'est pas la route du bonheur.

Je ne sais pas ce qui vous a fait du mal au point que vous recherchiez aujourd'hui encore à être prisonnière, mais je pense que vous êtes sur le bon chemin en fouillant votre passé. J'aimerais que vous me parliez de votre passé, de vos parents...

Avec Firouz, vous êtes prisonnière d'un désir malsain. Avec votre mari, vous êtes prisonnière de votre culpabilité. Voila ce que je ressens en lisant votre message, avez vous réellement envie d'être prisonnière toute votre vie ?
Quand l'avez vous déjà été ?


Vous méritez d'être libre, mais j'ai l'impression que ça vous effraie. Libre, ça veut dire faire des choix, c'est peut être ça le plus difficile.

Qu'est ce qui vous fait peur ?

Encore une fois, je pose des questions tout en sachant qu'elles sont difficiles, j'espère que vous trouverez en vous les réponses, et qu'elles vous aideraint à vous sentir bien.

Je suis très touchée par votre sensibilité et votre confiance, je vous aime beaucoup,

amitié sincère,

Héléna.

Je suis complètement perdue

Bonjour Héléna,

J'ai l'impression de vous avoir laissé tombé en interrompant momentanément nos échanges.

Je ressens un malaise très profond. J'ai beaucoup de difficulté à me concentrer et je m'épuise à tenter de garder mon équilibre entre ma vie professionnelle, ma vie conjugale et les batailles que je me livre dans ma tête. Je ferais n'importe quoi pour retrouver la paix intérieure et vivre enfin dans le bonheur.

La raison pour laquelle je ne vous ai pas répondu jusqu'à aujourd'hui est tout simplement la honte d'avoir succombé pour la énième fois à la manipulation de mon amant. J'ai fait fi de nos différents et j'ai répondu à ses messages doux et tendres allant chercher en moi ce qu'il y a de plus vulnérable : mon besoin insatiable de sentir qu'il me désire éperdument.

À tout le moins, je lui ai avoué que je me suis rendue compte qu'il ne répondait pas à mes attentes et ne respectait pas mes sentiments. Il est donc conscient que je suis sur mes gardes. Je lui ai dit aussi que si nous nous complètons parfaitement sur le plan sensuel et sexuel, nous ne nous rejoignons pas sur beaucoup d'autres plans à cause de la difficulté à communiquer causé en majeure partie par son tempérament.

Héléna, je n'ai jamais parlé aussi franchement qu'à moi-même à une autre personne. Et vous êtes cette personne...

Je vous l'avoue, mon amant éveille en moi des pulsions si fortes que je ne peux m'imaginer pouvoir m'en passer un jour.

La semaine dernière, je regardais une émission sur le canal Discovery qui parlait de l'érection chez les hommes et de plus aspects de la sexualité chez les hommes. Un documentaire très intéressant explorant la sexualité au masculin d'une manière très ouverte et avec sensibilité. On y parlait entre autres du lien entre la grosseur du pénis et de l'orgasme au féminin. D'après ce documentaire, certaines femmes connaissent l'orgasme en étant stimulée à l'entrée de leur vagin et certaines autres en étant stimulées plus profondément (désolée, je n'ai pas retenu les termes médicaux). Or les femmes qui arrivent à l'orgasme en étant stimulées à l'entrée du vagin, c'est mon cas, vont préférer les hommes avec des pénis moins proéminents et moins longs... c'est le cas de mon amant. Par contre, mon mari est tout le contraire et je me rappelle qu'au début de ma vie conjugale, j'avais beaucoup de difficultés à faire l'amour, surtout pendant plusieurs jours consécutifs. Ceci pourrait être une explication plausible à mes problèmes sexuels avec mon mari.

Je me déteste, car je ressens beaucoup de culpabilité envers mon mari qui ne cesse de me montrer combien il m'adore, alors que mon coeur s'élance sans cesse vers un autre homme.

J'ai interrompu notre discussion au sujet du comportement abusif de mon amant, bien que ce soit exactement ce qui rend cette relation très malsaine, parce que je voulais vous avouer très honnêtement que j'avais succombé...

J'ai si peur de ce qui va m'arriver. De ce que je risque en n'agissant pas rapidement.

Héléna, vous m'avez demandé ce que j'avais ressenti lorsque mon amant m'avait traitée de prostituée.

D’abord, on ne m’avait jamais regardée de la sorte. J’ai toujours adoré les vêtements sophistiqués, les beaux imprimés très féminins, la lingerie féminine et les accessoires coquets. On me regardait plus souvent avec attendrissement, comme on regarde une jeune fille, plutôt que comme une femme fatale. Alors, lorsque Firouz m’a traitée de la sorte, il détruisit l’image que mon entourage reflétait de ma personne jusqu’à ce jour. De la "petite fille coquette", je passais au rang des femmes que l’on regarde comme des objets. Oui, je voulais lui plaire et je m’étais habillée d’une robe ajustée, de bas de nylon soyeux et de petites sandales. Mais, j’étais loin de penser que j’aurais l’air d’une prostituée ou d’une femme voulant provoquer l’attirance des hommes. D’ailleurs, je ne m’en croyais pas capable. C’est à cette époque que je commençai à expliquer ce genre de remarques de la part de Firouz par sa jalousie extrême. Comme il me trouvait attirante ce jour-là, il a dû s’imaginer que tous les hommes me regardaient et, d’une manière, il devait m’en vouloir d’attirer leurs regards et il m’offensa pour exprimer sa jalousie. Je ne le justifie pas; j’essaie simplement de comprendre.

Vous me faites m’interroger sur mon enfance qui, d’après moi, s’est passé d’une manière très banale. Par contre, j’ai toujours souffert de beaucoup d’anxiété, de cauchemars atroces (durant mon enfance) et d’hypersensibilité. Je me souviens, entre autres, de deux choses que je n’ai jamais pu vraiment m’expliquer.

Je me souviens d’un rêve qui me revenait très souvent étant jeune: Je rêvais de Bobino et de Bobinette. Dans mon rêve, j’étranglais Bobinette. Je ne sais pourquoi je le faisais. Quelquefois, elle symbolisait une personne plus âgée…

L’autre chose qui me terrifia de moi-même est que je jouais avec une poupée qui ressemblait à une Barbie, mais qui était 10 fois plus grande. Elle avait de très beaux cheveux bruns longs et avait un très beau corps proportionné. Ma mère me l’avait acheté car elle disait que je lui ressemblerais dans quelques années. J’avais à peu près 12 ans. Je m’enfermais dans ma chambre. Puis, je parlais à ma poupée d’une manière autoritaire en lui liant les poignets et les pieds et en la baîllonnant. Puis, une fois le ligotage terminé, je lâchais ma poupée de terreur en m’étonnant moi-même de ce jeu. Je me souviens que durant mon enfance, je devenais hystérique chaque fois que quelqu’un m’immobilisait physiquement.

Puis, adolescente, j’avais un fantasme qui en est encore un, et que je revivais souvent le soir avant de m’endormir. J’étais kidnappée et l’homme me gardais prisonnière dans une chambre, vêtue d’une très jolie robe longue, extrêmement seyante, les pieds et les mains liés. J’attendais que mon "amant" (pas Firouz) vienne me sauver. Aucun acte sexuel n’était commis dans ce fantasme. Je n’ai jamais parlé de ce fantasme ou de la poupée à qui que ce soit.

Héléna, je me rappelle aussi de la période de mon adolescence où j’ai gardé des enfants de tous âges. J’étais vraiment habile avec eux et je me plaisais de jouer à la mère. Je me rappelle qu’un jour que je gardais un bébé, je suis entrée dans sa chambre pour m’assurer que le bébé dormait bien et qu’il était au sec. Je n’avais pas approché le lit que je me mis à visualiser un bébé de quelques mois qui se faisait frappé sur les fesses d’une force assez forte pour le saisir et le faire pleurer. Je sortis de la chambre avant de m’être approchée du lit, le souffle court. Je n’acceptai plus jamais de garder ce petit bébé.

Je ne sais pourquoi je vous dis toutes ces choses, si ce n’est que pour faire remonter à la surface toutes ces pensées qui m’ont tourmentées pendant des années.

Peut-être n’y a-t-il rien à comprendre et que je devrais renflouer tout mon vécu dans mon fort intérieur et me tourner vers un futur dans lequel j’exigerai le respect de ma personne…

Enfin, je vous serais fort reconnaissante si vous me faites vos commentaires sur ce que vous avez lu dans mon message.

Héléna, vous êtes pour moi telle une perche qu’on me tend pour me sauver d’une noyade imminente juste en me donnant la chance de m’exprimer sur des sujets qui autrement ne seraient pas abordables dans un autre contexte.

En toute sincérité,
Anam Cara


anam cara


Cet homme ne prend pas en compte vos sentiments autrement que pour en profiter. Il m'apparait comme un homme misérable, qui manque enormément de confiance en lui. Il profite du fait que vous avez besoin de beaucoup d'amour, que vous ayez besoin d'exprimer beaucoup de sentiments, d'être écoutée.
Mon sentiment est qu'il vous fait du mal, et que vous vous cherchez à le changer pour qu'il n'en fasse plus. Mais veut il changer ?
En prenant en compte ce que vous m'en dites, je ne crois pas qu'il veuille ou même qu'il sache comment répondre à vos attentes, comment être quelqu'un de bien. Au fond de lui même, il en a certainement le désir, mais vous n'êtes pas sa mère.
Je crois sincèrement que vous méritez mieux.

Une autre chose qui me choque, c'est que vous remettez souvent en cause vos sentiments. Pourquoi ne pas les exprimer comme vous les ressentez. Dites quand vous êtes triste, il n'y a rien de honteux à être abusée ou à se sentir mal.

J'ai l'impression que vous revivez une scène déjà vécue avec Firouz. Comment ça se passait avec vos premiers petits amis ? Quelles difficultés revenaient souvent ?

J'ai l'impression que vous commencez à admettre peu à peu vos faiblesses. Certains sentiments remontent à la surface. Accueillez les, je crois qu'ils vous guident bien mieux que tout autre chose. Parlez moi du sentiment que vous epprouviez quand vous aviez la sensation d'être traitée comme une prostituée ?

Je ne trouve pas votre vie pitoyable, bien au contraire. Je la vois pleine de progrès, d'étonnement, d'apprentissages. C'est un peu une vie comme on en a tous une finalement, avec ses bas et ses mauvaises périodes, mais aussi avec ses joies et ses découvertes.
Et puis entre nous, je crois qu'il est temps de ne plus vous juger aussi sévèrement...

Vous êtes formidable, j'aime beaucoup vous lire,
je vous envoie le respect de soi même, la patience, l'energie de changer les choses. Je suis de tout coeur avec vous.

A bientôt, gros bisous,

Héléna.

Une impasse sans porte de sortie

Bonjour chère Héléna,

Rassurez-vous, vous ne posez pas trop de questions. Je ne vous cache pas qu'elles me poussent à regarder les choses telles qu'elles sont.

Pendant des années, j'ai laissé les autres décider de la validité de ce que je ressentais par rapport aux paroles qui me blessaient ou au comportement de certaines personnes à mon égard. "Elle est trop sensible." "Elle prend tout à coeur." Et pourtant, je me demandais toujours comment Firouz, par exemple, réagirait si je lui faisais subir ce qu'il m'a fait.

Je crois vraiment que la meilleure manière de mettre un terme à l'abus est de feigner l'indifférence, mettre le poing sur la table et sortir de la pièce, bref ne pas subir l'abus et laisser l'abuseur sentir qu'il vous a touché de quelque manière que ce soit. Surtout, ne pas donner de deuxième chance à moins que la personne se soit confondue en excuses pendant très, très longtemps. Malheureusement, j'ai subi l'abus, en fondant en larmes devant Firouz, par exemple, et j'ai fait la grave erreur de tenter de lui faire admettre que ce n'était pas bien ce qu'il me disait. Tant d'émoi pour finir par accepter qu'il s'était fâché et croire qu'il avait réalisé combien il m'avait fait mal. Une personne normale finirait pas s'excuser et vraiment accepter ses torts sans même oser dire que je l'ai provoquée ou abusé de sa patience. Car, même si j'aurais réussi à exaspérer quelqu'un, je ne crois pas que j'aurais mérité d'entendre les paroles comme celles que Firouz me disait.

Je me faisais du mal dans ce sens, Héléna. Bien que ne vivant pas avec lui, je le laissais me tourmenter et empoisonner mon existence, alors que j'aurais pu choisir d'être heureuse, sans me sentir coupable de l'être. Parce que Firouz me tourmentait surtout lorsqu'il me sentais devenir enthousiaste, spontanée, énergétique, etc. Très tôt dans ma relation, j'avais appris à me pas montrer que j'étais heureuse, par peur d'irriter Firouz. Combien de fois lui ai-je dit qu'il pouvait aussi être heureux et faire comme moi, profiter de la vie à tout moment. Combien de fois lui ai-je dit qu'au lieu d'être furieux parce que j'étais allé au restaurant, par exemple, de simplement faire la même chose.

Parfois, je l'appelais pendant une party or alors que j'étais au restaurant, simplement pour lui dire qu'il me manquait énormément. Un amant normal, aurait sûrement répondu spontanément qu'il souhaitait être à mes côtés et que je lui manquais aussi beaucoup. Mais, Firouz, n'appréciais même pas ce geste d'amour gratuit et me faisais sentir coupable de m'amuser alors que lui était assis à la maison à se morfondre sur sa vie qu'il n'essayait pas d'égayer. J'étais toujours désemparée dans ses moments et très triste qu'il n'ait pas apprécié.

Il me semble que Firouz ne peut endurer de me voir insouciante et heureuse. J'ai vraiment cru que c'est parce qu'il souffrait de ne pas partager sa vie avec moi, et je lui donnais beaucoup d'attention pour essayer de compenser. Mais, il réussissait à gâcher même les moments que nous passions ensemble.

Plus de sept ans à vivre ainsi, en ayant peur d'être heureuse simplement et en étant incapable de profiter pleinement des moments passés avec lui par sa faute.

Au début, il s'excusait assez rapidement lorsqu'il me faisait pleurer. Puis, il commença à se justifier : sa jalousie, ses problèmes financiers, conjugaux, sa maladie, etc. Puis, il a fini par tout blâmer sur moi. Je n'en finissait pas d'essayer de me remettre d'une dispute et de me réconcilier avec lui. Bien que ma vie avec mon mari était relativement saine et m'offrait des plaisirs et un confort que j'avais mérité à force de m'investir, je ne voyais plus rien autour moi. J'étais complètement accaparée par les frustrations de Firouz et sa colère de me voir vivre paisiblement alors qu'il aurait souhaité que je sois misérable comme lui. Malheureusement, il réussissa à me faire fondre avec lui, en une symbiose parfaite.

Et pourtant, j'ai tenté de lui faire vivre mon bonheur en faisant des projets ensemble. Un été, nous étions même allés en vacances tous les quatre. À ma grande déception, il n'avait pas goûté au bonheur et m'avait encore beaucoup tourmentée, alors qu'il était rongé par sa jalousie de me voir entrer dans ma chambre d'hôtel avec mon mari. Je le suppliais de profiter du moment et d'accepter les contraintes. Je lui disais que l'important était que nous étions ensemble et que cela relevait d'un miracle. Mes vacances, cet été-là, avaient été complètement gâchées par sa présence, alors que j'avais tant rêvé d'une telle occasion.

Il a aussi abusé de moi financièrement. Je me déplaçais toujours à Montréal, je m'occupais de louer l'hôtel, de payer les repas légers et le vin, etc. Dans la plupart de mes voyages, je me déplaçais soit en train, soit en avion. Chaque voyage me coûtait en moyenne 500 $. Quelques fois, je faisais des escapades d'un jour qui me coûtaient encore plus cher. Durant certaines périodes, il offrait de payer la moitié du tarif de la chambre. Mais, la plupart du temps, il se disait désolé de ne pouvoir contribuer. Je lui disais que l'important est que nous passions de bons moments ensemble. Je précise que je me déplaçais une fois tous les mois ou à peu près, à sa demande. Il ne cessait d'être de plus en plus exigeant et d'avoir des attentes déraisonnables.

Un jour, nous étions assis devant chez moi à Toronto. Il était venu me rendre visite avant de partir travailler pour un certain temps en Californie. Je ne voulais entendre que des paroles rassurantes, parler avec nostalgie de nos bons moments et nous dire mutuellement combien nous allions nous manquer. Nous étions silencieux et il fumait en regardant dans le vide. Soudainement, il eut un sourire narcois, et je lui demandai à quoi il pensait. Puis, il me dit qu'il était bien le seul homme à avoir le bonheur de coucher avec une si jolie femme qui en plus défraye les frais d'hôtel pour être avec lui. Cette courte scène resta graver comme une marque de fer sur mon coeur. Malgré tout, je continua à le considérer comme que j'aime.

Des millions d'autres incidents comme celle-ci sont survenus et m'ont fait figer de stupeur. Dans ces moments, je ne pouvais gérer mes émotions. Je lui disais, le souffle court, que je n'aurais jamais cru qu'il soit capable de me dire des choses pareilles, et il me disait que c'était des blagues et que je ne devais pas le prendre au sérieux.

Deux, trois fois, je l'attendais quelque part dans les rues de Montréal. Puis, j'entendais quelqu'un m'interpeler par des sifflements ou d'un ton qu'on emploirait pour une prostituée. Je me retournais indignée par ce manque de respect, seulement pour me rendre compte que c'était lui.

Un jour que nous étions à nous promener sur la rue Sainte-Catherine, il s'arrêta à une banque et je lui dis que je l'attendrais à l'extérieur. Ce jour-là, je portais un imperméable avec sangle qui montrait bien ma taille fine, avec des petites sandales à talons de 2-3 pouces et des bas de nylons couleur naturel qui découvrait ma cheville et mes jambes élancées. Je ne portais rien dans le coup qui était nu, sauf pour une chaîne en or et un pendentif très discret (ma robe sous l'imperméable était ajustée et cela donnait l'impression peut-être que je ne portais rien dessous l'imper, à son avis). En sortant de la banque, il s'approcha de moi encore avec son sourire narcois, pour me dire que j'avais l'air d'une prostituée qui attendait un client. J'en étais restée bouche bée de honte.

