La rechute en dépression est très fréquente. Un an et demi après la fin d'un traitement, environ 70 % des patients vivent une rechute.

La psychothérapie métacognitive, qui fait partie des thérapies cognitivo-comportementales dites de la 3e vague, réduit significativement le risque, montre une étude publiée en août dans la revue Frontiers in Psychology.

Odin Hjemdal et Adrian Wells, professeurs au Département de psychologie de l'Université norvégienne des sciences et technologies ont, avec leurs collègues (1), mené cette étude avec 39 personnes souffrant de dépression majeure dont l'intensité était légère, modérée ou sévère selon les critères diagnostiques du DSM.

Elles étaient assignées au hasard à recevoir 10 séances hebdomadaires de thérapie ou à faire partie d'une liste d'attente avant de recevoir la thérapie.

Différentes évaluations ont été réalisées avant la thérapie ainsi que six mois et 1 an plus tard. La sévérité de la dépression, notamment, était évaluée au moyen de l'Inventaire de dépression de Beck.

Les résultats étaient classés ainsi : des scores de 0 à 9 indiquent des hauts et des bas normaux, de 10 à 18, des symptômes dépressifs légers, de 19 à 29, des symptômes dépressifs modérés et de 30-63, des symptômes dépressifs sévères (faites le test sur Psychomédia).

L'inquiétude était évaluée au moyen du Questionnaire de l'inquiétude du Penn State (faites le test sur Psychomédia).

La thérapie métacognitive consiste à apprendre à ne pas répondre aux pensées négatives persistantes. Lorsque la personne commence à ruminer sur une pensée négative, elle peut choisir d'y penser ou de simplement constater que la pensée est là et passer à autre chose.

En prenant conscience de ce qui se passe lorsqu'ils commencent à ruminer, les patients apprennent à reconnaître quand cela se produit et à choisir d'autres alternatives. La thérapie ne porte pas sur l'analyse des inquiétudes.

Lorsque des pensées négatives surviennent, essayer de les supprimer sape l'énergie et ne résout rien, soulignent les chercheurs. Les patients doivent laisser les préoccupations surgir, mais s'entraîner à devenir un observateur passif, à répondre à ces pensées avec une attention détachée. Ils s'exercent à voir leurs pensées comme n'étant que des pensées, et non comme un reflet de la réalité. (Cette capacité est aussi pratiquée dans la thérapie d'acceptation et d'engagement qui vise le développement d'une flexibilité psychologique.)

Un facteur qui contribue de façon importante à « perpétuer la dépression, c'est qu'on s'enlise dans un schéma de pensée et qu'on rumine encore et encore sur la même chose », estime Hjemdal.

Après six mois, 77 % des participants s'étaient complètement rétablis. Un an après le traitement, 73 % n'avaient pas rechuté. Les autres ont connu une amélioration, tandis que pour environ 15 %, la dépression est restée inchangée.

L'anxiété et la dépression sont souvent liées, et l'étude montre une réduction marquée des deux.

« La thérapie métacognitive peut être plus efficace que d'autres thérapies pour réduire les processus de réflexion comme la rumination, l'inquiétude et les stratégies d'adaptation inappropriées », dit Hjemdal.

Jusqu'à présent, les médicaments ou la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ont été les approches les plus courantes pour traiter la dépression et l'anxiété. La TCC classique demande aux patients de sonder leurs pensées et de les analyser.

Pour plusieurs, il peut être difficile de revenir sur les épisodes dépressifs antérieurs, croit le chercheur. La thérapie métacognitive est une forme de traitement moins exigeante, a-t-il l'impression.

Il reste toutefois encore beaucoup de recherches à faire, souligne-t-il. En particulier sur les effets à long terme du traitement.

Pour plus d'informations sur la psychothérapie pour le traitement de la dépression, voyez les liens plus bas.

(1) Stian Solem, Roger Hagen, Leif Edward Ottesen Kennair, Hans M. Nordahl et Adrian Wells.

Psychomédia avec sources : Norwegian University of Science and Technology’s, Frontiers in Psychology.
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