Une autre fois, nous nous étions disputé, et il me dit qu'il n'irait pas à l'hôtel où nous nous rendions à l'instant. J'étais si confuse et j'insistais qu'il vienne en souhaitant qu'il se calmerait. Il accepta de me suivre en me disant que ce serait la dernière fois. J'ai accepté sa décision. Pendant que nous faisions l'amour, tout se passa bien, mais j'hésitais entre jouir du moment ou pleurer. Lorsqu'il me reconduisit à la gare, il me demanda d'oublier ce qu'il m'avait dit et de revenir très bientôt. Je me mis à pleurer et à le supplier de ne plus menacer de mettre un terme à notre relation ainsi.

Hier, la semaine s'est terminé encore en pleurs, alors que, encore sous l'effet de choc de ce qui était arrivé au début de la semaine, je lui demandai encore de ne plus jamais me dire des paroles blessantes ou menaçantes. Poussée par le désespoir, je lui demandai de m'aimer inconditionnellement. Sur quoi, il répondit que je ne pouvais lui demander une telle chose. Ma tête se mit à tourner et je lui demandai s'il croyait vraiment m'aimer. Il me répondit que oui. Je lui répondit à mon tour que maintenant je pouvais le laisser tranquille et je raccrochai. Durant la conversation, il m'avait demandé de le laisser tranquille et de ne plus rappeler, car il refusait d'entendre et d'accepter ce que je lui disais. Il aurait accepter si j'aurais aussi accepter mes torts. Il mettait une condition pour ne plus utiliser les paroles qui m'avaient blessée. Mes sentiments n'avaient pas été validés.

Voyez-vous, Héléna, je voulais à tout prix vivre le bonheur avec Firouz. J'ai tout fait pour rendre cela possible. Je lui ai donné toutes les chances. Aujourd'hui, je me retrouve sans force, abandonnée par l'homme qui a été tout pour moi pendant les plus belles années de ma vie, et qui a abusé de mon amour impitoyablement et égoïstement.

Pour l'instant, j'ai très mal et je me résigne devant mon désespoir. Je déploie des efforts surhumains pour ne plus trouver la force de croire que tout n'est pas perdu avec lui. Pour l'instant, je me demande si je vais être capable de reprendre goût à la vie et si je vais vraiment faire mon deuil sincèrement et entièrement de cette relation. Pour l'instant, je me sens incapable de me dire que je ne l'aime plus et que je peux l'oublier, même si je sais qu'il n'en a jamais valu la peine. Quand je pense que ma vie, mis à part cette relation, a toujours inspiré le respect de mon entourage et que j'étais tout de même satisfaite de mes accomplissements.

Il est 09:50 et je suis assise au bureau à vous écrire mon histoire pitoyable, mais vraie.

Je sais, j'étire le sujet. Mais, je sentais le besoin de me rappeler des événements qui m'avaient marqués dans le passé comme pour me convaincre que cette relation était bel et bien abusive.

Héléna, j'avoue que je ne sais plus trop où j'en suis...

Anam Cara

Anam Cara


Je crois ce que je lis. Vous vous sentez abusée, vous l'êtes. Je fais parfaitement confiance en vos sentiments.
En lisant votre message, j'ai ressenti beaucoup d'émotions. Encore une fois, je vous confie ce que j'ai ressenti, vous me direz ce que vous en pensez.
J'ai senti une profonde tristesse à se faire du mal soi même, et je me demande pourquoi vous vous en faites. J'aimerais que vous me parliez de votre façon de vous faire du mal, des circonstances, de ce que vous sentez.
J'ai aussi senti cet espoir formidable, cet appel du bonheur. Je comprends que ça vous fasse vibrer. J'ai l'impression que la joie est bloquée par la peur et la culpabilité. Vous semblez douter de vous, ne pas savoir si vous êtes en droit d'être triste ou non. Je ne comprends pas. Pour moi, il n'existe aucune raison de douter de vous. Vous avez le droit de vous sentir victime.

J'aimerais aussi savoir dans quelles circonstances vous vous sentez coupable ?

Je pose beaucoup de questions, mais si vous préférez une autre direction pour avancer, faites, je vous suivrai.

Je suis de tout coeur avec vous, j'ai envie de vous voir heureuse. Donnez vite de vos nouvelles, et sachez que je vous adore !

Amitié,
Héléna.

Je veux...

Ma très chère Héléna,

Mon salut, je le sais trop bien, réside dans la manière que je répondrai à votre message. Je sens qu'à l'intérieur de moi, mes sentiments et ma raison se vouent une bataille impitoyable, à la lecture de votre message. Il est très difficile de comprendre ce qui m'arrive; c'est pourquoi bien des gens, conseillers et autres, ont eu beaucoup de difficultés à me regarder hésiter devant l'évidence même.

J'ai recommencé dernièrement à me parler seule et à repousser les pensées destructives ou négatives qui me viennent à l'esprit. "Non, je ne veux pas." "Non, ce n'est pas vrai." Je me surprends moi-même de mes batailles surgissant de mon inconscient. Comment expliquer cela à quelqu'un qui n'a pas vécu et vit encore ce que je vis.

Ma mère, elle-même, m'a très souvent répété que tant que je ne m'aimerai pas, personne ne me respectera et on abusera de moi de toutes sortes de manière. Si j'inspire le plus grand respect dans ma vie professionnelle et je sais m'affirmer et faire valoir mes idées, j'ai très souvent failli en ce sens dans ma vie privée. Mais, la personne qui en a le plus abusé dans ma vie d'adulte est Firouz. Il m'a fait très, très mal. Je me suis replié sur moi-même et je ne vivais qu'avec l'espoir de me réconcilier avec lui, dans l'attente d'une autre période idyllique. La roue de la violence ?

À l'aube de mes trente-six ans, je veux enfin être respectée. Oui, je le veux ! Je me rends compte que j'ai beaucoup donné dans ma vie sans rien attendre en retour et sans rien recevoir aussi (je parle surtout de Firouz). Je ne veux plus pleurer parce qu'on ne me fait pas justice ou parce qu'on a piétiner sur mes sentiments et mes convictions profondes. Je ne veux plus faire de compromis et passer l'éponge sur des événements qui m'ont marqués de peur de perdre son "amour". Je veux entendre quelqu'un s'excuser et demander pardon lorsqu'on m'a blessée.

Ce qui me fait peur chez moi, c'est cette tendance à me laisser imbibée de la frustration et de la colère des autres et les laisser me porter le fardeau avec eux ou entièrement. J'ai peur aussi de moi-même, car je sens toujours ce besoin de me faire mal. C'est comme si je me lacérais le visage jusqu'à ce que je saigne et que mes cris de douleurs puissent être justifiés aux yeux des autres et que ma vraie douleur puisse enfin sortir de moi. Ma vie entière le témoigne, surtout ma relation avec Firouz.

Je ne sais ce qui s'est passé ou ce qui m'est arrivé pour me causer d'être déchirée en deux. Mais, cela doit remonter à ma tendre enfance.

Non, je ne suis pas sentie respectée par Firouz. Il m'aimait à sa manière; à la manière d'un abuseur. Il utilisait des "stratégies" pour arriver à ses fins, me manipuler. Il utilisait même les menaces et le chantage. Je le savais et je lui pardonnais. J'essayais toujours de croire à un meilleur lendemain.

Aujourd'hui, j'ai perdu tout espoir de pouvoir vivre mon bonheur avec Firouz, car il est en incapable. J'ai éprouvé son amour dernièrement en partageant mes émotions et en lui disant comment il me faisait sentir par ses propos imprégnés de soupçons. Je lui ai dit que ma poitrine se serrait très souvent lorsqu'il invalidait ce que je disais en lui parlant de ma réalité. Malheureusement, il a refusé de m'entendre et m'a dit qu'il ne m'avait jamais fait aucun mal.

Je sais qu'il avait fixé une "date d'échéance", car il sentait qu'il me perdait, qu'il perdait son emprise sur moi, et voulait me brusquer dans ma décision, avant qu'il ne recommence à laisser sa colère remonter.

Ce que je veux de Firouz ? Qu'il admette tous ses torts, qu'il me voue un amour inconditionnel, qu'il accepte sa part de responsabilité dans la relation et qu'il ne me fasse plus jamais pleuré. Je veux aussi qu'il m'écoute sans vouloir me contredire et qu'il montre sa volonté de me comprendre. Je veux qu'il cesse de me menacer ou de faire du chantage. Je me rends compte que je demande l'impossible et que je dois m'y résigner.

J'ai tellement souffert et j'acceptais de souffrir pour vouloir me faire aimer et préserver une relation qui était en fait une relation de abuseur-victime. J'ai peur maintenant de tenter de le faire lâcher prise et qu'il me harcèle. Car je sais qu'il a encore besoin de moi. Mais, je ne veux pas qu'il me détruise davantage.

J'ai tout fait, absolument tout fait, pour tenter de lui vivre le bonheur. Pour lui faire goûter aux plaisirs de la vie. Même devant l'océan, il n'arrivait pas à trouver la sérénité et continuait à tourmenter son entourage.

Héléna, je ne sais si c'est normal, mais en écrivant ces lignes, je me mets à trembler et les larmes coulent tranquillement sur mon visage.

Ce que je veux : être heureuse et ne plus avoir peur de l'être. Aimer et ne plus avoir peur d'être déçue. Je l'ai trop aimé et d'une manière je l'aime encore. J'ai si peur de céder encore à ses stratégies astucieuses pour me regagner. Croyez-moi, si je pouvais espérer que Firouz puisse changer et ne plus jamais me traiter comme il l'a fait, je ferais n'importe quoi pour pas le perdre. Mais, je ne le laisserais plus me manquer de respect...

Héléna, dites-moi, je vous en prie, d'après vous, ai-je raison de dire qu'il a abusé de moi ? Étais-je vraiment dans une relation abusive ou vous le voyez autrement ?

Avoir tant aimé et se retrouver dans un impasse.

Héléna, merci encore de me soutenir en cette période extrêmement difficile de ma vie.

Anam Cara

anam cara


Je vous écoute parce que j'ai un profond sentiment d'attachement pour vous. On se ressemble d'une certaine manière, j'aime beaucoup votre sensibilité et votre façon d'être.

Je crois que nous arrivons au fond du problème. Je ne vois pas pourquoi vous ne mériteriez pas d'être écoutée. C'est une grande source de joie pour moi de le faire d'être touchée par les autres. Vous êtes quelqu'un d'exceptionnel, et d'humain, c'est ce qui fait votre valeur à mon sens.

Je suis touchée par certaines de vos paroles, qui me font réagir. D'abord, cette peur de vous même, le besoin de votre mari pour vous protéger, de vous faire sentir normale. J'ai l'impression que d'une certaine façon, vous ne vous aimez pas. Qu'est ce qui vous fait si peur chez vous ? Et si c'était cette colère rentrée. Je ne sais pas qui vous a fait du mal, mais je sais qu'il est temps de vous en libérer. Firouz est peut être là pour vous faire réagir, pour provoquer cette colère et ce sentiment de désir incontrôlable, et de vous donner de nouveau cette envie de vivre de façon plus saine et bénéfique pour vous même, comme une femme et plus comme une mère ou un enfant.
Ne pensez vous pas que la femme en vous est en colère ? Vous n'avez pas à tout admettre de lui. Vous êtes quelqu'un de bien, et vous devez apprendre à vous occuper de vous, à ne plus subir les frustrations des autres. Essayez de vous respecter totalement, vous le méritez amplement.

Qu'avez vous envie de faire avec Firouz, sans refléchir, sans imaginer de conséquences ?

Je vous fais confiance. Si vous êtes vous même, tout ira pour le mieux. Je vous embrasse bien fort, et vous envoie un grand rayon de soleil,

Héléna.

Comment ressentir la colere et non la subir ?

Bonjour Helena,

(je dois m'excuser pour l'absence d'accents dans le texte ci-dessous; j'utilise un clavier qui n'est pas francais)

Je suis en pleine crise, je n'arrive plus a fonctionner et j'ai pris une journee de conge aujourd'hui pour me retrouver seule et laisser mes emotions remonter a la surface de ma conscience. Je me sens completement epuisee, ebranlee et constamment au bord des larmes. Mais, je sais que tout cela est necessaire.

Lorsque j'ai lu votre dernier message, je me suis attardee sur le mot colere car, si j'avais subi maintes et maintes fois la colere de mon amant, je ne ressentais que de la douleur, de la deception et beaucoup de tristesse, lorsqu'il m'eprouvait emotionnellement. Et, c'est ce que je lui disais en essayant de lui expliquer comment je me sentais vis-a-vis son comportement. Souvent j'eclatais en sanglots et, au lieu de me prendre dans ses bras, il se fachait et me disait qu'il n'avait pas a endurer cela. Au telephone, il raccrochait pendant que je pleurais. Je lui disais que c'etait lui qui m'avait mis dans un tel etat, mais il n'acceptait pas ses torts. Durant ces moments, je me disais que s'il m'aimait il ferait tout pour ne pas m'offenser ou me faire pleurer par des paroles blessantes.

A chaque dispute, qui etait causee par sa jalousie ou son esprit soupconneux, je lui demandais comment il pouvait me parler de la sorte alors qu'il dit m'aimer. Puis, au bout de quelques heures, je tentais de lui parler encore de ce qui etait arrive. Je voulais me reconcilier et comprendre. Il s'excusait rarement et me disait qu'il avait parle ainsi parce qu'il s'etait mis en colere au sujet de quelque chose que je lui avais dit ou fait. Dans mon coeur, j'avais peine a accepter une telle justification. Mais, je savais que si j'insistais sur ce point la dispute reprendrait de plus belle.

J'ai tres souvent essaye de batir avec lui notre relation et d'etablir une base solide, mais de fois en fois, je voyais tous mes efforts s'effondrer par ses crises de colere durant lesquelles il s'attaquait a tout ce que nous avions bati. Par exemple, si nous nous etions reconcilies sur un point, il me crachait quelque chose au visage qui me faisait comprendre qu'il m'avait fait croire qu'on voyait un evenement ou une experience passee de la meme maniere, alors qu'il avait garde sa "theorie" dans sa tete.

Vous allez comprendre dans un petit instant, pourquoi je vous ai explique de quelle maniere se deroulait nos disputes.

Apres avoir lu votre message, je me suis dit que je devais le confronter a mes sentiments en lui disant que ce que je ressentais etait lie directement a son comportement a mon egard. Nous avons eu une des disputes les plus ameres et haineuses de toute notre relation. Je lui ai dit que je le trouvais egoiste et que je me sentais pressee par son insistance a faire bouger les choses rapidement. Il a refuse categoriquement d'accepter toute responsabilite vis-a-vis mon etat et, avant de me raccrocher le telephone au nez, il m'a menace d'appeler mon mari si j'osais le rappeler. J'ai tout de meme rappele pour lui dire que sa reaction n'etait pas celle d'un homme qui etait capable d'aimer. Puis, il m'a accusee de toutes sortes de choses, des choses que je croyais "classees" et je me suis sentie glisser dans un gouffre profond, confuse et incapable de gerer mes emotions devant une telle reaction irrationnelle. Il m'avait meme avoue qu'il avait fixe une date pour notre decision de vivre ensemble car il voulait me tester et avoir la preuve que j'etais serieuse. A la fin de la journee, il me demandait de passer l'eponge. Mais, pour moi rien n'avait ete regle.

Helena, un homme capable de ressentir une telle colere est aussi capable d'une tres grande douceur. Et je crois que j'ai investi sur ces moments de douceur qu'il m'offrait.

Ce que j'aimais ressentir avec Firouz ? Le soulagement de le voir me revenir et de me faire comprendre combien il tenait a moi. J'aimais ressentir son admiration, son attention et ses yeux me caressant de la tete au pied a m'en faire rougir. J'aimais comment il me faisait l'amour, car il savait exactement comment eveiller mes desirs et me faire gemir comme une chatte en chaleur. Au lit, il etait tres, tres doux et me laissait l'aimer en se soumettant a mes caresses et a mes jeux. J'aimais lorsqu'il posait sa tete sur ma poitrine en fermant les yeux.

Je ne cesse de rever a lui depuis quelques jours. L'avant-derniere nuit, j'ai reve que nous vivions ensemble. Il etait tot le matin et nous nous preparions a partir travailler. J'ai remarque qu'il avait de la difficulte a marcher (il souffre de la Parkinson). J'ai senti en moi un tres fort elan de compassion et d'amour. Je l'ai serre dans mes bras en l'embrassant partout sur le visage, et je lui ai dit d'un ton rassurant que je le reconduirais au travail. Il m'a regardee en souriant et m'embrassa.

Helena, croyez-vous qu'il y ait une explication pour mon incapacite a me mettre en colere contre quelqu'un qui me fait subir sa propre colere ?

Je dois vous dire qu'il a un frere qui habite aux Etats-Unis et qui est maintenant divorcee et n'a pas le droit de garde de ses enfants, car il violentait sa femme physiquement et verbalement. Il a ete en prison plusieurs fois pour cela. Firouz n'a jamais battu sa femme (ni moi), mais je crois et je DOIS m'admettre qu'il a abuse verbalement plus d'une personne, en l'occurence et surtout, moi.

Comment ai-je pu entamer une relation abusive, alors que mon mari est un homme aimant et tres respectueux ? J'ai si peur de moi-meme.

Helena, je ne sais pourquoi j'ai merite que vous m'ecoutiez, mais je vous suis profondement reconnaissante. J'aurais souhaite vous connaitre bien des annees auparavant. Vous dites etre avocate et je crois que vous faites honneur a votre profession que vous exercez comme une vocation, d'apres moi.

Merci de tout coeur,
Anam Cara (en pleurs)

Anam cara


J'ai ressenti la colére face à Firouz. J'ai ressenti la tristesse de la femme abusée, puis désabusée.
Je comprends ce que vous vivez. Je sais que c'est dur.
Je crois qu'il est temps de parler de vos émotions avec lui. Dites lui votre colère, votre sentiment d'être manipulée. C'est enervant qu'il vous pousse à prendre une décision importante vers lui sans même vous laisser du temps. C'est enrvant qu'il soit si égoïste.

C'est difficile de se rendre compte que l'on s'est trompé sans pouvoir être sûre que l'on ne refera pas la même erreur. Je crois que vous attendez beaucoup de vous même. Mais laissez vous ce temps qu'il ne vous laisse pas pour vous retrouver. Vous l'avez aimé. Ceci montre que vous êtes capable d'aimer, et c'est un don merveilleux. Vous avez cette chance, et ceci prouve que vous n'avez pas à culpabiliser de ne pas aimer Mohammad et d'avoir aimé Firouz. On ne choisit pas qui on aime, mais peut être faut il simplement apprendre à ne pas le subir non plus?

J'ai confiance en vous. Je ne vous vois pas comme une amante ou une femme abusée, je vous regarde, et je vois une femme qui a tout le courage et l'espoir pour s'aimer et se faire du bien.

Je sais que je pose des questions difficiles, mais qu'est ce que vous aimiez ressentir avec Firouz ? Seulement vos sentiments, simplement.

Je vous embrasse trés fort, et vous envoie ma reconnaissance pour votre sincérité, mon sincère attachement pour vous.

Héléna.

Mon cheminement des derniers jours

Bonjour Héléna,

Bien que j'aie lu votre message le jour-même où vous l’avez envoyé, je ne me sentais pas prête à vous répondre, comme si j'anticipais que j'allais entreprendre une tâche très difficile. En même temps, je vous suis si reconnaissante d'être à mon écoute.

J'ai, en effet, le pressentiment que ma vie va changer très bientôt, sans toutefois deviner quelle direction je prendrai. Les deux alternatives qui s'offrent à moi vont me forcer à accepter l'impecfection de ma relation avec l'un ou l'autre des deux hommes à qui j'aurai choisi de m'engager. Quant à opter pour une troisième alternative, repartir seule à zéro, me semble très plausible, surtout étant donné mon besoin de me retrouver et de faire le point sur mon vécu.

Vous me suggérez d'appeler les deux hommes en question par leur prénom afin de réveiller en moi mes sentiments profonds. Vous avez raison sur ce point. Mon amant se prénomme Firouz (signifie Victor en français) et mon mari Mohammad.

L'amour que je voue à Firoz n'a pas été ébranlé, même après les péripéties de l'année dernière. Mais, j'ai eu très mal de découvrir qu’il avait fait germer en lui une puissante colère et le goût de la vengeance qui étaient nés de sa conviction que je l’avais trahi en tombant enceinte (!!!). Lorsqu’il reprit contact avec moi, j’ai d’abord pensé que cette initiative était aberrante et d’une audace incroyable. Comment pouvait-il oser me demander si je m’étais bel et bien fait avorter et ensuite me demander s’il m’avait manqué? Mais, où était donc ma tête à ce moment lorsque je lui ai répondu que je n’avais pas cessé de l’aimer malgré tout? Car, même si c’était vrai, il ne méritait pas de l’entendre.

Je suis rendue au point où je veux être heureuse, simplement, et cesser d’avoir peur de perdre la personne que j’aime. Je veux aussi cesser d’avoir peur de partager mes émotions, mes opinions et ce que je vis au quotidien, sans risquer de rendre l’homme que j’aime extrêmement jaloux et soupçonneux au point où il me fait subir un interrogotaire serré qui me fait pleurer de rage et de douleur par la suite.

Depuis la semaine dernière, je ne cesse de sentir une grosse boule dans l’oesophage, comme si j’allais m’éclater en sanglots à tout moment. J’ai les yeux vitreux et j’ai beaucoup de peine à me concentrer. Les pressions que mon amant a exercé sur moi ces derniers temps m’ont vraiment beaucoup affectée. Je parle des pressions qu’il exerce pour me décider à tout quitter et refaire ma vie avec lui. Il me blâme de ne pas m’être décidée à partir déjà et je ne cesse de lui dire que je voulais d’abord sentir qu’il me fait confiance et qu’il ne me laissera pas tomber encore une fois. Je ne cesse de lui dire qu’au lieu de me brusquer, il devrait prendre le temps de m’aimer et adopter une attitude plus bienveillante et responsable à mon égard.

Je sais que je vais le perdre, car je me sens incapable de tout quitter pour un homme qui me fait pleurer et qui est rongé par sa jalousie. Je lui ai déjà confié que j’avais imaginé dans les moindres détails ce que j’aimerais vivre avec lui, si nous ferions ménage ensemble un jour. Je lui ai demandé s’il avait aussi des projets, des rêves qu’il voulait réaliser avec moi… Il m’a répondu que l’important pour lui était de partager sa vie avec moi, rien de plus. Je ne sais pourquoi, mais sa réponse m’avait déçue énormément.

Hier après-midi, nous nous sommes parlés au téléphone. Il me pressait encore de prendre ma décision. Je sentais mon souffle devenir de plus en plus court, tant j’étais angoissée et exaspérée d’avoir à lui répéter les raisons de mon hésitation. Puis, il me demanda des détails sur ma vie conjugale telle qu’elle est aujourd’hui. Je lui répondis pour la énième fois en toute sincérité qu’en surface nous n’avons pas de problèmes de relation; que le vrai problème réside dans mon coeur et ma tête, puisque je ressens un grand vide et que je ne suis pas attirée vers lui.

Sur quoi, il me répondit d’un ton très mécontent et plein de reproches que ma relation avec mon mari est la même qu’avant les événements de l’année dernière, tandis que lui, il ne couche même plus avec son épouse… J’étais dégoûtée par ses propos. D’abord, il (mon amant) a toujours eu une relation très amère avec son épouse, tandis que moi, j’avais de très bons rapports avec mon mari sur tous les plans, sauf au niveau des émotions et sur le plan sexuel. J’aurais juré qu’il aurait voulu entendre que mon mari me maltraitait d’une certaine manière. Je lui crachai au téléphone que j’avais l’impression que pour lui prouver mon amour, je devrai vivre dans la rue, manger des détritus et me faire traiter de prostituée.

J’ai eu très mal après cette "conversation", car il n’y avait pas d’amour dans ses propos, mais une jalousie maladive, destructive. Partir vivre avec un homme qui ne comprend pas ma souffrance, mes attentes? Non, je ne crois pas.

Il voulait à ce point brusquer les événements qu’il avait fixer une date limite pour prendre notre décision: le jour de ma fête, en octobre. Je lui ai dit que c’était injuste de me brusquer ainsi, puisque lui-même avait refusé pendant sept ans de parler de la possibilité de refaire notre vie ensemble. Sur quoi il me répondit, que si j’avais été capable d’accepter sa décision dans le passé, je devrais maintenant accepter sa décision présente de vivre ensemble !?!? J’avais l’impression d’étre un jouet dans ses mains. Et tant pis pour mes sentiments !

Héléna, ce genre de raisonnement me dépasse. Le manque de cohérence et de logique me terrifie et me font vivre une angoisse étouffante. Je ne peux simplement pas comprendre comment j’ai pu ne pas réaliser auparavant que son raisonnement était celui d’une personne dérangée.

Hier soir, il m’a envoyé un email me disant qu’il souhaitait que je m’étais calmée (!?!) et de prendre soin de moi. Je lui répondis par un seul message que mon coeur était brisé en mille morceaux et que je ne croyais pas être capable de les recoller.

Ce matin, il m’a envoyé un cours message pour me dire combien je lui avais manqué dans l’univers cybernétique… je ne lui ai pas répondu. Depuis quelques temps, je passais un temps fou en solitaire à la maison ou au bureau à attendre qu’il se mette en contact avec moi par e-mail. Lorsque je ne lui répondais pas ou que je ne lui envoyais pas de message, il faisait une crise.

Il y a trois ans, je lui avais envoyé un livre sur l’abus verbal en soulignant tous les passages ayant trait à mon expérience avec lui. Presque la totalité du livre était soulignée avec un marqueur jaune.

Je ne sais si je suis complètement libérée de son emprise. Mais, je sens que je respire mieux. Je me sens extrêmement exténuée. J’ai vraiment cru que j’étais immunisée contre sa violence, puisqu’il ne me l’avait pas fait subir pendant des années, hormis des choses très subtibles qui auraient dues normalement m’alerter dès le début.

La grande question est pourquoi ai-je été attirée par un homme qui me détruisait, alors que je ne suis pas attirée par un homme qui s’est écrié en pleurant "You were my baby and you killed it!" lorsqu’il a apprit que je l’avais trompé…

Héléna, je vous ai mis dans la peau d’une amante et d’une femme abusée. Je ne sais ce que vous avez ressenti, mais je vous serais très reconnaissante de me donner le fond de votre pensée sur ce que vous venez de lire…

Anam Cara

Je vous réponds demain matin...

Ma chère Héléna,

J'avais commencé à un écrire un message au bureau cet après-midi, lorsque j'ai perdu ma connection avec l'Internet.

Je termine d'écrire mon message demain matin...

Bonne nuit !
Grosses bises,
Anam Cara

anam cara


Bonjour âme soeur, ( c'est trés joli ), J'ai l'impression que vous vous rattachez à votre ancienne façon de penser. Les choses bougent en vous, ça me fait plaisir. Allez y sans peur, ce que vous trouverez en vous peut changez votre vie, et c'est angoissant. Mais c'est une nouvelle vie qui s'offre à vous.
J'aimerais vous ôter ces confusions, mais c'est impossible. Je vous propose de se concentrer sur chaque relation, celle avec votre amant, et celle avec votre mari, ( C'est l'ordre d'importance que vous semblez leur donner dans vos priorités). Néammoins, je me pose une question, pensez vous que votre amour pour votre amant vous fasse plus ou moins du mal que votre absence de désir pour votre mari ? Enfin, parlez moi du plus important à vos yeux.

Une deuxième chose me vient à l'esprit. J'aimerais que vous fassiez sortir vos setiments profonds. Peut être commencer par appeler les deux par leurs prénoms vous placerait sur un terrain moins théorique, moins détaché de vous même ?

Je vous souhaite beaucoup de courage, et vous envoie mon amitié sincère,

Je vous embrasse très fort,

Héléna

solitude

Bonjour Anam Cara,

Comme je vous comprends..la solitude est un besoin pour essayer d'y voir plus clair. Moi aussi j'ai besoin souvent d'être seule. Je m'isole dans la nature, je me profite du soleil, et je réfléchis par moment puis par d'autres moments j'aime contempler le silence autour de moi. Dans ces cas là c'est très apaisant.
Je pense que l'on est tellement mal que personne ne peut nous aider à part nous écouter parce qu'on a besoin de vider une boule pleine de tristesse..pleine d'accumulation de toutes nos émotions.
Le pire c'est que je vous comprends parce que je suis en train de me mettre dans une situation pas tout à fait similaire..mais...j'ai récemment fait connaissance avec un autre homme qui m'apporte un complément de ce que mon mari m'apporte.Je comprends que vous soyez perdu. Mais la solution est en vous. Il faudra surement du temps avant qu'elle n'apparaisse.
Je crois que pour le moment vous avez besoin d'être seule pour y réfléchir, c'est pour ca que vous ne voulez aucun des deux hommes en ce moment.
Partez en vacances au moins une semaine loin de tout...je suis sure que ca vous fera du bien.
Je ne peux pas vous dire ce qui est bien pour vous mais je vous donne mon avis sur la question.
Moi aussi je suis dans la position ou je ne peux prendre de décision parce que je n'ai pas les idées claires. Je sais que j'ai besoin de beaucoup de solitude et à la fois d'amour.
Vous connaissez ma situation. Et je n'arrive pas à me décider. En fait rien que de ne plus me ressasser tout ca dans ma tête et ne plus reflechir à vite prendre une décision me permet d'aller mieux et de laisser venir ce que je ressens vraiment. Puis tout devient de plus en plus clair.
Il faut du temps pour ca et vous devez prendre votre temps. Il faut que votre entourage comprenne que vous avez besoin de faire le point.
à bientot.

Blanche

Le chemin se rétrécit et devient périlleux...

Bonsoir Héléna:

Je suis vraiment arrivée à attaquer le vif du sujet avec vous et je continue d'apprécier que vous soyez à l'écoute. Une écoute active, mais non envahissante. Vos questions me montrent à quel point vous faites preuve de perspicacité.

Je crois être arrivée à la hauteur du chemin où il m'est de plus en plus pénible d'écouter ma conscience et de regarder la réalité telle qu'elle est et non telle que je souhaite qu'elle soit. Jusqu'à présent, je crois que j'ai assez bien réussi. Mais, c'est très douloureux ! Combien de fois ai-je fait le même cheminement dans ma tête, seule, nuit après nuit, en m'arrêtant exactement à cet endroit, incapable de reprendre la route, sauf en sens inverse.

...Y'a un bon moment que je regarde l'écran, devenue incapable d'y voir clair dans mes idées. Oui, je suis effectivement arrivée au point où il y aurait comme un blocage. Je suis incapable de me comprendre et cela m'effraie et me tourmente énormément. C'est justement à ce moment, que je souhaite très fort me retrouver seule, vivre seule et ne plus avoir à me culpabiliser et à me balancer entre deux hommes qui m'aiment chacun à leur manière.

Vous avez raison de déduire de mes propos que ma relation avec mon amant me tient en haleine à cause de l'incertitude du lendemain. Il faut ajouter à cela des années d'amitié et des années de relations amoureuses qui ont causé mon accoutumance et mon attachement comme dans le mariage.

Pourquoi ai-je développé des sentiments amoureux pour un homme qui me fait beaucoup pleuré, me fait entendre des paroles que je n'aurais jamais voulu entendre de sa bouche, me fait craindre de le perdre... Alors, que j'ai un mari qui m'adore et me respecte. Je me suis toujours étonnée de ne pas avoir des griefs contre mon mari tels l'absence de petites attentions, la coopération dans les tâches ménagères, etc., comme bien des femmes ont. Bien sûr, j'ai d'autres griefs.

Aujourd'hui, mon amant m'a téléphoné pour me dire qu'il ne peut plus se contenir et que je lui manque beaucoup. Or, il veut que nous fixions, que JE fixe une date approximative pour que nous nous décidions à tout quitter pour être ensemble en permanence. Nous nous étions disputés pendant deux jours et il m'a fait beaucoup pleuré cette semaine. Il tentait de m'expliquer que ses "crises" étaient dus au fait qu'il ne peut plus tolérer que je vive avec quelqu'un d'autre. Je secouais ma tête en l'écoutant, tant j'étais décontenancée par ce qu'il me disait. Je me suis acharnée au travail toute l'après-midi pour ne plus y penser, car je ne savais quoi penser.

Serait-ce possible, lui et moi ? Jouirons-nous d'une relation plus paisible et plus sereine une fois réunis ? Me sentirai-je en sécurité et en confiance en faisant vie commune avec mon amant ? Mettra-t-il fin à la relation si je décide de ne pas le suivre ? Je me rends compte que je ne veux pas le perdre d'une manière ou d'une autre.

Ce soir, mon mari voulait faire l'amour. Il a fermé la télévision, car je tardais devant, volontairement. Puis, nous l'avons fait dans le salon (sa mère est partie visiter son pays et je sais qu'il aime faire des choses inhabituelles dans ces moments). J'ai déployé tous mes efforts pour apprécier ses baisers, sentir sa peau sous mes doits et le sentir entre mes reins. Mes gestes, ma présence semblait lui plaire. Mais, moi, comme d'habitude, je n'arrivais pas à soutenir mon plaisir et ma présence d'esprit qui s'envolait encore une fois vers un autre homme. Si seulement je pouvais arriver à jouir de ces moments... Plus de dix ans à faire semblant. Je me déteste vraiment pour avoir vécu une vie à faire semblant alors que j'ai tant à offrir. Et, il est le premier à le mériter, alors que mon amant...

...mon amant, est comme le cheval sauvage que l'on essaie d'apprivoiser. Dès que l'on s'en approche (émotionellement), il galoppe en sens inverse. J'aimerais bien lui passer le harnais de l'amour, mon amour, et qu'il le reçoive en toute confiance pour que nous puissions cheminer ensemble et cesser de nous chercher.

Après nous être disputés pendant deux jours et que j'aie cessé de lui répondre, il m'envoya un message avec un proverbe turque (il est turque-iranien) disant que si vous avez fait fausse route, vous faites simplement marche arrière et reprenez le bon chemin. C'était sa manière bien à lui de me dire qu'il était désolé et qu'il cesserait de me tourmenter. Mais, combien de fois, ai-je aisément passé l'éponge. Peut-être devrais-je être plus "dure" et plus "ferme" avec lui. Mais, ce n'est pas dans ma nature.

Voilà exactement ce que je vis précisément à ce jour.

Seule... me retrouver seule. Mon seul vrai désir. Pour y voir clair.

Je dois aussi vous dire que j'ai si peur de laisser mon mari et de lui causer beaucoup de chagrin. Oui, je me sens vraiment coupable et je l'aime très profondément, sans attirance, tel un très grand ami.

Héléna, je suis désolée de piétiner sur place pour le moment. Mais, cela me soulage énormément de pouvoir écrire mes pensées tout en étant appuyée et guidée par vos réactions et vos questions.

Je vous en suis tellement reconnaissante et j'aimerais tellement en faire autant pour vous. Surtout, n'hésitez pas à vous confier à moi, si je puis vous être d'une aide ou d'un support quelconque. Sans vous connaître autrement que par notre correspondance, je perçois une femme très intelligente, sensible et humaine.

Écrivez-moi lorsque vous aurez un moment... Entre-temps, je vais faire fructifier nos échanges en réfléchissant à tout cela.

Dans l'attente de vos nouvelles,
Anam Cara (en langage celte, cela veut dire "Âme soeur").

anam cara


Votre vie, et plus particulièrement avec votre amant, semble faite de défi, de lutte. Or, cette lutte porte en elle une déception potentielle. En effet, s'il vous aimait simplement, y aurait il une telle attraction entre vous ? Ce qui fait la valeur de son amour n'est ce pas que justement, c'est un amour rare, qui ne dure pas et qui est instable, et que vous devez lutter pour l'obtenir? Peut être cette sensation de lutter pour obtenir ce que vous voulez vous donne t elle l'impression de contrôle de votre vie qui vous manque ?
Ce qui fait les bons moments entre vous, n'est ce pas que vous savez qu'il faut en profiter parce qu'ils vont s'arrêter ?
Je me souviens de la première nuit avec mon amant, moment d'une extrème passion, d'autant exacerbée par l'incertitude du lendemain.

C'est d'ailleurs ce qui définit à mon sens un amant, l'incertitude.
Je crois que cette incertitude, ce continuel sentiment de frustration et de déception qu'elle entraîne a du marquer votre vie dans le passé, d'une façon ou d'une autre. Vous la recherchez aujourd'hui peut être pour mieux la comprendre ou la dépasser.

Je me demande pourquoi vous ne désirez pas votre mari ? Peut être n'est il pas assez inquiétant ?

Qu'en pensez vous ?

Je vous embrasse très fort, et attends moi aussi votre message avec impatience. Je vous envoie le courage de refléchir et de ressentir la situation avec sincérité et clairvoyance, et toujours mon plus profond respect pour vous.

Héléna, qui vous comprends et vous aime.

Qui se ressemble, s'assemble...

Bonjour Héléna:

J'apprécie que vous m'ayez répondu si rapidement. Dès que je suis arrivée à la maison, j'ai ouvert mon ordinateur et connecté à l'Internet pour vérifier si vous m'aviez déjà répondu. Puis, je me suis versé un petit verre de vin blanc comme appéritif et j'ai lu votre message en toute tranquilité (ouf! Plus de d'appels téléphoniques, de secrétaires ou de collègues pour interrompre ma lecture.).

Je suis restée bouche bée devant tant de similitudes entre nos deux histoires ! Comme si j'avais écrit moi-même votre message. Le rapport de force, la relation mère-enfant, la manipulation, la distance psychologique nécessaire pour vous protéger. L'impression que votre inconscient vous pousse dans cette relation pour vous détruire, à votre insu, du moins pour un bout de temps.

Je me sens si meurtrie et si malheureuse d'avoir été l'objet d'une telle manipulation et d'avoir "jouer le jeu" pour maintenir la relation et ne pas le perdre. Il jouait avec mon coeur comme on joue avec un yo-yo. J'ai porté atteinte à ma personne en calant des pots d'aspirine avec une bouteille de vin, en marchant l'hiver des kilomètres (à Montréal, il me donnait souvent des lifts au travail. Lorsqu'on se disputaient en voiture, et qu'il persistait à dire des choses qui me faisaient très mal, j'ouvrais la portière et je sortais, peu importe où l'on se trouvait - cela ne m'était jamais arrivé avec mon mari). J'allais me cacher dans le fond de mon appartement et je ne prenais plus ses appels. À Montréal, il venait cogner à ma porte jusqu'à ce que les voisins ouvrent la leur par curiosité et que je m'aperçoive qu'il allait trop loin. J'ouvrais la porte et je voyais devant moi comme un gamin. Il me lançait une remarque puis repartait au lieu d'entrer chez moi. Il me semblait qu'il voulait simplement tester mes sentiments pour me rejeter aussitôt. Lorsque je suis au bureau, je cessais de répondre à ces messages. Mais, il finissait et finit toujours par me regagner. Dès que je suis accrochée, il s'enfuit en sens inverse, espérant que je le rattrappe. Croyez-moi, je suis très exaspérée de cette situation. L'ennui c'est qu'il ne semble pas s'apercevoir du mal qu'il m'a fait en jouant avec mes sentiments de la sorte et j'ai trop souvent accepté de le "reprendre" sans qu'il ne me fasse de vraies excuses. Sans qu'il ne me demande de lui pardonner.

Il m'a vraiment accaparée par ces enfantillages. J'ai perdu des heures de travail et de loisirs à essayer d'y voir clair et de comprendre. Puis, de nombreuses autres heures à tenter, mais en vain, de me faire comprendre par lui et de me réconcilier.

Lorsqu'il a repris contact avec moi en août dernier, je lui ai demandé ce qu'il a ressenti en me perdant. Sur quoi il m'a répondu qu'il se sentait comme un enfant (!!!) qui se sentait soudainement perdu sans la protection de sa mère. Il me voyait comme une personne invincible, prête à tout pour lui. D'ailleurs, il aimait beaucoup poser son visage entre mes seins pendant que je lui caressait les cheveux. N'allez pas croire que mes rondeurs le portait à prendre cette posture ! Je ne pèse que 110 livres et ne mesure que 5'2", avec 34 de poitrine; lui pèse à peu près 180 livres et mesure 5'10".

Comme je vous l'ai déjà mentionné, nous sommes toujours en contact et il insiste pour que je me décide à tout quitter pour refaire ma vie avec lui. Depuis hier, j'ai senti qu'il devenait à nouveau hostile et provocateur. Nous nous sommes disputés à cause de son insistence à parler contre mon mari, alors que je lui ai expliqué à maintes reprises que mes sentiments pour lui ne sont pas nés de ma mésentente avec mon mari et des mauvais traitements qu'il m'aurait fait subir (ce qui n'est pas le cas). Il insistait pour savoir quand était la dernière fois que mon mari et moi avions fait l'amour. Je lui répondis d'abord que je détestais ce genre de question, puis je lui répondis à force d'insistence que c'était dimanche soir tout en lui rappelant que je souffre beaucoup de ma relation sexuelle avec mon mari qui n'a rien à se reprocher, sauf le fait que je ne suis pas attirée à lui pour des raisons qui m'échappent totalement. Il m'a répondu d'un ton très frustré qu'il ne couchait même plus avec son épouse (il a vraiment une très mauvaise relation avec son épouse, et ce, depuis les tous débuts de leur mariage et bien avant que nous entâmions notre relation). Je lui répondis que nous ne pouvons comparer nos vie conjugales... Dégoûtée et exacerbée, j'ai fermé la ligne et je n'ai plus répondu à ses appels ou ses messages. J'étais tellement déçue de lui. Je souhaite tant partager seulement dans l'amour avec lui.

Héléna, j'ai imaginé dans les moindres détails ce que serait notre vie à deux et j'ai idéalisé cette image. J'ai imaginé l'avoir à mes côtés pour m'admirer, m'aimer et me faire l'amour comme il sait si bien faire dans nos périodes d'accalmie et de bonheur. J'ai imaginé lui être totalement exclusive et j'ai aimé la sensation que cela m'apportait. Dans un sens, j'ai besoin de me mesurer aux défis qu'il me lance et me poussent à mes limites. Je m'enlise dans la complaisance et la facilité. Mais, je sais qu'au fond cela me détruit à petit feu.

Je sais qu'il va tenter de me regagner et j'aimerais tellement résister. Dans mon coeur, je l'aime toujours, malgré tout. Ma tête essaie d'émettre des hypothèses valides sur ce que serait une vie à deux avec lui. Ma conscience me dit de garder mes distances car tôt ou tard il me détruira complètement.

Je vous laisse là-dessus pour l'instant en attendant de vous lire très bientôt. Pouvez-vous m'expliquer ce que vous entendez par ma déception qui ne me déçoit pas. Croyez-vous que ce que je ressens pour mon amant est vraiment de l'amour ?

Je dois vous dire que je me sens avancer tout en vous parlant...

Bonne soirée, Héléna

anam cara


J'apprécie beaucoup ces échanges. Je suis trés touchée de votre sincérité, et apprends beaucoup.
Vous aviez peur que je ne vous suive plus dans votre cheminement. N'ayez crainte, je comprends parfaitement. Ce que j'ai vécu est très proche de votre expérience.
Quand j'étais avec mon amant, j'étais en totale acceptation de ce qu'il pouvait faire, je me pliais à tous ses désirs. Finalement, je crois que j'aimais ça. Je voulais peut être me détruire. Il était lui aussi trés manipulateur, assez lunatique et très possessif. Ceci, bien évidemment, je m'en suis rendue compte après.
Je crois que ce qu'il cherchait, c'était que je le détruise, que je le rejette. Parce que ça voulait dire que je n'acceptais pas sa manière d'être, que je refusais d'être manipulée parce que ça me rendait malheureuse. Je crois qu'il attendait ça de moi parce qu'il a toujours été incapable de refuser cette manipulation ( en l'occurence de son père ).
Dés que je dominais, tout allait bien. Il ne fallait pas que je m'attache à lui sous peine de le voir fuir. Il ne s'estimait pas suffisament pour admettre que je puisse l'aimer. Il ne s'estimait assez que pour être manipulé, ce que j'admets avoir fait, bien que ce fut involontaire. Finalement, c'est peut être le plus grand service que j'ai pu lui rendre que de le quitter. C'est ma façon de lui prouver qu'on peut se respecter.

Quant à moi, c'est difficile de savoir exactement ce qu'étaient mes désirs au moment où j'étais amoureuse de lui. C'est assez confus. Mais je vais essayer.
Il y avait deus aspects à notre relation, on inversait les rôles selon les variations de notre attachement. Il y avait un enorme rapport de force dans notre relation.

Quand je dominais, tout allait bien tant que je supportais de moins ressentir.
e voulais me prouver que je pouvais faire le bien, je le protégeais en le voyant comme un enfant. Mais c'était très malsain. On n'aime pas un enfant comme on aime un homme, et je me lassais vite de ce petit jeu.

C'est là qu'il dominait. Je m'attachais alors plus à lui. Je me sentais sous son pouvoir, et je dois dire que c'est un désir qui m'a longtemps poursuivi. Je redevenais une enfant à mon tour.
Puis, ce jeu aussi me lassait. Je voulais plus, je voulais une relation entre deux adultes, entre une femme et un homme, et pas entre un parent et un enfant. C'est quand j'ai compris ça que j'ai tout arrêté. C'est quand j'ai arrêté de vouloir être un enfant ou une mère, mais une simple femme.

C'est peut être ça la dualité, le sentiment de dissociation que je ressentais. Je n'ai jamais vraiment été une enfant, mais jamais non plus une adulte. C'est peut être ce que j'aime dans mon travail. Il est basé sur la méthode, la volonté, le travail et l'aide des autres, mais aussi sur les émotions, les pulsions humaines, l'energie
Il m'aide à faire le pont entre les deux, et à trouver de plus en plus la femme en moi.

J'ai l'impression que vous vous débatez dans deux mondes. Votre mari et votre travail vous rassure, notamment sur votre normalité et votre volonté. Ce sont vos piliers.
Quant à votre amant, il révèle vos contradictions, vos pulsions destructrices et votre besoin d'être rassurée ?

J'attends votre message avec impatience, j'apprends beaucoup de cette discussion, qui me permet de parler de ce que j'ai ressenti parfois confusément.

Vous vous demandez pourquoi vous cherchez à être constamment déçue ? C'est peut être parce qu'on peut s'y habituer, et qu'au moins notre deception ne nous déçoit pas. C'est dur de changer. Et je crois que l'être humain est par nature hostile à tout changement. Heureusement, un peu d'espoir, un peu d'amour, et tout devient possible.

Je vous envoie le vol d'un oiseau, sa légèreté aérienne qui le transporte vers un nouveau monde, souhaitant qu'il vous inspire,

Enorme bisou, et tout mon respect,

Héléna.

Plonger dans mon univers intérieur

Me revoilà, ma chère Héléna, prête à confronter mes propres émotions et expériences, si difficiles à accepter même par moi-même.

Vous avez très bien cerné le caractère de mon amant. Il sait révéler mes désirs et mes attentes mais n’y répond que périodiquement. Chaque intermission est ponctuée par des crises de jalousie, des batailles verbales (discussion; pas de mots grossiers), des menaces de me plaquer, etc. Cette contradiction, ou devrais-je dire manipulation, malsaine, me fait très mal. Alors, je m’accroche à mes souvenirs de nos périodes plus heureuses et plus sereines. Je le supplie d’être gentil avec moi et de passer outre nos malentendus et guerre de mots pour ne vivre que notre amour. Il est extrêmement jaloux, à un tel point, que lorsqu’il me demande comment a été ma fin de semaine, j’ai de la difficulté à partager mes bons moments avec lui. Loin d’être heureux pour moi et de se contenter de me dire qu’il aurait souhaité être avec moi, il me fait sentir coupable et mal à l’aise d’avoir OSÉ me divertir… Alors, je lui dévoue tout le temps que je peux au téléphone, par courrier électronique, en m’organisant pour aller le rencontrer. Mais, il me semble qu’il n’en est jamais contenté et rassuré. Voilà pourquoi j’avais tiré la conclusion, il y a de cela sept ans, que nous serions mieux de vivre ensemble et de mettre un terme à cette situation invivable. Ce à quoi il avait répondu qu’il n’était pas prêt à quitter sa fille pour me suivre (raisons financières et son attachement pour sa fille). J’ai commis la grave erreur de me compromettre et d’accepter cette forme de rejet en devenant sa maîtresse.

Ma plus grande déception est de n’avoir pu empêcher mon coeur d’aimer un homme qui semble incapable de me rendre heureuse et au bord l’extase, sans m’abattre de temps à autre. Ma plus grande déception est qu’il se fait une image de moi qui n’est pas la vraie et me prête des mots et paroles que je n’ai jamais prononcés. J’ai l’impression qu’il n’accepte pas ma réalité telle qu’elle est et cela m’effraie. Il me pose des questions que je réponds en toute franchise et me fait sentir qu’il ne me croit pas. Il éprouve constamment mon amour et cela me rend à bout de souffle, incapable de me concentrer, de manger, etc. Puis, il insiste pour prouver ces théories sur moi en m’écrivant abondamment et en utilisant toutes les conversations téléphoniques pour discuter. Je ne cesse de lui dire de me laisser tranquille, mais il persiste. Jusqu’à ce qu’il s’épuise lui-même et finisse par me dire tout simplement d’oublier ça.

Ma plus grande déception est d’avoir cru en ses déclarations d’amour seulement pour l’avoir vu agir envers moi d’une manière non respectueuse. Ma plus grande déception est d’avoir tant souffert de son manque de courage à refaire sa vie avec moi et de l’avoir entendu me demander d’une manière hypothétique (c’est le mot qu’il a employé) si j’étais toujours prête à tout quitter pour le suivre. Il me posait la question après que nous nous soyons disputés et que j’aie montré une indifférence totale face à ses menaces et ses enfantillages. Je lui demandai pourquoi il me posait une telle question. Sur quoi, il me répondit qu’il voulait mesurer combien il m’avait perdue !

Ma plus grande déception fut de me déplacer à Montréal pour aller le rencontrer seulement pour le voir passer sa rage sur moi, se plaindre des complications et des remontrances de sa femme et me menacer de ne pas venir au rendez-vous. Il finissait toujours par venir me rencontrer, mais après m’avoir fait beaucoup pleuré.

Ma plus grande déception fut de le voir se séparer de sa femme à deux reprises et de retourner après avoir pleuré dans mes bras en me disant qu’il ne pouvait souffrir de se séparer de sa fille, et ensuite m’accuser de ne pas avoir sauté sur l’occasion et tout quitter spontanément pour aller le rejoindre. J’avais eu la décence de garder le silence et de ne pas influencer sa décision, car je voulais être certaine qu’il prenne la décision que son coeur lui dictait.

Ma plus grande déception fut de l’entendre critiquer le caractère et les qualités de mon mari d’une manière très amère et de me forcer à admettre qu’il ne me méritait pas… Je lui répétais sans cesse que mon amour pour lui n’avait rien à voir avec mon manque d’amour pour mon mari. Que mon mari était loin d’être stupide, abusif, contrôleur, etc. Exaspérée, je lui demandais s’il préférait que je l’aime par dépit. Bien entendu, il restait perplexe et se taisait. Cela me dégoûtait au plus haut degré et me faisait souffir d’entendre de telles sottises au sujet de mon mari (là est la confusion).

Ma plus grande déception fut de me retrouver à Montréal sans mon mari, le jour de notre anniversaire de mariage en compagnie de mon amant qui m’a fait la tête toute la journée. Je m’étais réfugiée dans un café toute la soirée en noyant mon déchirement et mon désespoir. Puis, je suis retournée chez mon amant où je séjournais. En sonnant à la porte, il me demanda d’attendre dans le lobby. Il vint me rejoindre et me conduit dans un appartement tout vide. Il m’enlassa, me posa par terre, me plaça à plat ventre, puis me pénétra. Ensuite, il me demanda de répéter "you are fucking a beautiful girl". Ce que je fis tout en étant dégoûtée et en pleurant. Mais je le fis sans broncher. Puis, on se releva, et nous retournâmes chez lui, lui marchant devant moi, ne m’aidant même pas à marcher alors que j’étais ivre (j’ai très rarement été ivre dans ma vie; peut-être trois fois et toujours reliées à ma relation avec mon amant). Avant d’ouvrir la porte de son appartement, il me regarda d’un air sarcastique en me disant "Bon anniversaire de mariage".

Ma plus grande déception fut de pleurer dans ses bras et de me voir accusée de m’ennuyer de mon mari, etc., alors que je pleurais car je souffrais de son rejet, de ses doutes envers moi, de son incompréhension, de ses réactions déconcertantes.

Ma plus grande déception fut de le voir quitter le pays temporairement en ayant accepté un contrat hors du pays et en causant notre séparation, après m’avoir maintes et maintes fois suppliée de ne jamais le laisser tomber. Je l’ai attendu et nous avons repris la relation après cinq mois de séparation.

Ma plus grande déception fut de voir combien il était épouvanté à l’idée que je tombe enceinte, alors que je traduisais cela comme un manque d’amour et de l’égoïsme.

Ma plus grande déception fut de réaliser que mon amant ne m’offrait pas son support et sa compréhension dans les moments où j’ai senti que j’avais besoin de lui.

Mais la déception de ma vie fut lorsqu’il dénonça notre relation amoureuse de sa propre bouche et coopéra avec sa femme pour me détruire et tout faire pour que mon mari me laisse tomber.

Héléna, je crains de vous effrayer par mes propos soudainement plus "tordus" qu’à l’ordinaire. Mais, je me trahirais si je ne vous confiais pas ces pensées qui font partie de mon vécu.

Les périodes d’accalmie étaient vraiment sensationnelles. C’est ce qui entretenait le cercle vicieux. Il a répondu à mes désirs de me sentir admirée, désirée et complimentée sur ma personne et mon caractère. Il a aussi su me faire gémir de plaisir et me découvrir une sensualité et des talents d’amoureuse. Avec lui, j’ai réalisé mes fantasmes un à un et cela m’a libéré et m’a ouvert de nouveaux horizons. Il m’a aussi fait connaître les sentiments maternels, bien qu’il n’ait pas voulu de ces grossesses.

Mes besoins ? Retrouver la paix intérieure et ne plus avoir peur d’être heureuse, ne plus craindre d’être déçue par celui que j’aime ou apprendre à aimer celui qui m’aime telle que je suis. Pour l’instant, il me semble qu’il est impossible d’être pleinement heureuse avec mon mari sans mon amant, et vice versa.

Je voudrais tant trouver le courage de quitter mon mari et ne plus voir mon amant afin d’y voir plus clair. Je suis à bout souffle. J’aurais tant voulu que mon amant me prouve son amour à travers toutes nos épreuves… Mais lorsque je sentais le vide sous mes pieds et que personne ni même moi ne croyait en moi, c’est mon mari qui me soutenait. Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce qui peut causer un tel déchirement en une seule personne ? Qu’est-ce qui me fait fuir l’amour de mon mari et me jeter aveuglément dans les bras d’un amant insensible et manipulateur ? Qu’est-ce qui fait que je sens encore mon coeur appeler le nom de mon amant et non celui de mon mari ?

Je crains que vous ne me suiviez plus dans mon raisonnement de plus en plus tortueux. Mais je me dois d’aller au bout de mes émotions et de faire face à mes expériences souvent traumatisantes pour enfin découvrir la vérité au fond de mon coeur.
Bon, je dois me remettre au boulot. L’ironie dans tout cela est que ma vie professionnelle est impeccable et très enviable. Personne ne se douterait du drame intérieur que je vis présentement. Combien de fois ai-je entendu mes collègues me complimenter sur mon approche face aux problèmes, mon enthousiasme, mes idées, ma perspicacité, etc. Encore une preuve qu’il ne faut pas se fier aux apparences et que le cordonnier est souvent le plus mal chaussé ! (?)…

Ce fut extrêmement difficile d’écrire ce message. Mais je suis soulagée que j’aie pu le faire. Merci de m’avoir lue. J'espère avoir le privilège de lire vos réflexions face à un tel recit.

Je vous envoie aussi beaucoup d'amour avec toute ma reconnaissance.
Anam Cara

merci

Bonjour Anam Cara

Et merci beaucoup d'avoir pris le temps de si bien me répondre et d'avoir si bien partagé les émotions face à cette dure épreuve.

Vous lire m'a faite énormément de bien. Je vous en suis énormément reconnaissante. Ne vous détestez pas Anam Cara lorsque vous vous regardez dans le miroir, car vous avez une très belle Âme!

Encore Merci de vos écris et encouragements, cela me porte vraiment à la réflexion.


J'aime la profondeur de votre être!

En toutes simplicités

Arianne

Matière à réflexion....

Ma très chère Héléna,

Votre intelligence, votre approche non envahissante et non biaisée, votre ton respectueux et nos échanges sobres me font le plus grand bien... C'est l'ambiance rêvée pour s'ouvrir, se confier et regarder la vérité en face. Je ne veux surtout pas abuser de votre amitié et je me confierai à vous tant que vous souhaiterez être à l'écoute et que vous aimerez me lire. Je suis certaine que vous avez vos raisons de vous intéresser à mon histoire.

Vos questions me font vraiment réfléchir...

Je vous répondrai sous peu pour partager avec vous les pensées qui ont émané de cette réflexion.

Amicalement,
Anam Cara

Écoute ton coeur et ta conscience...

Ma très chère Arianne,

D'abord, je tiens à vous remercier de tout coeur de vos encouragements, votre respect de mon expérience de vie et vos compliments à mon sujet. Cela se prend bien à un moment de la vie où je me sens vraiment les jambes fléchir devant l'énormité de ma situation.

Vous jugez ? Ah non, ma chère amie, car je comprends très bien ce que vous vivez et ce que vous ressentez jour après jour, pendant que votre embryon se transforme peu à peu et s'accroche de plus en plus à la vie. Je l'ai vécu par deux fois plus intensément peut-être qu'une maternité qu'on peut mener à terme, car je savais que les jours de cet être étaient comptés, alors je les savourais comme une condamnée à mort. Désolée, mais j'essaie de partager avec vous exactement ce dont je ressentais pour vous permettre de mieux comprendre et d'en tirer vos propres conclusions.

Lorsque j'appris que j'étais enceinte du premier bébé (en 1993), j'entâmais ma relation avec mon amant. Je lui annonçai sans hésiter et sa réaction fut très négative. Il me poussa à choisir entre laisser mon mari et déménager très, très loin ou me faire avorter. Il était complètement hors de lui. Il me menaça, d'une certaine manière, de tout raconter à mon mari, si je me décidais à garder le bébé et rester avec mon mari. Le temps me manquait, car il fallait agir vite. Toutes les nuits, je restais éveillée et je caressais mon ventre en pleurant en silence et en parlant à mon bébé.

Puis, j'ai réalisé que je n'étais pas prête à me retrouvée seule dans un endroit étranger à tenter de survivre et de m'occuper de mon enfant. À cette époque, j'étais très éprise de mon amant et je ne voulais pas le perdre. J'étais très déçue qu'il rejète l'enfant et ne se décide pas de me suivre... je me suis retrouvée dans un impasse. Je me suis fait avortée, seule et dans le grand secret. Mon amant n'était même pas présent à l'avortement. À la clinique, lors de la procédure, j'ai crié "Non, ne m'enlevez pas mon bébé !" Ils ont interrompu ce qu'ils faisaient. Une des infirmières a quitté la salle en pleurant et n'est jamais revenue. Je lui ai dit que j'étais désolée, mais que je devais crier mon désespoir et ma douleur maintenant, si je ne voulais pas sombrer dans la folie.

Le jour suivant, mon amant m'a téléphoné pour m'entendre dire que c'était fini. Je l'ai senti soulagé de m'entendre dire oui, mais j'étais déconcertée de son manque d'empathie. Le jour d'après, il me suppliait de ne pas le laisser tomber... et je lui ai dit avec des larmes aux yeux que je n'avais même pas penser une minute de le laisser tomber... Je m'aperçois aujourd'hui que mes propres désirs et émotions passaient en dernier de tout.

Le deuxième avortement, l'année dernière, s'est déroulé dans le chaos totale. Tel dans une ville bombardée. Lorsque j'ai appris que j'étais enceinte, j'étais alors séparée non officiellement de mon mari, puisque je vivais à Montréal, mon instinct maternel encore meurtri par la perte du premier, me fit réagir d'une manière plus irrationelle (?) que la première fois. Pour quelques jours, j'ai annoncé tout bonnement à mon mari que j'étais enceinte. Je savourai mes nouvelles sensations de femme enceinte et veillai sur mon bébé pendant la nuit en lui parlant et en caressant mon ventre. Je lui demandai pardon dès maintenant si je ne réussisais pas à le garder. Mon mari pris la nouvelle d'une manière posée et prudente, mais il m'a dit que cela était fort peu probable, puisqu'il ne pouvait engendrer, selon les médecins. Il m'a dit que je devais encore m'imaginer enceinte, mais il ne m'a pas contrariée ou insisté. Après quelques jours, ne pouvant mentir à mon bébé et à mon mari à ce sujet, j'ai décidé de me confesser à mon amant en lui annonçant la nouvelle. Il était chez moi. Je lui ai dit aussi que j'avais laissé entendre à mon mari que j'étais enceinte, mais qu'il s'attendait à ce que je lui annonce que c'était une fausse alarme.

Mon amant fut pris de panique et sortit de chez moi. Le soir même, il me téléphona et me menaça. Je lui répondis que je voulais son soutien et qu'on prenne une décision ensemble. Il continua de me menacer. Désespérée, je lui dis qu'il ne pouvait me traiter ainsi et que je prendrais ma décision seule. Il répliqua en dénonçant absolument tout à son épouse et à mon mari.

Mon mari me donna le choix de me faire avorter et de rester avec lui ou de le quitter et de garder l'enfant. Il me dit qu'il respecterait mon choix, puisqu'il savait combien je voulais avoir un enfant et qu'il ne pouvait pas m'en donner un. Il me demanda si le père en voulait et je lui dis que non. Sur quoi, il me répondit que c'était peut-être mieux que je me fasse avorter, puisque le père de l'enfant ne me laisserait jamais tranquille et ferait peut-être en sorte que la Cour me prenne l'enfant et lui remettre sous sa garde. Terrifiée par une telle possibilité, je me décidai de me faire avorter pour une deuxième fois. Le jour de mon avortement, mon mari m'accompagna, m'entendit crier, courra vers la salle d'attente à mon secours... À ma sortie, il m'attendait avec des fleurs. Pendant les prochaines semaines, je subit toutes les attaques de mon amant et son épouse, les interrogatoires serrés de mon mari encore sur le choc de la nouvelle concernant ma relation... Encore une fois, je ne pouvais même pas me payer le luxe de vivre mon deuil et de panser mes blessures encore plus profondes que les précédentes et qui sont toujours ouverte aujourd'hui.

Ma chère Arianne, mon expérience diffère de la vôtre en ce sens que mon amant ne voulait pas les enfants et qu'il n'aurait jamais accepté que je garde les enfants et les fasse passer pour ceux de mon mari, chose que je n'étais pas prête à faire subir à personne. De ton côté, tu es libre et ton copain t'offre son support moral et sa volonté de vivre sa paternité. Tu as le bonheur d'exercer ton droit de femme et de choisir ton destin et celui du bébé. Une décision que personne d'autre que toi ne devrait prendre...

Écoute ton coeur et mesure tes forces. Je suis certaine que ta conscience te soufflera la réponse à l'oreille.

Bon courage,
Anam Cara

Castor... Merci.

Mon cher Castor,

Je vous remercie encore de tout coeur de votre soutien et pour avoir partagé votre témoignage, plus précieux que n'importe quel conseil...

Tous mes voeux de bonheur à vous et votre compagne.

Au plaisir de vous lire dans d'autres discussions,
Anam Cara

à Anam Cara

Bonjour Anam Cara

J'ai suivi pas mal votre histoire dans plusieurs rubriques de ce forum. J'aime bien l' analyse et le cheminement psychologique que vous poursuivez face aux évènements que la vie à mis sur votre chemin. Vous êtes sur le chemin de la libération. De plus, j'observe chez vous de belles qualités en relation d'aide: respect, authenticité, humilité.

Le sujet que j'aimerais aborder avec vous concerne les 2 avortements que vous avez subits. J'espère ne pas vous faire revivre de mauvaises émotions en voulant parler de cela et si vous ne vous sentez pas confortable, je le comprendrai très bien! Si je veux avoir votre témoignage là dessus, c'est que moi aussi, je me suis faite avorté, il y a de cela 4 ans. J'étais en couple depuis 6 ans et avait déjà une petite fille. Mais j'entreprenais des études en psychologie et mon couple du temps n'allait pas très bien. D'ailleurs je me suis séparée 1 an après.

Là, le même scénario se présente. Je suis au bord de la séparation d'une nouvelle relation et je viens d'apprendre que je suis enceinte. Je ne travaille pas encore et termine une maîtrise. Là je ne sais plus quoi faire ? J'étais en couple depuis 1 an.

Au fond de moi, j'aimerais garder cet enfant, il me semble que je serai bien l'éduquer même seule! Mais en même temps cela me fait très peur, les problèmes financiers par exemple. Je veux lui donner tout ce que je peux lui donner.

Je dois dire que j'ai beaucoup de difficulté à prendre une décision. Je me sens outiller psychologiquement pour prendre soin d'un bébé. D'ailleurs, j'ai quand même de l'expérience, j'ai une fille que je garde présentement en garde partagé et je suis très fière d'elle. Elle représente tout ce que je voulais. Elle est brillante, studieuse, discipliné, respectueuse. Elle va à l'école privé.

Là je ne sais plus. Il y a mes ambitions de carrière d'un bord, la vie que je veux avoir,mon idéal que je poursuis et donner naissance à un être humain dont je serai le guide dans la vie et l'aidera à devenir adulte et lui donner un cadeau : LA vie!

Je suis troublée par des questions existentielles, déformation professionnelle oblige aussi. Le choix de mon premier avortement a été très difficile, ces questions étaient là aussi.. mais je l'ai fait pareil, parce que j'ai pensé à moi! Là l,histoire revient...Finalement, je me sens pas plus avancer...Lorsque je visualise, il me semble que je me vois très bien à m'occuper d'un bébé, je me sens psychologiquement prête et heureuse même, je sens que je vais bien l'éduquer, selon mes valeurs et mon style de vie et je sens que cela fait parti de mon idéal aussi. Je me dis au fond, qu'est ce qui m'empêche dans le fond de le garder. Je sens que cela va m'apporter quelques choses au contraire et ne vas pas nuire nécessairement à mes projets d'avenirs.

Mon copain est au courant, lui, il est contre l'avortement et veut bien prendre ses responsabilités. Mais il n'ai pas en meilleurs situations financières. ALors de se côté je m'attend pas à beaucoup d'aide de sa part! Mais, il pourra y avoir des arrangements pour les droit de visite.
Comment as-tu vécu cela toi ? et qu'est-ce qui t'a décidé vraiment à te faire avorter? qu'elles étaient tes peurs? Ton mari aurait-t-il accepter cet enfant ? etc...

Je sais que ce sujet est très délicat mais espère ne pas être mal jugée pour autant!


merci de me répondre

anam cara


Désolée de n'avoir pas répondu avant, mais je suis sur un dossier important, qui est bien difficile à déméler.

Je vous propose de marcher au feeling. Je vous dis ce que je ressens par rapport à votre histoire, et vous me dites ce que vous en pensez.

J'ai l'impression que vous recherchez avec votre amant à être constamment déçue. Il m'a l'air d'un homme qui révèle vos désirs, vos attentes. Mais comme vous n'acceptez pas ces désirs, vous choisissez un homme qui n'est pas capable d'y répondre pleinement, ou alors, de façon épisodique. J'ai l'impression que vous cherchez à être déçue, comme pour vous dégouter de ces même désirs ?
Ainsi, je me demande si vous vous souvenez de la plus grande déception de votre vie ?
Quels sont vos désirs ? Et quels sont vos besoins ?
Enfin, vous sentez vous capable d'aimer passionément un homme qui vous aime ?
Croyez voue que ce soit possible avec votre mari ou avec votre amant ( pris séparément ) ?

Je sais; je pose beaucoup de questions et donne peu de réponses, déformation professionelle sans doute...

En tout cas, je suis là, et j'attends votre réponse avec impatience. J'aime beaucoup vous lire.

Je vous envoie toute mon amitié, mon respect profond et beaucoup d'amour,

Héléna.

Ne change pas !

Anam Cara,
Ton dernier message est vraiment touchant. Tu es une femme de coeur et authentique. Reste telle que tu es. Fait ton chemin et je suis sur qu'un jour ou l'autre tu trouveras l'apaisement.
Quand à une thérapie, il faut vraiment la commencer quand tu te sens prete à le faire. Moi j'ai attendu 15 ans pour décrocher mon téléphone. Il fallait ça. Aujourd'hui non seulement je ne regrette rien de ce que j'ai fait, mais je me sens moi-même, plus que jamais. Je peux dire que je bati mon couple avec 18 ans de retard. Mais quelle aventure !
Je te souhaite tout le bonheur possible. Garde espoir et surtout crois en toi.

Amitiés
Castor

Une question très pertinente

Bonjour Nimia,

Lorsque l'on sent que notre coeur s'éprend pour une personne et toutes les lois morales nous séparent, cet amour devient instantanément un drame, une tragédie, une fatalité. On est maudit au moment où on se rend compte que ces sentiments sont plus forts que notre conscience. On se bat le plus longtemps que l'on peut. On résiste de toutes nos forces contre les pulsions de notre corps et de notre coeur. Pour moi, cela a duré quatre années. Quatre années à côtoyer mon amant amicalement tout en souffrant de mon trop-plein d'amour qui me coupait le souffle.

Puis, je me suis laissé m'abandonner à mes sentiments et ce fut le début d'un autre drame. La pire chose qui pouvait m'arriver était de réaliser les limites de cet amour, lorsque mon amant a démontré son manque de courage à tout quitter pour me suivre. Le plus aliénant dans cette relation, est que je suis demeurée sa maîtresse malgré tout, incapable d'imaginer ma vie sans lui. Le plus déchirant fut lorsqu'il fut pris de panique en apprenant que j'étais enceinte de lui et qu'il nous a dénoncés de sa propre bouche après avoir gardé la relation secrète pendant sept ans. J'aurais cru que, tout comme moi, il aurait réalisé que c'était un signe du destin. Un homme en amour avec une femme ne désire-t-il pas un enfant d'elle ? Le plus triste est que mon amour a résisté à cette réjection, à cet incapacité de mon amant d'aller contre vents et marées pour moi.

Lorsque je me suis mariée, Nimia, j'ai même confié à ma mère que ce n'était pas le grand amour, mais que je voyais dans mon fiancé, un compagnon idéal possédant une intelligence, une maturité et un solide fondement moral. Il me témoignait beaucoup de respect et me regardait avec des yeux protecteurs et aimants.

Bien que j'aie eu des relations sexuels avant mon mari, entre l'âge de 18 et 19 ans, je ne me suis jamais sentie attirée envers mes partenaires et je n'ai jamais tombé en amour avec aucun homme. D'ailleurs, je n'ai jamais été attirée par les garçons de mon âge. Ce fut aussi le cas avec mon mari, sauf l'immense respect que j'avais envers lui.

Je me suis vraiment découverte des désirs et une sensualité extrême lorsque j'ai entamé ma relation amoureuse avec mon amant. Tout mon corps et mon âme n'ont gémi que dans ses bras depuis.

Faut-il croire aux recherches scientifiques qui explorent la chimie des corps humains. J'avais regardé un documentaire dans lequel on disait que les sécrétions de notre corps envoient des signaux aux autres être humains. Parfois, les signaux se rejoignent parfaitement entre un homme et une femme qui se sentent mutuellement attirés. J'avoue moi-même sentir mes jambes fléchir chaque fois que je me rapproche de lui. J'aime m'allonger auprès de lui et sentir son corps viril sous mes doigts et sa moiteur émanant une odeur salée, étrangement agréable pour mes sens.

Sommes-nous fait l'un pour l'autre malgré tout ? Ma tête me dit qu'il ne me mérite pas après ce qu'il m'a fait. Mon coeur me dit que je ne peux me passer de lui. Le problème c'est que je suis une femme mariée...

Merci de me lire Nimia et de m'offrir votre compréhension.

Au plaisir de vous lire sous peu.

Anam Cara

Se découvrir à travers les yeux des autres

Cher Castor,

Plus je fréquente ce site et plus je me rends compte que je ne suis pas seule à avoir vécu une telle situation. Et cela m'encourage que tous et chacun ont tôt ou tard su se libérer et se redécouvrir. Je suis loin d'en être sortie, mais j'avance...

Je me suis rendue compte moi-même que je parlais très peu de mon mari et m'attardait beaucoup sur les états d'âme de mon amant. Pour la simple raison que j'arrive à mieux gérer ma vie conjugale que ma relation amoureuse. Mon mari et moi finissons toujours par nous réconcilier lorsque nous avons un malentendu ou que nous nous disputons. De plus, nous nous occupons avec nos loisirs respectifs, nous nous rejoingnons dans les activités en familles, nous faisons bonne équipe dans les tâches ménagères et dans l'organisation d'événements tels des dîners, des partys, etc. Nous aimons tous les deux aller au restaurant, assister à des concerts ou à des spectacles. Il prend soin de sa mère qui habite avec nous et je le soutien dans ce sens en faisant des compromis énormes.

Son caractère est plutôt accommodant. Nous pouvons nous entretenir sur tous les sujets facilement. Bref, en surface, nous sommes très compatibles. Il est aussi très aimant et me prends dans ses bras très souvent, juste pour me faire une caresse. Il me donne des fleurs et achète des bouteilles de vin régulièrement.

Cependant, il peut être très explosif, sur des questions assez anodines. Cela arrive surtout les fins de semaine et au moment où je m'en attends le moins. Lorsqu'il s'emporte ainsi, il repart se coucher, et cela peut prendre le reste de la journée pour qu'il se calme. Je le répète, cette colère peut être provoquée par n'importe quoi, comme s'il cherchait une raison de se dégonfler. Il finit toujours pas se calmer et nous nous prenons chacun dans nos bras en nous promettant que cela ne se reproduira plus. Mais, cela dure depuis des années et m'a beaucoup affectée. Je viens à craindre le moment où commence la fin de semaine.

Mon mari m'a dit qu'il a accepté de rester avec moi pour deux raisons : parce qu'il m'aime éperdument et parce qu'il sait que cette autre homme a abusé de moi, de mon amour, de mon innocence. Il m'a même soutenue lorsque je me suis fait avortée et m'a laissé vivre mon deuil en silence tout en me faisant sentir que, d'une certaine manière, il sympathisait vraiment avec moi. Il a même confié à ma mère, avant que nous décidions de rester ensemble, sa crainte que, si je partais, cet autre homme continuerait à me faire du mal et à me détruire.

Nous avons vécu des mois d'enfer après la dénonciation, car il ne cessait de me poser des questions sur ma relation. Il voulait absolument tout savoir. De plus, l'épouse de mon amant et mon amant, ne nous laissaient pas tranquille une semaine, et cela pendant au moins deux mois. Ils se mettaient en contact avec mon mari, lui écrivaient toutes sortes de sottises. Ils s'étaient jurés de faire en sorte que mon mari se sépare de moi. Mais, mon mari avait décidé de rester avec moi. J'étais désemparée par son amour infini et mon incapacité d'y voir clair. Mais j'avoue que j'ai sincèrement tout fait pour lui montrer ma gratitude et le réconforter. J'étais rongée par la culpabilité. Je m'en voulais à en mourrir de ne pas avoir eu la force de le quitter et d'éviter de lui faire vivre une telle horreur par ma faute.

Côté sexuel, comme je l'ai expliqué dans d'autres messages, je suis très malheureuse. Je ne sens tout simplement pas attirée et je n'arrive pas à jouir et à trouver le plaisir dans nos étreintes. Je me suis même laissé aller à revivre mentalement les moments de passion avec mon amant pendant que je faisais l'amour avec mon mari. J'étais si malheureuse. J'ai très souvent sanglotté après avoir fait l'amour avec mon mari et je le prenais dans mes bras en l'embrassant partout. Je me déteste vraiment de ne pas ressentir le même amour qu'il me voue, car il le mérite tant.

Mon problème, Castor, je le réalise, est dans ma tête. J'ai un mari qui m'adore, mais je me sens incapable de me sentir heureuse en partageant ma vie exclusivement avec lui. Mon amant a su vraiment combler ce vide dans ce sens, et pas seulement au niveau sexuel.

L'idéal pour moi serait de pouvoir continuer à aimer ces deux hommes. Je l'ai fait pendant sept années, sans que mon mari ait ressenti que je le délaissais, sauf lorsque je suis allé vivre à Montréal. Mon vide comblé par mon amant me donnait la force de continuer avec mon mari et de l'aimer.

Mais mon amant, quant à lui, vivait très mal la relation, car il me voulait exclusivement, sans être prêt à tout quitter pour moi. Je suis tout à fait convaincue que sa jalousie maladive et sa manière obsessionnelle de m'aimer ont été la cause de toutes nos tragédies et malheurs.

La question que vous m'invitez à me poser à la fin de votre message est justement la raison pour laquelle j'ai décidé d'écrire mon témoignage et d'en parler sans pudeur avec des gens ayant vécu à peu près la même chose que moi.

Castor, je vous remercie de tout coeur d'avoir partagé votre expérience de vie avec moi. Je voudrais, tout comme vous, avoir recours à la thérapie, mais je voudrais avant tout m'y retrouvé au niveau des mes émotions. À quoi bon la thérapie, si ce que je ressens pour mon mari n'est pas de l'amour ?

Ces prises de conscience sont fort douloureuses, Castor. J'ai beaucoup menti au cours des dernières années pour cacher ma relation amoureuse. Mais, je ne veux plus me mentir au sujet de mes vrais sentiments envers mon mari et mon amant.

En toute amitié,
Anam Cara

Nous ne suivons pas tous les mêmes chemins

Anam Cara,

En lisant les échanges que tu as notamment avec Helena, je mesure tout le poids et tout le déchirement de ta situation. Cela ne doit pas être facile, vraiment.

Tu parles assez facilement de ton amant, mais quasiment jamais de ton mari. Qui est-il ? Quelle est votre relation ? On ne sait pas. On cerne beaucoup mieux la personnalité de ton amant, et comme l'a dit quelqu'un d'autre, il se sert visiblement de toi plus qu'il ne te respecte.

J'ai une expérience personnelle un peu différente. Après avoir vécu 10 ans en couple avec ma femme, sans etre ni vraiment malheureux, ni vraiment heureux, un beau jour, l'infidélité est venue prendre place dans notre relation. C'est moi qui ai fait le faux pas. Pour voir. Pour assouvir un désir. Tout s'est su tout de suite et j'ai cessé toute relation adultère. Il était temps de faire le point. Pendant plusieurs années, cela a été un enfer et nous avons été au bord du divorce. Montré du doigt comme celui par qui tout arrive, je n'avais plus aucun crédit aux yeux de ma femme. Et puis les choses ont changé, je crois grace aux thérapies que nous avons suivi. Le dialogue s'est ouvert et nous avons commencé à nous accepter l'un l'autre tels que nous étions, avec nos limites. De mon coté j'essaie d'etre transparent et de me montrer tel que je suis. Le résultats maintenant est là : aujourd'hui je peux dire qu'elle et moi nous nous découvrons enfin. Nous nous aimons diféremment mais infiniment mieux. Et j'ai la chance que peut etre certains hommes n'ont pas : ma femme est devenue à la fois ma femme et ma maitresse. C'est véritablement fabuleux et je n'aurais jamais imaginé tisser une telle relation avec celle dont je partage la vie et dont j'ai failli me séparer il y a peu. Tout ça s'est fait par un travail, des prises de conscience (parfois difficiles et douloureuses), beaucoup de parole échangée.

Anam Cara, garde confiance en toi, débarrasse toi de ta culpabilité. Ce qui est important c'est de ne pas souffrir d'une situation. Peu importe laquelle. Il y a des gens qui toute leur vie arrivent à gérer deux histoires d'amour sans que ça leur pose problème. Peut être faudrait-il te demander pourquoi tu restes auprès de ton mari alors que tu vis une relation passionée avec un autre, et pourquoi tu poursuis cette relation alors que cet autre ne te respecte pas.

Bon courage.
Amitiés


Merci mille fois d'être à l'écoute...

Ma très chère Héléna,

Sans me connaître autrement que par mes messages, vous m'offrez votre épaule pour me soutenir et m'écouter. De plus, vous me semblez fort accaparée par votre travail. J'apprécie énormément.

Je suis aussi au bureau aujourd'hui, en ce beau dimanche ensoleillé. Je parlais de faire l'ermite. D'une certaine manière, je le fais déjà, car je rentre très souvent au bureau la fin de semaine pour m'avancer dans mes dossiers et me retrouver seule. Depuis que je vis cette situation, je me suis repliée sur moi-même et la solitude a été ma compagne fidèle, faute de pouvoir me confier à qui que ce soit.

Héléna, comme je l'avais mentionné dans mes messages précédents, mon amant avait repris contact avec moi. Je dois dire qu'il a eu l'audace de reprendre contact avec moi, après ce qu'il m'a fait subir l'année dernière, lorsque je lui ai annoncé que j'étais enceinte (voyez ma réponse à Blanche, si vous souhaitez avoir plus de détails à ce sujet). Au premier contact, je m'étais rendue à l'évidence que mon coeur battait à nouveau plus fort en entendant sa voix. Il m'avait semblé que ma vie s'était arrêtée depuis que j'avais quitté Montréal l'année dernière après l'incident.

Ma première impulsion fut de lui demander pourquoi il avait réagi de la sorte en me dénonçant, etc. Il me répondit que c'était moi qui l'avait trahi. J'étais déconcertée par son manque de logique et je lui répondit à mon tour qu'en me confiant à lui et en lui annonçant que j'étais enceinte, je lui prouvais que son avis m'importait beaucoup.

L'incident était survenu en mars '99. Il a repris contact avec moi en août '99. Au cours des derniers mois, nous avons gardé régulierement contact par courrier électronique et par téléphone au bureau seulement. Le ton de nos conversations en général était très négatif et angoissant, car nous n'arrivions pas à nous entendre sur ce qui s'était passé à l'époque et cela m'importait tellement. Je voulais de tout coeur qu'il me comprenne et qu'on se réconcilie sur ce point.

De plus, il se montrait extrêmement jaloux. Toujours en train de me dire que tout en étant en contact avec lui, j'entretenais une relation avec mon mari. Il me disait qu'il n'était pas prêt à me partager avec mon mari comme par le passé. J'étais tellement confuse par ses propos. Surtout que c'était lui qui n'avait pas voulu pendant des années se décider à tout quitter pour être avec moi et qu'il me décourageait moi aussi à me séparer en me disant qu'une fois célibataire et lui toutjours marié, nous ne pouvions plus nous voir.

Maintenant, il me dit qu'il ne peut plus se passer de moi et il me pousse à me décider à tout quitter pour être avec lui. Le malaise que je ressens est causé, je crois, par son insistence et son impatience.

Mon malaise est dû par son manque de compréhension envers ma situation. Il est rongé par sa jalousie et doute de moi sans arrêt. Combien de fois aie-je consacré des après-midi au bureau à travailler tout en lui envoyant des messages pour lui dire que je pense à lui. Combien de foi suis-je restée à la maison seule en espérant pouvoir communiquer par courrier électronique avec lui. Combien de temps aie-je souvent de ma solitude et aie-je pensé à lui, alors qu'il s'imaginait que je me payais du bon temps avec mon mari. Et il oublie les quelques voyages d'affaires à Montréal auxquels j'ai rajouté une journée de congé à chaque fois pour le rencontrer en espérant faire le point sur notre situation et me refaire des forces en nous aimant simplement.

Mon malaise et ma détresse, Héléna, sont dus au fait que je sais trop bien que j'aime mal. Je lui donne le meilleur de moi-même et je sens qu'il demande et reçoit sans jamais pleinement apprécier ce que je suis pour lui. Je sens que je dois sans cesse le rassurer sur mes sentiments et lui prouver mon amour en remuant ciel et terre.

Lorsque je deviens trop épuisée émotionellement et que je lui dis que je ne peux plus supporter ses caprices et ses enfantillages, il fait tout pour me regagner et me dit que je sais trop bien que la seule chose qui va mettre un terme à ses frustrations c'est si je quitte tout pour aller le rejoindre.

Héléna, j'ai aimé cet homme et je lui ai donné les sept meilleures années de ma vie. J'ai été sa maîtresse, car je ne pouvais me passer de lui et il se croyait incapable de tout quitter pour me suivre. Cette vie en parallèle m'a pris toute mon énergie et m'a poussé à me compromettre et à me retrouver dans des situations et des endroits qu'autrement je n'aurais jamais fréquentés.

J'étais convaincue qu'il comprenait qu'il fallait que je l'aime énormément pour subir tout ceci et entendre de sa bouche qu'il n'était pas prêt à tout quitter. Puis, lors de l'incident l'année dernière, toutes mes illusions se sont dissoutes dans un bain d'acide. Il venait de rater l'occasion de me prouver son amour.

Hier soir, nous communiquions par courrier électronique. Puis, j'ai dû cesser d'écrire, tout comme lui d'ailleurs, car mon mari était rentré. J'ai reconnecté à 01:20 seulement pour trouver un message pleins de reproches dans lequel il me disait qu'il ne s'était pas étonné que j'aie cessé de lui écrire, puisque je n'étais pas seule (il insinuait que je devais être au lit avec mon mari). Merde ! Quand je pense que j'étais restée à la maison justement pour communiquer avec lui, en espérant faire avancer les choses.

Aujourd'hui, je me sens comme je me suis très souvent sentie: épuisée, au bout de mes forces et extrêmement déçue de son manque de compréhension. Je sais qu'en partageant ma déception, il va d'abord se justifier, puis me regagner. J'en ai assez de l'aimer autant et de souffrir autant, sans qu'il le réalise et me respecte. Mais je n'arrive pas à m'en détacher.

Désolée de la longueur de mon message. Mais, je voulais vous faire découvrir une autre facette de ma relation, beaucoup moins romantique que l'autre.

Je sais que c'est malsain. Mais, je ne sais pas pourquoi je me saigne à blanc de la sorte. La relation est malsaine en ce sens qu'il m'a vraiment stimulée et aidée à m'épanouir, mais il est très jaloux et me pousse à mes limites d'endurance.

Il me tarde de lire vos commentaires à ce sujet.

Anam Cara

Quelle triste histoire !

Votre histoire me rend très triste, (remarquez pas besoin de cette histoire pour être triste, je vis un drame sentimental actuellement) mais bon des êtres fait pour s'aimer et séparés ! (vous et l'amant), quel gâchis !
Il est vrai que rien n'est simple dans la vie, les choix que l'on fait parfois nous semble évidents meme s'ils sont difficiles à faire, mon avis sur l'enfant, vous auriez du le garder, d'autant que votre mari était stérile cela était peut être votre seule chance d'avoir un bébé ! ma tante qui a maintenant 76 ans et qui est comme une mère pour moi a vécu la meme chose, avortement, etc ... son amant n'était pas libre etc ..; et à l'époque se faire avorter n'était pas facile elle le regrette amèrement maintenant ! le titre de votre message "je me déteste ... me regarder dans un miroir" vous n'avez aucun scrupules à avoir, c'est l'amour qui a guidé vos actes, et on ne peut rien contre l'amour et même si votre mari qui doit vous aimer tendrement vous a pardonné, vous avez laissé passé peut être l'amour de votre vie ... interrogez vous sur les sentiments que vous portez à votre mari meme s'il est adorable, gentil etc ... vous vous culpabilisez (normal) mais cela ne s'appelle pas de l'amour ...
Moi je dis que si votre amant et vous meme êtes destinés l'un à l'autre vous vous retrouverez et cette fois ne laissez pas passer votre chance de vivre vraiment l'amour le vrai ! je ne connais pas les circonstances de votre mariage, mais quelle était votre expérience et affective et sexuelle ? étiez vous vraiment amoureuse folle de votre fiancé ???? votre histoire me touche profondément .... votre amant doit aussi souffrir, quel dommage ! je dis qu'il ne faut jamais jamais laisser passer le bonheur quand il arrive à votre portée, il est si rare ... un petit feeling vous et lui un jour, plus tard, vous vous retrouverez et là tout sera différent !
Vous méritez le bonheur comme tout un chacun,
une française qui a pas mal souffert, qui connait la solitude et qui aussi a connu l'amour mais qui l'a perdu, dans le genre l'homme qu'on aime qui fait un autre choix et qui vous laisse seuuuule, bien seule !
Amicalement,
vous pouvez me répondre, je vous répondrai ...
Nimia

anam cara


Pas deproblème pour continuer cette conversation, je la trouve très enrichissante.
Vous dites vouloir vivre en ermite pendant quelque temps. Je comprends tout à fait cette réaction. Le cercle vicieux dans lequel j'étais enfermée me prenait malgré moi toute mon energie créatrice. Je me suis sentie trés fatiguée vers la fin, et c'est ça aussi qui m'a aidé à prendre ces décisions. Aujourd'hui, je retrouve mon energie.

Je suis désolée, je suis au travail, et un collègue vient d'arriver. Je dois vous laisser, mais je vous dis à très bientôt,

Amitié,

Héléna.

J'aimerais que vous me décriviez le malaise que vous ressentez avec votre amant.

Héléna

Ma très chère Héléna,

Je vous envie d'avoir trouvé la sérénité d'esprit et d'avoir fait la paix avec vous-même. Votre témoignage est très précieux pour moi, car il me fait réfléchir sur mon propre état.

Aimer sans rien attendre en retour... Combien de chanteurs et de poètes nous l'ont dit et redit. Une phrase si simple, mais que beaucoup d'entre nous ont de la difficulté à saisir. Car le vrai bonheur réside dans notre capacité de donner sans compter et de recevoir à bras ouvert. Ça, je le sais. Avec une telle attitude face à la vie, on n'a plus de raison de s'apitoyer sur notre sort. On vit simplement, les yeux grand ouvert vers l'extérieur.

Votre cheminement est très semblable au mien après tout. Je parle au niveau émotif. Moi aussi je me donne à fond dans mes relations. Je suis très passionnée. Je prend beaucoup d'initiatives et de décisions, ou je les prend presque toutes. J'ai toujours été au devant de mes partenaires, et non le contraire, même avec mon mari. Mais, je ne me suis jamais vraiment sentie en amour, avant de rencontrer mon amant.

De mon côté, j'ai aussi très longtemps pensé que l'on ne pouvait pas m'aimer. Mon amant fut le premier à me faire sentir vraiment désirée pour ce que je suis en entier. Je le voyais dans ses yeux, bien avant que nous entâmions notre relation. Je n'avais jamais ressentie cela avec mon mari, malheureusement. Avec mon mari, les choses se sont passées plus sobrement, plus subtilement, plus au niveau de la conscience que des émotions. Je me sentais aimée plutôt comme un enfant est aimé par un parent. Un amour rassurant et protecteur.

C'est pour cela que mon amant prend autant de place dans ma vie. Il m'a aidé à apprendre à me regarder autrement, à me découvrir et à m'aimer. Oui, c'est cela. Tout au long de cette relation, je me suis épanouie en tant que femme. Soudainement, je m'apercevais que cela se reflétait autour de moi, car les hommes me regardaient de plus en plus et mon entourage me trouvait sûre de moi. J'avais changé de l'intérieur et cela se reflétait à l'intérieur. De la vraie magie. Pour moi, ma relation a vraiment servi de catalyseur, me permettant de me libérer. Cela, je ne le regretterai jamais.

Par contre, j'ai ressenti le même malaise que vous en étant déchirée entre deux hommes. Non, ma conscience n'était pas en paix et elle ne l'est toujours pas. Mon mari m'aime tant et je suis incapable de l'aimer autant en retour et d'une manière exclusive, sans ressentir un manque à quelque part. Je dois admettre que j'ai peur de m'en éloigner car il m'apporte la sécurité affective et la stabilité. Par contre, je me lance au devant de mon amant par besoin d'aimer et de me donner. De son côté, il me semble, j'ai donné plus que je n'ai reçu.

Je me retrouve à nouveau au carrefour angoissant où je dois me faire face et prendre ma décision. Je crois aussi que cette situation est aliénante pour tous ceux qui la vivent avec moi. Je voudrais tant me retrouver seule et faire l'ermite un bout de temps pour réfléchir et être à l'écoute de mon univers intérieur.

Je suis vraiment dans un impasse et je me sens très mal. Je crois que cela fait partie du processus...

Une chose est certaine, je veux vivre pleinement et ne pas être étouffée par une vie limitative dans un univers clos.

De votre côté, vous avez choisi de quitter votre amant et votre mari. Vous n'avez pas choisi entre l'un ou l'autre et cela a dû être très libérateur. Quand je m'imagine laisser tomber mon amant et rester avec mon mari, je me sens vraiment glisser dans un trou sombre.

Héléna, vous m'aidez beaucoup à réfléchir. J'ai tant de choses à vous dire. J'espère que nous allons continuer notre conversation...

Anam Cara

anam cara


Bonsoir Anam Cara, c'est difficile de répondre, ça me replonge dans mon histoire.

Ma psychose était je crois cette quête d'amour insatiable que je menais sans même m'en rendre compte. Je voulais combler ce manque, et j'y consacrais ma vie.
Au fond, je ne m'aimais pas. C'est ce qui a été le plus dur à admettre. J'ai eu une enfance assez difficile, j'ai manqué de beaucoup de choses. Je croyais que je ne pouvais pas être aimé toute entière, pour ce que j'étais, comme si je ne le méritais pas.
Je me jetais à coeur ouvert dans mes relations, donnant tout ce que je pouvais. Mon mari aimait mon esprit. J'avais confiance en mon esprit, et je remplissais le manque, au moins un peu. Mon amant me désirait, et réveillait mes émotions. Je redecouvrait ma seduction ( dont je me suis souvent servie mais dont j'ai eu beaucoup peur quand j'y pense ). Je cherchais à me rassurer, mais en fait je me faisais du mal. Aucun ne m'aimait vraiment, ce qui m'entretenait dans le fait que je n'étais pas entière et bonne, ce qui accentuait mon manque, que je cherchais donc de plus en plus à combler, de là ma dépendance. C'était un cercle vicieux que j'entretenais.

Comme je ne croyais pas pouvoir être aimé, je me satisfaisais de ces relations. J'acceptais de me couper en deux.

Mais je ressentais cette impression de malaise. C'était souvent en rentrant de chez mon amant, ou le soir, aprsè avoir fait l'amour avec mon mari. Je me sentais repue, mais mes vrais manques s'accentuaient. J'avais l'impression de passer à côté de moi même, de vivre d'une façon malsaine. Je me sentais coupable, je ne me respectais pas. C'était une sorte d'aliénation que je me faisais subir.

Après avoir quitté mon amant, je me suis sentie libre, enfin moi.
Je ne sais pas si je le désirais vraiment, où si je ne m'adaptais pas plutôt complètement à ses désirs pour qu'il m'aime, jusqu'à me convaincre moi même. Quitter mon mari a été plus dur. C'était rompre avec une certaine sécurité affective. C'était un peu comme un père pour moi. Il me rassurait beaucoup. A y refléchir, je crois qu'il m'a apporté plus que mon amant, il m'a aidé à prendre confiance en moi de façon plus mûre.

Le declic pour moi a été de me rendre compte que j'étais quelqu'un de bien. Je me suis pardonnée finalement. J'ai accepté mes manques, et arrêté de toujours lutter, tout contrôler et jouer la comédie. Avant, je me protégeais avec des sortes de rôles que je jouais ( avocate, peut être mon rôle le plus simple... ) J'ai progressivement repris contact avec mes émotions. Et puis j'ai vu les choses différemment. J'ai compris que mon vrai désir était d'aimer. Et ça m'a ouvert la porte vers un nouveau monde. Il suffisait juste d'un regard différent. Je me suis laissé aller. Je me suis laissé surprendre, vivre. Et aujourd'hui je m'aime, je suis heureuse.
J'ai redécouvert ma joie de vivre, mon enthousiasme et mon innocence. Je vis en accord avec moi même, et le reste suit. J'aime les autres, je me fais du bien. Je vis plus le moment, je découvre ma sensibilité et elle m'aide à sentir ce qui est bon pour moi. Je ne recherche plus l'amour des autres pour combler mes besoins, car maintenant je les respecte et laisse la vie y répondre. Je rencontre d'ailleurs des gens plus sains qu'avant, j'ai l'impression qu'en me faisant confiance, en ayant plus peur, je vais forcément vers la bonne route. Les choix me semblent plus simples, parce que je sais ce que je veux vraiment.

En ce moment, je commence une relation avec un homme que j'ai rencontré au milieu de cette année. Il ne fait pas du tout partie de mon milieu habituel, et ça me permet d'être plus moi même. On se fait du bien, et j'ai confiance en lui. Je l'aime sans chercher à ce qu'il m'aime, sans attendre quelque chose en retour. Et il m'aime. Comme quoi, ce que j'ai toujours cherché, il a suffit que je le cueille en moi pour qu'il germe chez ceux que j'aime. Les choses sont parfois tellement simples qu'on passe à côté.

Voila ce que je vis. Inspirée ?

J'attends votre message, vous transmettant toute ma compréhension et mon soutient,

Bises,

Héléna.

Vos encouragements sont fort appréciés

Ma douce Blanche,

Peut-être que je me trompe, mais vos messages me laissent imaginer une femme très douce, sensible, féminine, à fleur de peau...

Avant la dénonciation de la bouche de mon amant, j'avais la certitude que nous étions fait l'un pour l'autre. Cet événement a fait tombé toutes mes illusions et ce fut la fin d'un rêve merveilleux pour moi. Tout comme vous, ce qui m'a le plus blessée, c'est qu'il a coopéré avec son épouse pour dévoiler notre relation secrète dans les moindres détails, en ne s'attardant qu'aux détails sexuels qui, hors contexte, étaient dégoûtants. Ce fut très, très éprouvant de me faire avorter pour la deuxième fois, me faire rejeter par mon amant, le père de l'enfant, et me faire traîner dans la bout en même temps. Même Sainte Madeleine devait pleurer pour moi à ce moment...

Oui, j'aurais tout quitté s'il aurait voulu de moi et du bébé à l'époque. Il y avait longtemps que je lui demandais de trouver le courage de le faire et il me répondait qu'il n'était pas prêt encore à se séparer de sa fille. Lorsque je suis tombé enceinte, il a cru que je garderais le bébé à tout prix, que j'allais même faire croire à mon mari que c'était le sien. C'est pour cela qu'il m'a dénoncée, car il croyait que j'allais le trahir. J'ai été horrifiée par son goût pour la vengeance et son comportement destructeur. Pour se venger, il avait même accepter de ternir sa propre réputation...

Comme il était convaincu qu'il m'avait perdu, il a tout fait pour coopérer avec son épouse à me dénoncer à tout ceux et celles qui me connaissaient. Bien entendu, il se faisait accuser de lâche; ça se retournait contre lui.

Oui, tu as raison, bien des gens m'ont blâmée entièrement pour ce qui s'est passé entre nous... pour des raisons racistes et culturelles. Car, mon amant, tout comme mon mari, est iranien. Et pour beaucoup de gens du Moyen-Orient, les femmes occidentales, surtout les françaises et les québécoises, sont toutes des putes. Elles sont idéalisées d'un côté et maudites de l'autre. Elles sont les amantes rêvées, mais lorsque vient le moment de se marier, les hommes les abandonnent. Non, je n'exagère pas. Les stéréotypes subsistent toujours. Ils oublient que "leurs" femmes aussi sont humaines.

Alors, comme je le disais, j'étais entièrement blâmée par la communauté iranienne simplement parce que j'étais l'étrangère qui avait osé venir troubler la vie bien rangée de l'un des leurs. Mon amant s'est servi de la situation pour s'assurer de ne pas être abandonné par sa femme.

Six mois plus tard, lorsqu'il a repris contact avec moi, il m'a expliqué comment il avait conclu que je l'avais trahi. Je lui ai expliquai à mon tour que je me suis sentie autant trahie par sa réaction et que je n'avais pas l'intention de garder l'enfant s'il n'en voulait pas. On s'est compris, mais je sentais que quelque chose d'énorme s'était brisée en moi. Quand je pense que j'ai sacrifié deux bébés pour lui et je me suis fait passé pour une pute, j'ai juste le goût de mourrir.

Si je quittais mon mari, je crois que je vivrais seule et tenterais de me retrouver un peu. Mon amant veut que je le rejoigne, mais dans le fond je me dis qu'il ne le mérite pas après ce qu'il m'a fait subir. Je crois que je ne suis pas prête à lui dire adieu, mais que je vais garder mes distances pour ne pas me perdre complètement.

Plus je parle, Blanche, et plus je me rends compte que mon cheminement va être très douloureux et très long.

Merci de me lire, Blanche. Et maintenant, si tu me parlais un peu de toi. Comment vas-tu ces temps-ci ? As-tu déjà quitté ton mari ?

Grosses bises, ma douce.
Anam Cara

Votre message m'inspire...

Chère Héléna,

Votre expérience de vie sur le plan amoureux ressemble beaucoup à la mienne.

Vous m'avez décrite avec une telle précision et le tableau que vous avez peint de votre vie conjugale est semblable à celui que je ferais du la mienne. Il me semble quasiment que c'est moi qui a écrit votre message.

Il est vrai que je ne peux concevoir de me passer de ni l'un ni l'autre pour l'instant et que je souhaiterais comblé tous mes besoins dans une seule relation. De là mon sentiment d'être déchirée en deux. De là mon incapacité de choisir entre l'un ou l'autre. De là, ma réalisation que j'aime peut-être les deux hommes, mais différemment.

Je n'ai pas décidé un jour de trompé mon mari. Mon amant, qui fut un très grand ami pendant plusieurs années avant que nous entâmions notre relation, s'est taillé une place dans mon coeur graduellement, au fur et à mesure que je me rendais compte du vide qu'il comblait dans ma vie. Jusqu'au jour où j'ai conclu que je ne pouvais plus me passer de lui. Ce fut très longtemps une relation très spirituelle.

Mon mari est pour moi un ange gardien, un frère, un père et un ami. Comme vous, je peux m'entretenir avec lui d'une manière intelligente sur tous les sujets possibles. Comme la vôtre, ma vie de couple est "harmonieuse", mais sans passion, sans étincelle. Et, c'est ce qui me désole le plus (pauvre petite fille riche ?!?!). Je sais que pour certaines personnes, j'ai l'air de me plaindre "le ventre plein" et je n'apprécie pas ce que la vie m'a donnée. Non, au contraire, j'apprécie énormément la chance que j'ai eu d'avoir tombé sur un mari si aimant, auprès de qui j'ai pu m'épanouir dans plusieurs dimensions de ma vie... sauf sur le plan émotif, sensuel et érotique.

Voilà, je me suis trompée et je m'en rends compte aujourd'hui. J'avais eu toujours l'impression que mon mari n'avait pas besoin de moi. Étant dix ans plus âgé que moi, il contribuait plus à m'aider dans mon cheminement et à jouer les rôles de père, de frère et de protecteur. Bien entendu, il avait aussi besoin de moi, mais je ne le voyais pas.

Mon amant, quant à lui, m'a fait sentir dès le début son besoin d'être aimé, d'être compris, d'être encouragé, d'être conseillé, d'être pris dans mes bras, etc. Et cela m'a fait découvrir une autre dimension de moi-même. Je me suis sentie revivre, plus forte, plus femme, plus désirée. Grâce à cette relation, j'ai découvert en moi mon potentiel énorme à accomplir des tas de choses dans la vie que je n'avais jamais cru être capable de réaliser un jour. J'étais devenue une femme en puissance. Au fil des sept années de ma relation, ma carrière a fulguré et j'ai accompli des tas de choses.

Mon mari est le fondement de ma vie assurant la stabilité. Mon amant est l'agent catalyseur, l'étincelle dont j'ai besoin pour me stimuler. Il m'a fait goûter à la vie. J'avoue que même son caractère assez difficile m'a stimulée...

Hélène, le courage que vous avez eu pour tout quitter et réaliser que ni l'un ni l'autre des deux hommes ne pouvait vous rendre pleinement heureuse, me fait beaucoup réfléchir. Si j'aurais pu profiter de ma séparation d'avec mon mari pour écouter mon coeur et me retrouver... (j'avais accepté un contrat à Montréal en décembre '98. J'y suis restée jusqu'en mars 1999, date à laquelle j'ai annoncé à mon amant que j'étais enceinte et il m'a dénoncée).

Tout comme vous, ma vie avec mon mari sans mon amant devient trop vite monotone et ennuyeuse...

Les discussions dans ce forum m'aident beaucoup, Héléna. J'aime votre approche systématique dans les discussions qui favorise les échanges constructives et assez objectives.

Pourriez-vous me dire ce que vous entendez par : " Je ne pouvais pas être pleinement heureuse avec lui, j'ai l'impression qu'il m'entretenait dans ma psychose. ", en parlant de votre amant. Je me suis toujours posée la question, à savoir si je souffrais d'un trouble psychologique quelconque ou d'un dédoublement de la personnalité...

J'espère avoir le plaisir de vous lire sous peu.

En toute amitié,
Anam Cara

ps: Dites-moi, êtes-vous toujours célibaitre? Sinon, avez-vous trouvé un homme qui peut combler vos désirs, vos besoins?

Vos explications me soulagent...

Cher Castor,

Quoique les discussions autour de mon témoignage ont été assez "explosifs", je crois que cela a permis à chacun des participants de s'exprimer sur le phénomène de l'infidélité. Les perspectives de tous et chacun ont été très enrichissantes. Je suis certaine que plus d'une personne va en tirer quelque chose.

Je tiens aussi à vous remercier d'avoir émis votre opinion à l'effet que mon mari est le seul qui m'a prouvé son amour. Ma conscience l'avait réalisé, mais mon coeur ne voulait pas et ne veut toujours pas l'accepter.

J'ai un bon bout de chemin à faire avant de m'en sortir, et les discussions sur ce site me portent à réfléchir sérieusement.

Cher Castor, vous dites que vous avez aussi votre "dose de souffrance et de culpabilité". Peut-être voudriez-vous nous en parler. Cela pourrait vous soulager un peu.

Au plaisir de lire vos commentaires dans les discussions,
Amitiés,
Anam Cara

Plouf ! à coté

Anam Cara,

Décidément, avoir donné mon avis sur ce forum déchaine bien des passions !

Je voudrais t'expliquer la raison du titre "Touché! Coulé!" : les échanges de ce forum m'ont donné l'impression d'une bataille navale. C'est à cause de la forme. C'est un petit clin d'oeil. Je n'ai voulu y mettre ni insulte ni censure. Ce n'est pas mon role ici, je ne suis pas psy. Je suis comme toi, j'ai aussi ma dose de souffrance et ma culpabilité à gérer.

Maintenant, nous n'avons pas tous les memes yeux, ce qui explique la diversité des réactions, qui peut etre ne vont pas dans le sens que tu attends, mais est-ce finalement bien important ? C'est normal et c'est ce qui fait la richesse des échanges.

Quand à la vertu thérapeutique d'un tel forum, chacun en tire ce qu'il peut. Mais je ne suis pas sur cela puisse remplacer un thérapeute. Que les thérapeutes planqués dans ce forum nous donnent leur opinion !

Je te souhaite très sincèrement de trouver ici ou ailleurs de quoi t'apaiser.

Amitiés

anam cara


Bonsoir, avant de raconter mon histoire, je profite de ma réaction spontanée devant votre message.
L'impression que j'ai, c'est que votre mari vous aime, et que vous aimez votre amant. Comme si vous ne pouviez pas aimer et être aimé en même temps, séparée en deux. Vous vivez avec votre mari une relation spirituelle, et vos émotions, vos désirs avec votre amant. Voila une organisation qui vous permettait de vivre tout en étant une tête d'un côté, et un corps de l'autre.
Vous devez être mécanique, méthodique, très consciente et moraliste d'un côté, et hyper sensible de l'autre, vous laissant parfois entièrement diriger par vos impulsions ( je me rends compte que cette définition n'est pas loin de celle que je ferais de moi... )
D'ailleurs, vous parlez de votre mari et de votre mari l'un après l'autre, comme si aucun des deux ne pouvait être complet pris sans l'autre.
Cette relation, pour moi, revient à savoir ce qui est mieux entre aimer et être aimée. Les deux ne sont pas dissociables, comme vous. C'est peut être un problème d'unité de votre personnalité.

Voila ce que j'ai ressenti en lisant vos lignes. Mais je me rends compte parler des problèmes que j'ai moi même rencontrés, et je ne sais pas si vous rencontrez les mêmes.

Pour ce qui est de mon histoire, voici:
J'ai longtemps trompé sans tromper. Quand j'étais plus jeune, je sortais avec quelqu'un, et j'étais en même temps très proche d'un autre, avec qui j'entretenais des relations platoniques, mais trés fortes émotionnellement.
Puis j'ai vraiment trompé certains hommes, surtout quand on entrait dans une relation qui demandait un investissement à long terme, de l'engagement.
Avec celui dont je vous ai parlé, on avait déjà couché ensemble quand on était plus jeunes. Le jour de mon mariage, j'ai beaucoup pensé à lui. C'était mon homme idéal mais innaccessible ( parce qu'au quotidien, ça n'aurait pas marché, et nous le sentions tous les deux ). Mon mari était là lui, faisait des efforts, me donnait beaucoup, sans attendre en retour. J'étais attachée à mon mari, mais sans ressentir pour lui des émotions intenses, celles qui vous révèlent. Je ne me sentais pas femme, pas attirée. On s'entendait bien, et on pouvait parler longtemps sans s'ennuyer, mais sans cette petite étincelle.
Et puis mon mari a travaillé de plus en plus, me laissant plus de liberté, de temps libre ( il est assez possessif ) Et je voyais l'autre de plus en plus. Et puis ce qui devait arriver arriva. Un soir, il m'embrassa, et nous fîment l'amour, passionément, sans refléchir, poussés l'un vers l'autre. Ensuite, je n'ai même pas envisagé une seconde que ça puisse s'arrêter. Je ne pouvais que le voir, il me faisait découvrir toutes ces richesses en moi que je n'utilisait pas assez.
Je me sentais coupable avec mon mari. J'étais horriblement mal à l'aise avec lui, je detestais lui mentir. ALors, j'ai pensé à lui avouer. Je me suis imaginée le faire, et je suis allée voir mon amant. Nous avons discuté. Il m'a demandé ce que je voulais vraiment, si j'étais prête à vivre avec lui. Et là j'ai pris conscience que je ne voulais pas vivre avec lui. Je voulais penser à lui, faire l'amour avec lui, le sentir... Je ne pouvais pas être pleinement heureuse avec lui, j'ai l'impression qu'il m'entretenait dans ma psychose. C'est ce que je lui ai dit. Il m'a demandé si on pouvait continuer quand même à se voir. Je lui ai dit que je l'appellerai le lendemain pour le lui dire.
Je suis rentrée chez moi, troublée. J'étais dans un état de choc, trop d'émotions. Mon mari était rentré plus tôt à cause d'une réunion annulée. Il m'a demandé où j'étais allée. De la simple curiosité, aucun soupçon. Et pourtant je n'étais d'un coup plus capable de répondre. Je l'ai regardé, hébétée. Puis j'ai tout raconté. Je lui ai dit que je ne savais plus où j'en étais, il m'a demandé de faire un choix, et je l'ai choisi, parce que je n'en pouvais plus. Finalement, ma vie avec mon mari est repartie, sans mon ex amant, que je ne revoyais qu'au palais de justice ( nous travaillons dans le même tribunal ), et toujours avec un pincement au coeur, mais est vite redevenue normale, et ennuyeuse.

Un jour, j'ai réagi. J'ai compris d'un coup que ce n'était ni l'un ni l'autre. Je voulais un homme entier, me sentir moi même. J'ai quitté mon mari, malgré toutes les difficultés que ça entraîne. Je crois que c'est le meilleur choix que j'ai fait de ma vie. C'était une rennaissance, l'accés au bonheur.

Néammoins, ceci est mon histoire, et chacune est différente.

Que vous inspire ce message ?

Amitié et tous mes encouragements,

Héléna.

détresse

bonjour anam cara,

nous nous sommes déjà parlé dans un autre forum.

Je suis vraiment de tout coeur avec toi. Je trouve ton histoire si triste...

Gardes le courage, il faut que tu te reprennes, il y a toujours une solution et tout n'est pas désespéré. Tu as encore la vie devant toi, tu as pleins de force en toi dont tu ne te sers pas.

Je me permets de te donner mon avis sur ce que j'ai lu te concernant.

J'ai le sentiment que ton amant s'est servi de toi. Quand tu dis qu'il n'a pas voulu une fois enceinte vivre avec toi c'est une chose, mais le fait d'avoir dénoncer à tout ton entourage votre histoire et de te mettre dans cette situation en plus d'un avortement qui est traumatisant...
je trouve que ce n'est pas une preuve d'amour.
Quand tu dis que ton amant a dénoncé votre histoire j'ai le sentiment en te lisant que tu as été désignée par tous pour la coupable de l'histoire et que c'est toi qui en a le plus souffert? je ne sais pas ce qui s'est passé, c'est juste le sentiment que j'ai en lisant tes messages.

J'ai l'impression qu'il n'a jamais été vraiment là pour te soutenir lors des moments difficiles que tu as vécus? est ce le cas?
Peut être as tu essayer de trouver chez cet homme ce que ton mari ne t'apportait pas?
Serais tu vraiment heureuse avec cet homme? si tu hésites c'est que tu n'es pas sur de ca..
réfléchis bien à ton choix.

Prends ton temps, je pense que tu dois essayer de faire le point de ton histoire. Tu as besoin de prendre du recul. Je sais que c'est facile à dire...c'est ce que j'essaye de faire en ce qui me concerne..

J'espère que tout ira bien pour toi.
Tu le mérites après toutes les épreuves que tu as traversées.

Bonne chance !


Comme une eau fraîche... Merci, Helena.

Chère Héléna,

J'ai enfin repéré un oasis. Vous me faites un grand bien et me prouvez qu'il est possible de parler de ce genre de situation, comme tout autre drame psychologique, d'une manière objective, en mettant de côté la honte, les injures, le sentiment très lourd de culpabilité, du moins pour un moment. Avec votre permission, je vais parler un peu plus, tout en me guidant par vos questions.

Je veux me comprendre. C'est tout. Les gens ne me comprennent pas lorsque j'avoue de vive voix ne pas être capable de cesser d'aimer mon amant. Pour eux c'est mal, point c'est tout. Ils oublient que certaines personnes ont une dépendance pour la cigarette, par exemple, et que même ces gens doivent suivent des thérapie pour cesser de fumer, lorsqu'ils se sont décidés à le faire. C'est pas tout le monde qui ont la volonté ou la capacité de le faire seul.

En même temps, j'aime mon mari et je suis tout à fait convaincue qu'aucun autre homme ne pourrait m'aimer autant. Lorsque vous me poser la question si je serais autant attirée par mon amant en le mariant, je peux vous dire que je doute fort qu'il me démontre autant d'attention comme mon mari. Mon mari et moi sommes tous deux très autonomes, ordonnés et on fait bonne équipe dans les tâches ménagères et familiales; tandis que mon amant préfère un rôle plus traditionnel. Je crois que ce qui m'avait attiré chez lui c'est justement sa vulnérabilité et sa dépendance envers moi. Je me sentais tellement stimulée par l'intérêt qu'il me portait lorsque je lui donnais des conseils, discutait avec lui de ses préoccupations, etc. Mais, vivre avec un homme comme ça ce serait peut-être comme traîner un boulet à mon pied pour une femme aussi autonome que moi.

Il y a l'autre aspect de ma relation cependant qui me pousse vers lui : un amour aveugle et un besoin de ses caresses et de la manière qu'il me prend dans ses bras, m'embrasse et me fait l'amour. Je me sens si femme devant ses yeux et dans ses bras. Malheureusement, bien avant que j'entame cette relation, j'avais perdu ma libido et le goût de faire l'amour avec mon mari. Ma relation amoureuse m'a fait revivre dans ce sens. Je dois avouer sans honte que je n'échangerais pas pour rien au monde les moments de passion que j'ai vécu avec mon amant. Et pour lui c'est pareil. Affligé de la Parkinson à 45 ans (depuis une dixaine d'années), il avait très souvent de la difficulté à maintenir ses érections avec les autres femmes (ses amies et puis son épouse). Je le crois pour m'être renseignée sur cette condition et je m'étonne moi-même de sa grande sensualité et sa performance au lit. On se fait vraiment du bien mutuellement à ce niveau.

Les quelques lignes que vous avez écrites me font réfléchir énormément. Lorsque vous dites que mon amant me rejoint dans mes émotions et non dans le quotidien, vous ne pouvez pas mieux dire. Mais, nous avons tout de même partager sur nos vies respectives et échanger des conseils, des encouragements, etc. Nous nous ressemblons dans ce sens que nous avons tous les deux une force de caractère, nous sommes tous les deux à fleur de peau et nos émotions guident beaucoup notre conduite dans nos vies personnelles. Nous avons tous deux réussi sur le plan professionnel, car nous sommes tous deux des leaders.

Mon mari, âgé de 44 ans, est plus réservé, moins expressif et lâche prise lorsqu'il me voit me lancer dans une direction. Il me suit et croit en moi et en mes capacités. L'épouse de mon amant est aussi très réservée, très femme d'intérieur et très complaisante. Toute son attention est dirigée vers les tâches ménagères et son enfant. Mon amant a tenté de l'encourager à s'émanciper, s'épanouir au niveau personnel, mais elle n'en avait pas envie. Elle le blâmait de tenter de la changer pour quelqu'un qu'elle ne voulait pas devenir. Il en a été horriblement déçu (dès le début de son mariage, avant notre relation). Il m'a toujours dit que ce qui l'attirait le plus chez moi c'était justement ma force de caractère, mon assurance. Il me disait qu'il aimait confronter ses idées aux miennes, discuter, se faire "remettre à sa place" lorsque j'en avais envie, bref il avait besoin d'être stimulée et de se sentir appuyé et encouragé. Son épouse ne semblait pas être en mesure de combler ce besoin, d'après lui.

Il m'a donné "du linge à retordre", comme on dit par chez nous. Je parle de mon amant. Il était devenu tellement dépendant au niveau affectif et très jaloux. Il a fait vraiment les cent coups pour me faire souffrir et me faire craindre de le perdre, etc. Encore une fois, je dois avouer que cela m'a fait beaucoup souffrir tout en me gardant en haleine. Toute son attention était portée sur moi et cela ne me déplaisais pas totalement. Mon mari avait toujours démontré un certain détachement et contrôle de soi qui m'ennuyait beaucoup dans un sens.

Vous me demandez de me poser des questions au sujet de ma relation avec mes parents. Ma mère est la plus grande confidente de ma vie. Elle sait absolument tout sur moi. Je ne lui cache rien. Et elle n'a jamais cessé de croire en moi. Elle a respecté mes expériences en espérant que je me trouve un jour. Mon père et moi avons la même force de caractère et, étant la fille aînée, il a été très possessif envers moi. Mais, je l'aime énormément et il adore ma mère et la protège comme la prunelle de ses yeux. Je n'ai jamais été capable de me confier à mon père. Ma mère a souvent joué le rôle d'intermédiaire.

Castor a raison de dire dans un autre forum où je participais à une discussion que mon mari m'avait prouvé son amour en trouvant la force de me reprendre après avoir découvert que je l'avais trahi de la sorte. Et mon amant avait agit d'une manière horrible en dénonçant lui-même notre relation après avoir appris que j'étais enceinte. Il avait manqué gravement de courage et m'avait prouvé, bien que trop tard, qu'il n'avait pas la capacité de vivre une telle relation où les difficultés et les grandes épreuves sont le lot du quotidien. D'un côté, j'aurais voulu que cette grossesse nous décide à agir... J'aurais tant voulu qu'il veule de moi et du bébé. Mon rêve s'écroulait avec toutes mes illusions.

Je ne sais pourquoi je suis tant attachée à lui qui m'a fait si mal en n'allant pas jusqu'au bout à cette époque. Maintenant, il revient au grand gallop et me propose de faire ce que j'avais eu envie de faire depuis longtemps: vivre ensemble.

Je n'ai pas eu le courage de lui répondre encore. Je sais que cela metterait un terme à notre relation, si je répondais "non". Et je ne suis pas certaine de vouloir répondre "non". Mais, les temps ont changé et la dénonciation de sa propre bouche a vraiment tout bouleversé et terni l'image que je m'étais faite de notre relation. Même ici, j'aurais souhaité que les choses se passent d'une manière ordonnée et systématique.

Lorsque je m'imagine vivre ma vie sans mon amant, je m'effondre et glisse dans un désarroi incroyable. J'ai si peur de vivre une vie monotone et de ne plus pouvoir m'exprimer sur le plan sensuel. J'ai si peur de ne plus être admirée ouvertement et de souffrir dans mon estime de soi de manque d'attention.

Je ne peux me décider à mettre un terme à ce drame dont je suis l'auteure. À ce stade-ci, je ne peux concevoir de laisser tomber mon amant. Ma tête dit "oui"; mon coeur crit "non". Je suis déchirée et j'ai très, très mal.

Hélène, merci de m'avoir lu. Puis-je vous demander de me parler un peu de votre propre expérience et comment vous vous en êtes sortie?

J'espère avoir le plaisir de trouver une réponse venant de vous très bientôt.

De tout coeur, merci.
Anam Cara

anam cara


Bonsoir. Je me suis quelque peu reconnue dans votre message. Je comprends ce que vous entendez par malsain, et je colprends aussi cette force irrésistible qui vous pousse vers lui. J'ai ressenti la même chose pour un homme. C'était l'interdit. Hors ces circonstances exceptionnelles, dans une vie normale et s'il vous avez épousé, pensez vous que vous seriez encore tant attirée par lui ?
Certains psys pensent que l'amant représente notre mère. C'est le lien primaire, la symbiose. Le mari est le père qui chamboule cette relation, qui l'empêche de perdurer. L'amant nous rejoint dans nos émotions, pas dans le quotidien.
Si c'est une explication psychologique que vous souhaitez, je crois qu'il faudrait s'interroger sur les rapports que vous entretenez avec vos parents.
Quant à savoir quoi faire, je crois que votre mari est celui qui vous fait vraiment du bien. Mais ce n'est que mon avis.

Je vous envoie tout mon soutien, je vous écoute.

Amitiés,

Héléna.

Touché! Coulé! (????????)

Bonsoir Castor,

J'apprécierais si vous m'expliquiez le titre que vous avez choisi pour votre message dans l'autre forum, car la tournure que vous avez utilisée me laisse perplexe, sinon touchée douloureusement droit au coeur.

Pourquoi aie-je l'impression de jouer à une bataille navale dans laquelle on veut me neutraliser...

J'ai pourtant été claire à l'effet que je ne cherchais pas à "choquer" qui que ce soit avec mes histoires, mais bien à les exposer et à en parler pour tenter de me comprendre et non de me faire insulter, car croyez-moi, je n'ai besoin de personne pour me blâmer, j'ai assez de moi-même.

Je dois vous dire que même sur un site anonyme, cela m'a pris beaucoup de courage pour m'ouvrir ainsi. N'est-ce pas le début de la guérison, selon les spécialistes (je ne sais si certains d'entre vous sont des "psy")? Lorsqu'on se dévoile et qu'on est immédiatement jugée, on a juste l'envie de fuir et de se replier sur soi-même et on continue de couler...

Amitiés,
Anam Cara

Il y n'en a qu'un qui t'aime

Sans juger d'aucune façon, je crois que ton mari t'aime vraiment, lui. Et il te l'a prouvé.